TOUBAMAJALIS.COM- LE Mariage 

1_Il est recommandé à qui en a les moyens et en éprouve le besoin.

2_ Il devient une obligation si l’on sent qu’on ne peut pas s’en passer.

3_ Il devient souhaitable si l’on sent qu’on peut s’en passer mais que quelquefois, on en éprouve un besoin passager.

4_ Il devient seulement légal si l’on sait qu’on peut s’en passer et qu’on n’en éprouve pas le besoin.


A celui qui n’est pas en mesure de se marier et qui plus est craint de porter préjudice à son éventuelle épouse, cela n’est pas recommandé, il peut même lui être formellement interdit. Il n’y a mariage que sur la base d’un acte stipulant qu’une telle a été donnée en mariage à un tel avec consentement de ce dernier. Il appartient au « Kilifa » (tuteur légal, le père par exemple) de marier sa fille ou de donner des instructions dans ce sens avec la présence obligatoire d’au moins deux (2) ou quatre (4) témoins de bonne foi. La dot doit être présentée, à défaut, on fixe le montant et l’échéance à laquelle elle doit être versée.


- la femme ne doit pas se trouver en période de retraite (ida)
- l’homme ne doit pas avoir déjà quatre (4) femmes.

 

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Source : Xuratul Ayni de Serigne Chouhaybou Mbacké

Debout et face à la Kaaba, dira le « likhâme » (dernier appel qui précède immédiatement la prière et qui en fait presque partie – note du traducteur) : si on prie seul, le faire soi-même, si on prie en groupe, qu’un membre du groupe s’en acquitte.

Le likhâme se fait ainsi :


• Alâhou akbarou (2 fois)
• Ach hadou ann lâhilaha ila lah
• Ach hadou anna Mouhammadane Rassoulou lâ
• Haya alas salâti haya alal falâhi khadd khâmati salâtoul,
• Alahou akbarou (2 fois)
• Lâhilaha illalah


Lorsque celui qui fait le likhâme dit : « khad khamatis salâtou » ; dire après lui : « akhâmaha lâhou tabâraka wa tahala wa adâma ha mâdâmatis samawâtou wa lardou ina hô alla kouli chaïhine khadiroune ».

 

Source : Xuratul Ayni

 

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Matlaboul Fawzeïni est un texte écrit par le guide des mourides peu après la découverte du site de la future cité sainte de Touba. Il comprend une introduction et 231 versets dont les quatre derniers forment la conclusion.
Sur le sens de cette prière placée sou le patronage de Celui dont l’auteur «…se consacre exclusivement à vivifier (la) Sunna (PSL) », des interprétations plurielles sont possibles en raison de l’étendue de l’espace de sens créé par l’ésotérisme de la pensée d’un soufi et des limites du regard profane pour distinguer l’endroit et l’envers du discours dont la puissance des appels votifs et la profondeur des visions ont pour seul pendant la fusion en un seul destin de la matérialité terrestre et de l’essence céleste de Touba. Avec Matlaboul Fawzeïni la difficulté de l’exercice interprétatif consiste à reconnaître dans l’objet auquel il renvoie le virtuel à travers le réel et vice-versa.
Inscrivant sa démarche dans le droit fil de la Sunna, la voie conduisant « aux bienfaits et à la victoire » (préambule), Cheikh Ahmadou Bamba commence son ode en rappelant l’origine de Touba dans le verset 29 de la sourate 1 » du Tonnerre. L’introduction renvoie aussi le lecteur aux versets 35 à 40 de la sourate 14 qui font écho avec la prière élevée vers l’Eternel par Abraham afin que les siens installés par ses soins non loin de la Kaaba ne soient jamais tentés par l’idolâtrie, et que cette demeure reste un lieu de prière et d’abondance. Le but visé par le Cheikh dans ces rappels est sans doute de souligner la filiation de l’acte de fondation de Touba avec la tradition mystique telle qu’elle figure dans le Coran sa source première.
Il serait long de commenter dans le détail les 231 versets du Matlaboul Fawzeïni. Pour une telle exégèse, il faudrait l’espace d’un mémoire ou d’une thèse. Par contre pour faire découvrir le sens prémonitoire des idées abordées par ce texte écrit en guise de « louange au Seigneur », l’accent peut être mis sur des versets y occupant une fonction vertébrale. Parmi ceux-ci, il convient de citer les 203e et 204 e qui disent :
« Seigneur, pardonne à tous les bâtisseurs de cette gigantesque demeure (…)
Pardonne à tous ceux qui contribuent à l’édification de cette gigantesque demeure élevée grâce à tes bienfaits ».
Outre la rémission de leurs fautes sollicitée pour tous ceux ayant pris part à la réalisation de la future cité, l’essentiel réside dans l’annonce faite de l’avenir de Touba appelée à devenir une grande ville. La répétition délibérée de l’expression « gigantesque demeure » n’est pas seulement une clause de style choisie pour les besoins de la rime dans la version en arabe.
A partir de cette affirmation sont précisées les fonctions ainsi que les dérives possibles dans l’avenir que Cheikh Ahmadou Bamba s’emploie à conjurer par la force de la prière. On peut aussi interpréter celle-ci aussi comme une recommandation adressée à sa postérité pour que « …Touba ait à jamais une situation conforme à sa prestance » (verset 57).
La première fonction assignée à Touba par le Cheikh est de devenir un haut lieu de spiritualité :
« Fais que cette demeure soit un lieu de piété, de science et de religion.
Qu’elle soit une source d’élévation
Fais que cette demeure soit un Paradis (…) (versets 193, 194).
Cette fonction sacrée fait de la ville un repère vers lequel vont se tourner maintes personnes en quête de perfectionnement ou de rédemption. La mention en est faite dans les versets suivants :
« Protège quiconque m’aura consacré un effort dans cette demeure ou y aura effectué une visite et pardonne lui ses péchés » (verset 59)
« Fais que cette demeure soit un lieu de pèlerinage pour les indigents ici et dans l’au-delà, qu’elle soit un argument décisif pour le contrevenant dans l’au-delà » (verset 196)
De cette prière sont exclus les gens mal intentionnés. Cheikh Ahmadou Bamba souhaite que Touba soit préservée :
« Contre les vices de tout malfaiteur (…)
Contre les sévices du malfaiteur
Contre le mal de tout assaillant » (verset 151).
L’exhortation est réitérée pour que :
« (Touba) soit une protection contre tout agresseur, tout criminel » (verset 195)
« (Le Seigneur) protège cette demeure du vagabondage, de la délinquance et de toute promiscuité » (verset 223).
Matlaboul Fawzeïni insiste sur la place éminente que doit occuper l’éducation dans la vie de Touba :
« Fais que cette demeure soit un réceptacle d’enseignements, un lieu de méditation et d’entendement » (verset 218)
« Fais qu’il soit un établissement d’éducation et un magistère d’enseignement » (verset 219).
Pressentant la force de l’agglomération qui va se former à Touba, Cheikh Ahmadou Bamba sollicite auprès du Créateur les ressources permettant à la population appelée à y habiter d’accéder au bien être :
« Eloigne de cette demeure toute épidémie, toute catastrophe
Que son eau soit buvable et son alimentation saine ; » (verset 224)
« Réunis en cette demeure tous les biens d’où qu’ils viennent (de l’est, de l’ouest, du nord, du sud, du ciel, de la terre » (verset 226).
L’ode s’achève sur une note d’humilité face au Créateur et l’expression d’un humanisme éclairé par l’intime conviction de la commune destinée de la lignée d’Abraham :
« Seigneur ô Toi le Surveillant, le Détenteur du Pouvoir, Déterminant de la création par ta Domination, mon intégrité corporelle, ma religion, mes fidèles, mes fils et ma demeure te sont confiés, et, ce à jamais ainsi que pour toute la durée de notre séjour sur terre et au-delà. Protège-nous de tout mal.
Protège-tous mes frères de sang ou de religion et tous ceux qui me sont étrangers. » (versets 228, 229, 230, 231).
La prière adressée par Cheikh Ahmadou Bamba à Dieu peut aussi être compris comme un ensemble de recommandations à l’endroit de ses héritiers et de ses disciples. Dans l’ensemble ces destinataires s’y sont conformés non sans réussite ainsi qu’en attestent les nombreuses réalisations dans la cité sainte, obtenues pour l’essentiel sur auto-financement par la communauté mouride. Bien entendu tout dans la ville sainte ne fonctionne pas dans une perfection absolue. Tout ce qui s’y passe n’est sans doute pas le reflet textuel de l’idéal couché dans l’essence céleste de la cité religieuse. Mais le dessein de son fondateur s’est accompli au regard des aménagements opérés ou en chantier et de l’état d’esprit général de la population.

