Le Projet Néfaste De l' Ecole Coloniale

Dans une lettre du gouverneur Jean Jubelin du 23 mars 1829 (cette lettre aura 185 ans dans quelques jours) adressée au ministre de la Marine, il est écrit qu'il faut:

"Amener les habitants indigènes à la connaissance et à l’habitude du français et associer pour eux à l’étude de notre langue celle des notions les plus indispensables. Leur inspirer le goût de nos biens et de nos industries. Enfin créer chaque année parmi eux une pépinière de jeunes sujets propres à devenir l’élite de leur concitoyens, à éclairer à leur tour et à propager insensiblement les premiers éléments de civilisation européenne chez les peuples de l’intérieur. Tels devaient être les fruits du nouvel établissement."

Le gouverneur général Jules Carde dans une circulaire de mai 1924, confirme le projet et étale ses intentions sournoises:

"...c’est surtout l’école qui assume la lourde tâche et la responsabilité de faire cette éducation. Elle doit se garder tout d’abord de heurter de front les croyances et coutumes de l’indigène. Elle essaie de l’apprivoiser, en lui témoignant de l’intérêt et de l’affection. Elle lui fait comprendre que nos intentions sont pures et désintéressées. Elle s’efforce d’établir un courant de sympathie qui l’amène insensiblement à écouter nos conseils : à suivre notre exemple"

Ce projet du "nouvel établissement", c'est-à-dire, l'école, a été admirablement résumé par Jean-Paul Charnay dans son "Essai général de stratégie":

"…il s’agit de créer dans l’esprit des individus un choc de légitimités, susciter le doute quant aux adhésions traditionnelles, transformer une coexistence de structures (étatiques ou parallèles) en conflit de foi, et pour cela adapter les méthodes aux diversités ethniques et sociologiques. Cette conquête des populations est non moins physique, mais intime, morale… "

L'administration coloniale n'avait cure des "conflits de foi", des profonds bouleversements que ce projet aller impliquer. Seul ce qui pouvait servir ses desseins était jugé important. C'est pourquoi, un autre agent de cette administration pouvait écrire sans remords les mots suivants: « Où sera le mal, quand dans un demi siècle les islamisés du Sénégal seront partagés en cinq ou six sectes différentes, très divisées entre elles, d’autant plus divisées que chaque secte sera un produit national, et que ces rivalités religieuses viendront se greffer sur des animosités de race ? » L'élite post-indépendance a perpétué ce système néfaste. Voilà pourquoi pour nous, la seule philosophie qui vaille à l'heure actuelle est celle de la libération. Sortir de la colonialité de l'être (un être "fissuré" qui a perdu ses repères), de la colonialité du pouvoir (un pouvoir dont les ficelles sont tirées de l'extérieur) et de la colonialité du savoir (dépendance conceptuelle), sont les préalables nécessaires à tout épanouissement social. Le mal est profond, le remède devra puissant et amer.

Source : daaraykamil.com

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