 

Lat Soucabé Mbow

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«Ce que DIEU a accordé à Kaliima

Durant son temps, et à Ibrahima

Jusqu’à ce qu’il ordonne l’aïd el kébir,

Et la tamxarit, il l’a accordé aux gens de Mbacké

En oeuvrant pour le digne d’éloge sur la mer.

Activez-vous à la commémoration.

Ce jour renferme les secrets de l’aïd el kébir,

De la Tamxarit et du Gamou. Il est béni.

La célébration du jour de Séex Bamba vaut mieux

Que tout autre célébration.

Mourides !

Épargnez pour le Magal.

Ne sous-estimez rien, même une petite pièce

Même si c’est deux francs CFA, emportez-les

C’est ce jour qui nous procure la satisfaction de nos besoins

C’est le jour de Séex Bamba et AL Haaji

C’est un jour de commémoration qui ne figure pas dans les ouvrages

Car les faveurs accordés à Séex Bamba ne peuvent être assimilés par les savants les plus érudits.

C’est la grandeur de Serigne Touba qui est à l’origine du Magal

C’est pour rendre grâce au Géant de la Mecque qu’il est parti en exil »

https://www.youtube.com/watch?v=ZcjDU-topGU

Ces vers sont traduits du texte original ci-dessous qui est en wolof :

« Neena la YALLA defalòone Kaliima

Fii dëhrihii, defal ko Ibrahima

Ba YALLA Buurba Farataal tabaski

Ak Tamxarit, maynako gaayi Mbakki

Bi xidmati-l-Xadiimi lil Mahduumi

Fil bahri farlu leen ila-l-tahziimi

Biss bilé lambòo na mbirum Tabaski

Ak Tamxarit ak Gammu Amna Barké

Maggal bissup Séex Bamba moo gënn magal

Biss budul moom. Murid na ngeen koy faggul

Bu kenn xeep tankaki fiftine duubal

Wa law bi dirhamine, yaw yobbul

Biss bilé moonuy mey Qadaa al Haaji

Moo di bissub Séex Bamba ak Al Haaji

Maggal la goo xamni nemul ci téeré yi

Ngir méyi Séex Bamba xajul ci fooré yi

Maggug Sëriñ Tuubaa waral Maggal ga

Maggali Njòol Makkaa waral démam ga »

 

Source : Seneweb.com

«Wassiya» signifie en arabe : recommandation, testament, conseil ou legs, et remonte aux origines du monothéisme.

«Telle fut aussi la recommandation d’Abraham à ses fils et de Jacob lorsqu’il dit : «Mes enfants, Dieu a choisi pour vous la religion : ne mourez que vous ne soyez  parmi  Ceux qui se soumettent ».

(Le Coran II, versets 132).

 

A l’instar d’Ibrahima et de Jacob, Khadimou Rassoul, à l’heure de son voyage qui aura duré 7 ans, adressa une wassiya à tous ses gens : «Yaa qawmi», (Ô mes gens !) ou Ô mon peuple).

«Ô mes disciples» (yaa Ayyuha-t-talaamiiz). A travers ses disciples, il s’adresse à son peuple.

 

Cette recommandation en sept points, se conclut par un hadîth. L’ordre, l’enchaînement et les termes de référence restent fidèles au Coran,  la tradition du Prophète et l’épistémologie de la pensée islamique :

 

Il définit ainsi l’objet du texte :

 

«Ceci est la recommandation faite par Ahmed Ben Mouhammed Ben Habib Allah Mbacké quand il eut l’intention de voyager :

 

«Ô mes disciples, surtout pas de crainte en vous. Je vous recommande la crainte de Dieu le Très-haut. On a rapporté d’après Aïcha (Radiya Laahou Anhaa) qu’elle a dit : «Il n’y a rien ni personne dans le monde qui agréa le plus le Prophète Mouhammed (PSL) autant que ceux qui ont la crainte de Dieu». En plus, selon Qatada (RAH), le Prophète a dit qu’il est écrit ceci dans la Thora : «Ô fils d’Adam, crains Dieu et dors où tu veux». On a aussi rapporté qu’un homme de Dieu sollicita une recommandation de son Cheikh. Celui-ci lui répondit : «Je te recommande ce que le Maître de l’univers a recommandé aux premiers hommes et aux derniers : «Nous avons recommandé à ceux à qui Nous avons donné le Livre et à vous-mêmes, ceci : «Craignez Dieu» (Le Coran IV, verset 131).

Et Allah a dit : «Le plus noble d’entre vous est le plus croyant». Dès lors quiconque veut l’honneur dans ce monde ici-bas et dans l’au-delà, qu’il craigne Dieu. Et le degré le plus élevé de la foi est de se détourner de tout ce qui peut nuire à la religion, comme les transgressions et les excès».

 

Le premier article de la recommandation, c’est la croyance en Dieu, principe fondateur de la foi. Que seul le savoir, deuxième article de la wassiyya met en œuvre :

 

II «Et je vous recommande la quête du savoir (ou de la science) car elle est la voie par laquelle on accède à la foi, à la vraie crainte de Dieu. Ainsi, quiconque veut s’engager sur le chemin de la vie dernière, qu’il apprenne ce qui peut authentifier et valider ses actes de dévotion. Dans un hadith du Prophète, il est dit : «La supériorité de l’homme de science sur l’adorateur de Dieu est pareille à ma supériorité sur les autres membres de ma communauté». Dans un autre hadith, il est dit : «Un regard porté sur l’homme de science m’est préférable à une dévotion annuelle en jeûne et en prières nocturnes».

 

Le savoir est ainsi une valeur suprême : la connaissance gnostique, qui éclaire la foi, permet de connaître Dieu et de l’adorer, comme nous l’enseigne le hadîth Qudsî. Le troisième article exhorte à mettre en œuvre le savoir :

«Je vous recommande la pratique après le savoir : ne pratiquez jamais sans science et n’apprenez jamais sans mise en pratique. Car le savoir tient la place de l’arbre et la dévotion celle de ses fruits. C’est ce qui fait dire à Hassane Basri (RLA) : «Cherchez ce savoir sans nuire à la dévotion pratique ; et cherchez cette dévotion sans nuire à ce savoir».

 

Et sachez qua la science est l’imam de la dévotion et que celle-ci vient toujours après celle-là.

En plus, multipliez la répétition des articles de la foi par l’œil et par la mémoire et enseignez à vos troupes ce que Dieu a prescrit à tout homme majeur. Il s’agit des 66 articles du credo qui se trouvent sous la formule de la chahada : « Il n’y a d’autre Dieu que Dieu, Mouhammed est le messager d’Allah».

 

Et le Cheikh de conclure sur ce point : «Ainsi le nombre d’article sous « Mouhammed est le Messager d’Allah (PSL) est de 28 ; si tu l’ajoutes au 50 qui sont sous « il n’y a d’autre Dieu que Dieu », cela fait 66 articles dont la compréhension, la mémorisation, la distinction et la conservation sont un devoir imprescriptible pour tout homme majeur, qu’il soit homme ou femme, homme libre ou esclave, croyant ou athée, humain ou djinn. Point de doute en cela. Et quiconque accomplit ce que Dieu lui a prescrit avec un culte pur, celui-là sera sauvé de l’enfer et entrera au paradis par la faveur, la miséricorde et la promesse de Dieu ; mais quiconque ne le fait pas intentionnellement et par contestation, celui-là  périra et entrera en enfer par la justice de Dieu, Sa Colère et Sa promesse ».

 

Le Cheikh nous fait mesurer ainsi l’exigence d’allier la science et la dévotion pratique, obligation de connaître, comprendre et vivifier les 66 articles de la foi, qui dérivent de la chahada et fondent notre identité islamique.

 

La quatrième recommandation enseigne les différentes manières de craindre Dieu et de Lui obéir :

«Ô mes gens, écrit-il, craignez Allah et obéissez-lui dans ce qu’il vous ordonne : ne manquez pas à ses ordres et éloignez-vous de ses interdits car il ne vous consulte pas quand Il vous fait des interdictions et Il ne vous perd pas quand Il vous ordonne. Et enseignez à vos enfants, vos femmes et à tous ceux qui dépendent de vous tout ce que Dieu leur prescrit comme obligation, sinon vous serez interrogés le jour de la résurrection. Et tenez-vous toujours dans le repentir à chaque instant afin que vous accédiez à la quiétude inhérente à l’obéissance à Dieu car, sachez-le, le mal du péché engendre la misère et aboutit toujours à l’échec ; de plus, le carcan des péchés empêche de marcher vars l’obéissance de Dieu et l’empressement vers son service. Et je vous interdis la persistance dans les péchés car elle obscurcit le cœur à tel point que tu le trouves dans une obscurité et une dureté où il n’y a ni clarté, ni lumière, ni goût, ni saveur et il entraîne son propriétaire vers l’incroyance et la détresse.

 

Et je vous ordonne de repousser quatre obstacles ;

 

Le premier est le monde ici-bas : il faut le repousser en se désintéressant de lui et par l’abstinence et l’ascèse. Sachez-le, le monde ici-bas et la vie dernière sont comme deux coépouses : si tu satisfais à l’une tu fâches l’autre ; mieux ils sont comme l’Orient et l’Occident, en a ce sens que tout ce qui se penche vers l’un s’écarte de l’autre. C’est ainsi que le Prophète (PSL) a dit : «Qui préfère sa vie terrestre nuit à sa vie dernière ; et quiconque préfère sa vie dernière nuit à sa vie terrestre. Dès lors, préférez ce qui dure et demeure à ce qui passe et s’efface»

 

Le deuxième obstacle, ce sont les foules : méfiez-vous des gens et fuyez-les avec votre religion. Ne vous mêlez pas aux gens car celui qui se mêle à eux, ils le distraient de l’obéissance à Dieu, gloire à Lui. Ô mes gens, restez dans vos demeures et retenez vos langues. Saisissez ce que vous connaissez et laissez ce que vous ignorez si vous voulez le salut le jour où ne serviront ni biens ni enfants. Vous devez avoir l’attitude de l’élite et non celle des masses. Comme le rapporte Soufyane Thawri, « Cette époque est l’époque du silence et de la réclusion dans les demeures, sauf pour les besoins du travail et ce jusqu’à la mort ». D’après Daoud Tâ’ aî, il faut « jeûner ce monde ici-bas et faire de l’autre monde le temps de la coupure de ce jeûne et fuis les gens comme tu le ferais d’un lion ».

 

Le troisième obstacle à repousser est Satan : méfiez-vous de lui, résistez contre lui et faites-lui la guerre de toutes vos forces car il est un ennemi sans trêve qui, chaque fois que l’homme connaît un relâchement ou manque de vigilance, se jette sur lui. Si vous voulez être sauvés de lui, ne cessez jamais de lui résister et de lui faire la guerre, d’implorer la protection de Dieu contre son mal, de faire le zikr à toute heure.

 

Le quatrième obstacle est le Moi de l’homme : méfiez-vous de l’âme –passion car elle est la pire des ennemies : son épreuve est plus dure, sa guérison la chose la plus difficile car elle est un ennemi intérieur et lorsque le brigand est à l’intérieur de la demeure, la ruse est plus grave et la nuisance plus perverse. En plus l’âme –passion est un ennemi qu’on aime et l’homme est aveugle des défauts de son Moi et il s’en faut de peu qu’il ne voie les vices de son âme ;et il arrive souvent que lui paraisse beau ce qu’il y a de plus  odieux en lui . Et il s’en faut de peu qu’il ne lui découvre aucun vice alors qu’elle est parmi ses pires ennemis et  malfaiteurs. Quiconque ne se méfie d’elle, elle le fait tomber dans la perdition et l’infamie sans qu’il s’en rende compte. Et sachez que la méfiance à son égard et la lutte contre elle ne sont pas plus faciles, au contraire elles sont difficiles en ce sens que sa domination ne se réalise pas d’un seul coup comme c’est le cas des autres ennemis, car elle est à la fois bête de somme et instrument .On ne peut dominer l’âme –passion que par trois choses :

 

.   Serrer les désirs car l’animal indocile devient obéissant si on diminue sa ration de fourrage.

.   la surcharger d’acte de dévotion car l’âme si on la surcharge en réduisant sa pitance, il s’humilie et se laisse conduire.

.   demander protection à Dieu contre elle et s’humilier  pour qu’il nous accorde son secours contre elle.

 

Ici, apparaît la difficulté de l’entreprise et les voies et moyens de la réaliser. Il nous invite à prendre conscience des quatre obstacles majeurs sur le chemin du salut : le monde ici-bas, ses illusions et ses tentations, la foule des hommes, qui nous distraient de l’essentiel, Satan et enfin, notre Moi.

 

Le cinquième article invite à veiller sur les cinq organes : l’œil, l’oreille, la langue, le cœur et le ventre.

 

«Ô mes gens, je vous recommande de veiller aux cinq organes : quiconque veut craindre Dieu qu’il veille sur ces cinq organes» :

 

Pour ce qui est de l’œil, il est la source de toute tentation et épreuve, de tout vice. C’est pourquoi Dieu a ordonné de baisser le regard et quiconque lâche sa bride s’expose à voir ce qui ne le concerne. Il ne manquera pas soit de voir de l’illicite (Harâm) et s’il le fait intentionnellement, c’est un grand péché et il se peut que son cœur en soit tenté et alors il périt. Il est rapporté dans un hadîth que l’homme peut d’un seul regard souiller son cœur tel le cuir soumis au tannage à tel point qu’on ne pourra plus jamais s’en servir ; soit on jette ce regard sur ce qui est licite, et il se peut que ton cœur en soit excité et que s’empare de toi la tentation. C’est en ce sens que Jésus, paix et soit sur lui, a dit : « Prenez garde au regard car il fait germer le désir dans le cœur et soumet son propriétaire à la tentation ». C’est pour cela qu’il est dit : « Le rempart contre les passions est la baisse du regard ».

 

Quant à l’oreille, vous devez aussi veiller à sa protection contre l’écoute du langage frivole et des indiscrétions parce que le récepteur est coresponsable de l’émetteur. Et sachez que la parole qui entre dans l’oreille est pareille à l’aliment dans le ventre. Il s’y trouve du nuisible et de l’utile, de l’aliment et du poison. Protégez votre ouïe de ce qui ne vous regarde pas et on ne vous demandera pas de vous occuper de vos affaires.

Pour ce qui concerne la langue, vous devez aussi veiller à sa protection et son contrôle car elle est l’organe le plus indocile, le plus transgresseur, le plus destructeur et le plus agressif. Un des hommes de bien a dit au Prophète (PSL) : « que crains-tu le plus de moi ? ». Et le Prophète toucha sa propre langue et lui dit : « ceci ».

 

Il est rapporté que lorsque le matin l’homme se lève, tous ses membres viennent dire à la langue : «Nous te prions, au nom de Dieu, de te tenir droit car toi si tu te tiens droit, nous nous tiendrons droit et si tu dévies, nous dévierons».

 

Quant au cœur, il vous incombe aussi sa protection et son assainissement car de tous les organes il est le plus éminemment instable et le plus exposé aux marques. L’envoyé d’Allah (psl) a dit «Allah, le Très – haut, ne regarde ni votre forme, ni votre peau, mais il regarde vos cœurs». Ainsi donc le cœur est le point de mire du Seigneur de l’Univers. Dès lors, mes frères, n’accordez pas un souci particulier à vos visages et vos corps, vous livrant à son toilettage pour se débarrasser de la crasse et des saletés afin qu’on n’y voie aucun défaut ; mais au contraire, souciez- vous de l’assainissement de votre cœur car est le point de mire du Seigneur de l’Univers et purifiez – le des vices et des impuretés. Le Prophète (PSL) a dit : «En vérité il y a dans le corps un bout de chair qui, lorsqu’il est sain tout le corps devient sain ; mais lorsqu’il se corrompt, tous le corps devient corrompu ; en vérité, il s’agit du cœur». Si la santé du tout dépend du cœur, il incombe de prendre un soin particulier de lui. Prenez cela en considération.

 

Enfin, pour ce qui concerne le ventre, vous devez veiller aussi à sa protection et son assainissement car il est l’organe le plus avide : protégez vos ventres des choses illicites ou douteuses d’abord, et de l’excès ensuite si vous êtes  animés par le souci d’obéir à dieu et de l’adorer. Le Prophète (PSL) a dit : «toute viande a germé sur le sol  de l’illicite : le feu en est le plus digne. Dès lors la consommation de ce qui est illicite ou douteux est bannie car elle ne s’accorde pas avec l’adoration de Dieu. Le Prophète (PSL) a encore dit : «l’être humain ne remplit un récipient pire que son ventre». Et dans le ventre résident dix calamités (fléaux malheurs) :

 

Le durcissement du cœur et l’extinction de sa lumière.

La fatigue des organes, leur excitation et leur déchaînement vers l’excès et le gaspillage.

La limitation de l’intelligence et du savoir car l’obésité tue la perspicacité.

La diminution des actes d’adoration et de dévotion car quand le manger s’accroît, le corps s’alourdit.

L’extinction du goût mystique de la dévotion : Abou Bakr a dit : «j’ai cessé de me régaler depuis le jour où je me suis converti à l’Islam afin de trouver le goût mystique de mon Seigneur»

Le malheur de la conscience de se tenir dans les choses douteuses et illicites

L’occupation permanente du corps et du cœur pour l’acquisition de la nourriture, sa consommation et sa digestion.

L’intensité de la souffrance de l’agonie qui est à la mesure de l’attachement à la vie : celui qui abuse de la vie reçoit un surplus de souffrance à l’heure du départ.

L’insuffisance du salaire dans l’autre monde

 

La vie carcérale, l’épreuve des comptes, le blâme et les remontrances du Seigneur à cause des transgressions morales, de l’entrée dans les excès et de la quête des plaisirs. Car la vie ici-bas, son licite sera soumis au jugement, son illicite sera châtiment et sa parure sera anéantie.

 

Ces terribles avertissements sur les malheurs du ventre terminent le cinquième article et nous apprennent à dominer notre Moi et ses pulsions bestiales : l’œil, l’oreille, la langue, le cœur et le ventre. Actualité brûlante, dans ce siècle de culte du corps et des sens, d’attachement aux nourritures terrestres. Il nous faut dominer nos passions pour adorer le Seigneur et accroître notre part d’humanité et nos chances de salut. Cette cinquième recommandation se termine par un appel véhément au réveil. «Ô mon peuple, sortez de votre sommeil.»

 

Cette adresse enchaîne avec le sixième point, relatif à la moralité :

 

«Ô Mes gens, sachez que je vous mets en garde contre quatre vices et vous recommande quatre vertus.

Quant aux  quatre défauts, ce sont l’ambition démesurée, l’empressement, l’orgueil et la jalousie. Quant aux quatre vertus, ce sont l’ambition saine, la prudence dans les affaires, la bienveillance pour les êtres et l’humilité dans la dévotion.

 

–   L’ambition démesurée : elle est l’obstacle à toute forme de bien et  à l’obéissance à Dieu ; elle est aussi la cause de tout mal et de toutes épreuves. On a dit : « Quiconque est mû par une ambition démesurée, son action est vouée à la corruption ». Il est également dit : «l’ambition démesurée détruit tout bien ; la cupidité exclut la justice alors que la patience mène toujours au succès ; l’âme passion incite toujours au mal »

–   L’empressement : il est le trait de caractère qui fait manquer au but, qui installe l’homme dans les choses interdites. L’adage courant dit : « Si tu ne t’empresses pas, tu arriveras assurément au but »

Le Poète a dit dans le même sens :

                                         «Le patient atteindra certains de ses desseins,

                                            L’impatient connaîtra toujours les faux pas».

–   L’orgueil : c’est le défaut qui fait périr l’homme. Il ne se situe pas au même niveau que les autres vices qui se manifestent dans les actions et à un niveau secondaire. Par contre, l’orgueil se situe au niveau des fondements et affecte la religion et la foi. Lorsque l’orgueil devient puissant et triomphant, on ne peut plus le guérir. Que Dieu nous en préserve.

–   L’envie : elle anéantie les œuvres de l’homme et conduit vers le péché et le crime. C’est le mal par lequel on éprouve la plupart des élites et des hommes de sciences, plus que les masses et les ignorants, jusqu’à ce qu’elle les fasse périr et les conduise en enfer. Sachez que la jalousie provoque cinq maux :

L’anéantissement des actes de dévotion. Le Prophète (PSL) a dit : « l’envie dévore les belles œuvres comme le feu consume le bois »

La pratique des interdits et du mal : à preuve, Allah le Très Haut a ordonné de demander protection contre l’envieux lorsqu’il est en proie à l’envie comme on doit chercher protection de Dieu contre le mal de Satan et du magicien. Vois combien est énorme le mal de l’envie dont on ne peut se protéger que par le Seigneur de l’Univers.

Selon Wahb ben Manbah, on reconnaît l’envieux à trois signes :

–         Il ment quand il témoigne

–         Il trahit quand il est seul

–         Il se réjouit du malheur d’autrui

La troisième chose causée par l’envie est la débauche d’énergie et l’effort sans intérêt, source de peines et de péchés.

La cécité du cœur jusqu’à ce qu’il soit incapable de comprendre le jugement divin. Un homme de science a dit : « Veille à garder le long silence, tu acquerras la piété ; ne sois pas envieux si tu veux mémoriser le Coran ; ne sois pas calomniateur si tu veux être sauvé de la langue des hommes ; ne sois pas envieux si tu veux avoir une faculté de compréhension rapide»

 

La cinquième chose engendrée par l’envie, c’est la misère morale et l’échec. Il s’en faut de peu que l’envieux ne satisfasse aucun besoin et ne vienne en aide à personne. Hâtim a dit : « le calomniateur n’a pas de foi ; l’homme qui blâme n’est pas un adorateur de Dieu ; le traître n’est pas un croyant ; l’envieux n’est jamais victorieux ». Et notre cheikh Ghazâlî a dit « comment peut-il être heureux celui dont le bonheur réside dans la négation des bienfaits de Dieu sur ses créatures… » Et parmi leurs dires, cette belle sentence : «l’envieux ne moissonne jamais».

Ibn yaqûb disait dans une de ses prières : «Seigneur fasse que nous nous réjouissions de tes faveurs sur tes créatures et de la beauté de leur condition».

 

Le sixième article se termine par cette prière généreuse, et une invitation à lutter contre l’envie, l’orgueil, l’empressement et l’ambition démesurée. Et le septième et dernier point s’ouvre ainsi :

 

«Ô mes gens, mettez en œuvre mes paroles et mes recommandations et extirpez de vos cœurs l’amour du monde ici-bas : vous connaîtrez la paix dans les deux demeures. Evitez la gloriole, la ladrerie et l’avarice. Que la vie présente ne vous berce pas d’illusions ; que le grand séducteur ne vous détourne pas de Dieu. Cachez vos bienfaits comme vous cachez vos actions vilaines. Et chaque fois que le monde ici-bas tente de vous distraire de l’adoration de votre Seigneur, abandonnez-le et chaque fois qu’il vous mène à son obéissance, cherchez-le. Et ne vous fâchez pas contre quelqu’un que pour Dieu ; et n’aimez personne que pour Dieu. Si vous faites cela, vous serez un peuple agréé et aimé de Dieu. Que les tentations du monde ne vous mènent à vous mêler aux princes et aux ministres et chaque fois que vous voyez ou soupçonnez dans leurs affaires une désobéissance à Dieu, laissez-les de coté, mais chaque fois que vous y soupçonnez une source de contentement de Dieu réalisez-les autant que vous pouvez. Ne mettez pas  de paresse dans les œuvres de bienfaisance.

 

Sachez que les nourritures terrestres et leurs chagrins et les joies du monde ne sont rien, comparées à la volupté du paradis et aux châtiments de l’enfer. Ensuite ne renvoyez jamais un quémandeur s’il y’a quelque chose que Dieu vous a octroyé et multipliez la charité et les invocations. Et lorsque le frère musulman vient vous soumettre un besoin, faites l’effort nécessaire pour le secourir car le meilleur des hommes est celui qui aide les musulmans et leur est utile. Multipliez les prières surérogatoires à la maison. Et multipliez la lecture du Coran chaque jour et ne vous en détournez pas comme font certains étudiants. Notre Cheikh Alyadâlî a Daymanî a dit dans son ouvrage intitulé De l’or : « certains soufis prétendent qu’ils ont trouvé quelque chose de plus important que la lecture du Coran : c’est du mensonge et de la fausseté ».

 

En vérité, le Coran est la substance de toutes sciences dans le monde : ne sois donc pas de ceux qui s’en détournent ; au contraire, lis-le éternellement! Et tire de lui tout savoir que tu veux comme doivent faire les vrais chercheurs. Prête un œil attentif à tout attribut (qualité) que Dieu a célébré pour ses créatures et assimile-le et sois ferme  dans son application. Et tout attribut qu’Il interdit, abandonne-le et sois constant dans ton abandon car Dieu n’a évoqué ces principes que pour que tu les mettes en application.

 

Sache que le peu de lecture du Coran accompagnée de compréhension est préférable à la longue lecture sans entendement : la lecture d’un verset avec réflexion et compréhension est meilleure que la descente intégrale du Coran sans méditation. On a même dit que celui qui lit sans réflexion n’a pas de salaire dans sa lecture. On a dit aussi qu’il sera rétribué.

 

D’après Ibn Abass (RLA) le Prophète (psl) a dit : « Deux Rakas biens exécutés avec méditation valent plus qu’une veillée de prière toute une nuit durant avec un cœur distrait (absent) ».

«Ô mes gens efforcez-vous d’assainir vos actions (œuvres) avec tout l’effort requis et soyez partagés entre crainte et espoir : ne comptez pas sur vos actions et ne soyez jamais assurés d’être à l’abri de la tentation de Satan».

 

Cette exhortation termine le septième volet des recommandations, avec à la clé, un hadith où Mu’âz Ibn Jabal raconte :

 

 «J’étais un jour chez le Messager d’Allah (PSL) quand il enfourcha sa monture et me mit derrière et nous nous éloignâmes. Puis, il leva les yeux vers le ciel et dit : « Gloire à Allah qui décrète sur ses créatures ce qu’Il veut ». Puis il m’apostropha : « Ô Muâz !»

«Oui ! Prince des messagers !», répondis-je.

-«Je vais te faire un récit : si tu le retiens il te servira, mais si tu le négliges, tu n’auras pas d’arguments devant Dieu.

Ô Muâz ! Sache que Dieu créa sept anges avant de créer les sept cieux et à chaque ciel Il affecta un ange. Il affecta à la porte de chaque ciel un ange gardien à la dimension et à l’éminence de la porte.

Cela fait, les anges gardiens de l’homme montèrent avec l’œuvre d’un homme qui avait la lumière et l’éclat du soleil, jusqu’à ce qu’ils atteignent le ciel de ce monde. Les anges gardiens ne cessaient de démultiplier cette œuvre et de la purifier. Lorsqu’ils atteignent la porte du ciel, son ange- portier leur dit : « Arrêtez-vous et frappez de cette œuvre le visage de son auteur. Moi je suis le détenteur de la calomnie et mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser passer l’œuvre de celui qui a calomnié les hommes ».

Puis le lendemain, dit le prophète, les anges gardiens viennent avec une belle œuvre dotée d’une lumière que les anges décuplaient et purifiaient davantage jusqu’à ce qu’ils arrivent au second ciel. L’ange portier ordonne aux anges gardiens de s’arrêter et de frapper avec cette œuvre le visage de son auteur car celui-ci cherchait dans son action l’ambition terrestre. Et voilà pourquoi, dit-il, mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser passer cette œuvre au-delà. Et alors les anges se mirent à la maudire jusqu’au soir.

 

Et les anges gardiens de monter avec l’œuvre resplendissante d’un homme composée de charité, de jeûne et de nombreuses veillées nocturnes en prières. Les anges se mettent à la démultiplier et à la purifier jusqu’à ce qu’ils atteignent le troisième ciel. Alors l’ange portier de ce ciel leur dit : « arrêtez-vous et frappez de cette œuvre  le visage de son auteur. Je suis le détenteur de l’orgueil et mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser passer l’œuvre de cet homme car il se comportait avec  orgueil parmi les hommes dans les assemblées ».

Puis les anges gardiens de monter avec une œuvre qui brillait comme les étoiles et l’astre du jour, retentissant d’actions de grâce, de jeûnes, de prières, de grands et petits pèlerinages. Lorsqu’ils arrivèrent au quatrième ciel, l’ange qui y est affecté leur ordonna de s’arrêter et de frapper de cette œuvre le visage de son auteur : « je suis le détenteur du prodige, mon Seigneur m’a ordonné de ne laisser son œuvre passer car Il cherchait à être admiré dans ses actions ».

 

Et les anges gardiens de monter avec une œuvre qui pétille, pareille à la nouvelle mariée le soir de ses noces, jusqu’à ce qu’ils atteignent le cinquième ciel avec cette belle œuvre, faite  de djihad et de pèlerinage et qui avait le rayonnement du soleil. Alors l’ange portier leur dit : « Je suis le détenteur de l’envie. Cet homme jalousait les hommes de ce que Dieu leur a donné dans sa grande faveur. Il a haï ce qui a plu à Dieu. Mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser passer son œuvre ».

 

Et les anges gardiens de monter avec l’œuvre d’un homme avec sa lumière complète, œuvre faite d’innombrables prières, de jeûnes et de pèlerinages. Ils commencèrent à traverser le sixième ciel quand l’ange portier leur dit : « Je suis le détenteur de la miséricorde. Arrêtez-vous et frappez de cette œuvre le visage de son auteur car il n’avait de pitié pour personne et quand un malheur affectait quelqu’un il s’en réjouissait. Voilà pourquoi mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser son œuvre.

 

Et les anges gardiens de monter avec l’œuvre d’un homme faite de dépenses énormes, de jeûnes, de prières, de djihad, d’abstinence. Cette œuvre avait une voix comme celle du tonnerre avec un éclat comme celui de l’éclair. Ils montèrent avec cette œuvre jusqu’au septième ciel, l’ange portier leur dit : « Je suis le détenteur de la renommée, cette œuvre, son auteur cherchait à travers elle la renommée dans les assemblées, la préséance parmi les lettrés et l’honneur auprès des grands. Mon Seigneur m’a ordonné de ne pas laisser passer son œuvre.

En vérité, toute action qui n’a été faite pour Dieu est pure vanité et Allah, dans sa grandeur splendide n’exauce pas le travail du vaniteux ».

Et les anges gardiens de monter avec l’œuvre d’un homme faite de prières, de zakat, de jeûnes, de pèlerinage, de belle moralité, de silence et de souvenirs de Dieu que les sept anges escortaient jusqu’à ce que se déchirent tous les voiles et qu’ils se retrouvent devant Dieu, gloire à Lui. Ils se tinrent debout devant Dieu et lui témoignèrent de l’œuvre pure et saine de cet homme. Alors Dieu leur dit :

«Vous êtes les gardiens de l’œuvre de mon esclave et moi je suis le censeur de ce qu’il y’a dans son âme. Je sais que ce n’est pas Moi qu’il désirait dan son œuvre-ci et il ne l’a pas fait exclusivement pour Moi et je sais, Moi, ce qu’il voulait par son œuvre. Il a ma malédiction. Il a trompé les humains et il vous a trompés mais il ne peut pas Me tromper car je suis le Connaisseur de l’inconnu, le Connaisseur de ce qu’il y’a au fond des cœurs : aucun secret ne m’est inconnu, aucune pensée ne m’échappe.

 

Ma connaissance de ce qui est égale ma connaissance de ce qui n’est pas ; et ma connaissance de ce qui est passé est comme ma connaissance de ce qui reste à venir ; ma connaissance des premiers est égale à ma connaissance des derniers. Je connais ce qui est secret et caché. Comment mon esclave peut-il m’abuser à propos de son œuvre. En vérité, ce sont les créatures qui ne savent pas qu’il peut abuser. Je connais l’inconnu et ma malédiction est sur lui. Et alors les sept anges qui escortaient cette oeuvre disent : « Ta malédiction et la nôtre sur lui ». Et alors les habitants du ciel disent ensemble : «malédiction de Dieu et celle des anges sur lui».

Alors Muâz versa de chaudes larmes et dit : «Ô Messager d’Allah, comment être sauvé de ce que tu as évoqué ? ». Il me répondit : « Ô Muâz ! Attache- toi à ton prophète dans la certitude ? Je lui posai la question trois fois et il me donna la même réponse».

 

Puis il me dit : «Ô Muâz ! s’il t’arrive un manquement ou un retard dans ton cœur, retiens ta langue de la médisance des hommes et de tes frères par la lecture exclusive du Coran. Que t’éloigne de la médisance des hommes ce que tu sais de tes vices personnels. Ne rehausse pas  ta personne par le dénigrement de tes semblables ; n’élève pas ta personne par le rabaissement de tes frères. Ne manifeste pas ton action afin d’être loué parmi les hommes. Ne plonge pas dans les affaires de ce monde, ce qui te fera oublier les affaires de l’autre vie.

 

Ne parle jamais en aparté à quelqu’un alors qu’il y a un tiers avec toi. Ne fais pas le fier sur les hommes si bien que les avantages de ce monde et de l’autre se coupent de toi. Ne sois pas insolent et vulgaire en public à tel point qu’on te fuit à cause de ton impolitesse ! Ne déchire pas les hommes de ta langue, les chiens de la géhenne te déchireront !

Et le prophète de conclure : « Pour que tu accèdes à cela, il te suffit de vouloir aux autres ce que tu veux pour toi-même et que tu ne leur souhaites pas ce que tu ne voudrais pas pour toi-même »

Khâlid Ben Ma’dane a témoigné que Muâz ne

Le Cheikh conclut avec ce hadith : «Ô mes gens ! Si vous entendez ce hadith à l’édifice grandiose, aux conséquences douloureuses, dont les effets font s’envoler les cœurs et rendent  perplexes les esprits, dont le poids écrase les poitrines et dont la terreur trouble les âmes, cramponnez-vous à votre Protecteur, le Seigneur de l’univers et restez dans vos maisons, implorant, suppliant et pleurant à longueur de nuit et de jour, en compagnie des invocateurs et des implorants car- sachez-le- il y’a pas de salut que grâce à la miséricorde de Dieu. Pas de sauvetage de cette mer que par son secours et sa sollicitude .Levez-vous de votre sommeil, ô, vous les insouciants, et donnez aux choses leur importance. Et surtout luttez contre votre moi, contre ce terrible obstacle dans l’espoir que vous ne périssiez pas avec ceux qui périssent. Et demandez le secours de Dieu en tout temps car il est le meilleur secours et dites au commencement de toute action : «Ton secours, ô Toi le Secoureur ! C’est en Toi que nous cherchons secours». Car il est, gloire à Lui, le tout miséricordieux. Il n’y a point de puissance et de pouvoir qu’en Allah, le Très- haut et le Sublime. Et prière d’Allah sur notre Seigneur Mouhammad, sur les siens, ses compagnons et leurs suivants, une prière sans fin et sans limite.» Ainsi se termine la «Wassiya» de Cheikhoul Khadim, juste avant son départ en exil en 1895.

Mouhammadou Abib Kébé, enseignant chercheur

Source : gfm.sn

 

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L’homme est un «Saliou made man», un milliardaire philanthrope qui n’a de repère que la ville sainte de Touba, terre de Bamba où repose son «sauveur d’ici et dans l’au de-là», comme il aime à le répéter. Preuve de son éternelle gratitude au fils de Bamba et cinquième Khalife général des mourides. Rencontré dans son bureau XXL, à Bel Air, sur la route des brasseries, en plein cœur de Dakar, le magnat sénégalais, qui trône sur des sociétés à milliards, a accepté de se conter en simple talibé mouride. En Baye Fall, sans épate, qui parle de son histoire avec son défunt marabout, Serigne Saliou Mbacké, avec des trémolos dans la voix. Une scène inédite, preuve de la toute puissante foi mouride qui fait battre son cœur. Et guide ses actes. Entretien exclusif avec le Dieuwrigne de Khelcom !

 

SA RENCONTRE AVEC BAMBA

«D’emblée, je tiens à préciser que contrairement à ce que pensent certains, je suis né au cœur du mouridisme. Je ne suis pas dans la géographie, mais dans la biologie. Je suis issu d’une famille de mourides authentiques, pour ne pas dire de mourides de la première heure. Mon aïeul, qui est de la lignée des Darmanko, est venu de La Mecque à la recherche d’une lumière, Cheikh Ahmadou Bamba. Lors de son fameux périple, on m’a raconté qu’il se nourrissait, avec sa suite, d’un seul mouton. Lorsqu’ils avaient fini de manger, ils tapaient sur les os et le mouton réapparaissait. Certains diront que c’est une fable, une légende. Mais ceux qui détiennent les secrets du Coran savent qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans cela (…) Arrivé au Sénégal, mon aïeul, qui avait repéré la lumière dans cette zone géographique, a décidé de s’y installer. Il rencontrera Serigne Touba bien avant qu’il ne parte en exil au Gabon. Les deux hommes, m’a-t-on dit, entretenaient d’excellentes relations. Et au retour d’exil de Serigne Touba, son fils, mon arrière grand-père paternel, Mame Ndago Amar, est allé à la rencontre du Cheikh. Je ne sais pas où, mais d’après ce qu’on m’a raconté, il avait donné le nom de Serigne Touba à ses quatre fils et il voulait du Cheikh qu’il ajoute un surnom à chaque enfant, pour les différencier. C’est ainsi que l’aîné fut appelé Ahmed, le deuxième Ahmadou, le troisième Cheikh Ahmadou et le dernier Serigne Darou. Il y avait, lors de la rencontre, Mame Cheikh Anta. Le frère du marabout, qui résidait à Darou Salam, demanda au Cheikh de lui confier la garde des enfants. Ainsi, Ahmed et Ahmadou qui étaient déjà grands, sont allés à Darou Salam avec Mame Cheikh Anta. Le benjamin Serigne Darou est rentré avec mon arrière grand-père et Cheikh Ahmadou, qui est par ailleurs, mon grand-père paternel et homonyme, est resté avec Serigne Touba. Il fut initié au Coran par le Cheikh et resta avec lui jusqu’à sa majorité. Il fut ensuite envoyé auprès de Mame Cheikh Anta à Darou Salam pour qu’on l’initie aux techniques de réparation du matériel agricole. C’est pourquoi, quand le vénéré Serigne Saliou a voulu moderniser son agriculture à Khelcom, il a fait appel à moi pour lui chercher des tracteurs. Je reviendrai sur ça, juste pour vous dire que le choix porté par Serigne Saliou sur ma personne, n’était pas gratuit.

 

 

ACTE D’ALLEGEANCE A SERIGNE SALIOU

C’est à l’âge de 7 ans, et non 8 ans, comme le disent certains, que j’ai fait allégeance à Serigne Saliou. A l’époque, ma tante paternelle, Mame Bousso, qui était une fervente disciple de Serigne Saliou, m’a emmené, avec elle, voir le marabout. Je voulais tellement y aller, parce que j’étais déjà un inconditionnel de Serigne Saliou, sans l’avoir jamais vu. Le marabout était à Touba où ma tante, des cousins et moi l’avions trouvé. A l’époque, il n’était pas encore Khalife des mourides et sa maison était vide. Il y avait peu d’affluence chez lui. A notre arrivée, il a installé chacun à une place, à même le sol, mais à moi, il m’a demandé de prendre une natte, qui était à côté, et de m’y installer avec ma tante. C’était une manière de me faire honneur, mais c’est bien plus tard que j’ai compris le geste du marabout. Car, avec Serigne Saliou, j’ai eu tous les honneurs. Il a tout fait pour moi. Il a été maître de mon destin sur terre et le sera aussi dans l’au-delà. Plus tard, des amis et moi voulions voyager, partir en France. Nous sommes allés le voir à Touba pour qu’il prie pour la réussite de notre entreprise. Nous étions un peu nombreux, mais nous nous sommes retrouvés, quelques mois après, tous à Paris. C’était dans les années 1988 (…) Le marabout m’entretenait beaucoup sur mon avenir. A cette époque, j’ai fait un rêve prémonitoire. Serigne Saliou et moi étions dans une voiture en direction d’un champ. Sur place, il s’est mis à semer et m’a donné un arrosoir pour que j’arrose derrière lui. Il avait fait à Sokhna Walo (sa fille aînée) des révélations sur moi. Il lui avait dit que je serai encore plus connu que deux milliardaires de l’époque. Des gens ont beaucoup fait et beaucoup dit pour me mettre à mal avec Serigne Saliou. Il ne leur a jamais accordé le moindre crédit. Lorsque je m’annonçais à Touba, il pouvait appeler jusqu’à 10 fois, par le biais de ses chambellans, pour connaître ma position. Il m’envoyait souvent lui acheter du matériel agricole et lorsque je lui emmenais les engins, il me disait : «Ce que je t’ai donné ne pouvait pas payer tout ce matériel. Mais Serigne Touba te le rendra.» Des gens ont été jusqu’à lui dire qu’il me donnait trop d’argent et que je finirais par m’enfuir avec. Lui répondait : «S’il s’enfuit, je le ferais retrouver pour lui en donner encore et plus.» Ce que les gens ne savent pas, c’est Serigne Saliou qui m’a fait revenir au Sénégal. Je travaillais en France et gagnais beaucoup d’argent. J’avais une société de transport dans la capitale française qui s’appelait «Darou Salam Transport». Nous étions dans le transport de marchandises par voie maritime. Je convoyais des conteneurs et des véhicules au Sénégal et ça me rapportait beaucoup d’argent. Des gens parlent de ma fortune, mais ne savent rien de moi. Ils ne font que spéculer.»

 

LES MILLIARDS OFFERTS A TOUBA.

«Ecoutez, il faut que ça soit clair. Je n’ai rien donné à Touba, je ne fais que rendre la grâce que Serigne Touba m’a faite, via le vénéré Serigne Saliou, mon sauveur d’ici et dans l’au-delà. J’ai entendu les gens polémiquer sur les travaux de rénovation de la grande mosquée de Darou Salam. Ils parlent de milliards, mais ils ne savent pas que toute somme, aussi colossale qu’elle puisse être, est dérisoire face à ma foi en Serigne Touba. Je ne devais même pas en parler, mais je vais vous en entretenir pour témoigner ma gratitude éternelle à Serigne Cheikh Maty Lèye, actuel Khalife général des mourides. A la fin des travaux de rénovation de la mosquée de Darou Salam, je suis allé le voir et je n’ai jamais vécu un moment aussi solennel dans ma vie. Le Khalife m’a reçu comme son fils. Il m’a entretenu de nos liens de parenté. Mon grand-père avait le même homonyme que lui. Il m’a fait beaucoup de confidences. Il m’a parlé d’une conversation entre lui et Serigne Saliou, alors que j’étais encore en France. Le vénéré lui avait demandé, en somme, de prier pour moi. Ça m’a beaucoup touché (…) Je suis retourné voir Serigne Cheikh Sidy Mokhtar, quand on a lancé les travaux de «Massalikoul Djinaane». Je l’ai rencontré, cette nuit, pour lui demander l’opportunité de construire, seul, la mosquée. Mais, il n’a pu m’accorder cette faveur, parce que la construction était déjà lancée. Ce n’est point pour me vanter de quoi que ce soit, mais en tant que mouride, c’était la pire soirée de ma vie. J’avais très à cœur de construire cette mosquée. J’en avais les moyens, grâce à Serigne Touba et je voulais lui rendre cette grâce. Mais le marabout m’a fait un honneur qui a réparé tout cela. Il a fait de moi le seul homme à qui on a donné les clés de la grande mosquée de Touba, pour y apporter les rénovations que je veux. Quel honneur (il ne tient plus sur place) ! Quel honneur ! Je suis allé directement à Médine, à la mosquée du Prophète Mohammed (Psl), pour essayer de faire la même chose à Touba. Ce qui fait qu’aujourd’hui, Touba a la même sono et les mêmes climatiseurs que la mosquée de Médine. Je remercie infiniment Serigne Cheikh Sidy Mokhtar qui m’a permis de faire tout cela pour Serigne Touba.»

 

DERNIERS MOMENTS AVEC SERIGNE SALIOU

«Sur ce point, permettez-moi de rendre grâce à mon marabout, Serigne Cheikh Saliou Mbacké. Car, à la disparition de Serigne Saliou, je ne savais plus où aller. Parce que je n’avais que lui. C’était ma boussole. Quand j’allais à Touba, je me rendais directement chez lui. Je ne le quittais que pour renter à Dakar. Parfois, il me disait d’aller manger chez Galass Kaltoum, fils de Serigne Bara. Mon souhait pour Touba est immense, je prie d’avoir une longue vie pour réaliser mes desseins envers Serigne Touba. C’est en lui que je crois et Serigne Saliou est la porte qui m’a mené vers lui. Je me rappelle la dernière fois que je l’ai vu, c’était à 10 jours de sa disparition. Je suis arrivé chez lui à 17 heures, il était en retraite spirituelle et n’avait voulu ouvrir à personne. Lorsqu’on m’a annoncé, il s’est levé et s’est enfermé avec moi. Il s’est mis à réciter le Coran. A la fin, il m’a appelé par trois fois, avant de me dire : «Laakh nga sama ngueureum (qu’il était fier de moi)».

Avec Serigne Saliou, j’ai vécu des moments singuliers, des choses que je ne peux raconter, parce que ça dépasse l’entendement. Mais, à titre d’exemple très basique, je vais vous conter l’histoire de ma maison qui se trouve sur la route de Khelcom. A l’époque, l’endroit était une vaste forêt et Serigne Saliou a fait venir quelqu’un pour m’y conduire. Au début, je croyais qu’on allait en ville et j’ai été étonné qu’on me conduise dans une brousse, sans eau ni électricité. Je croyais que ses émissaires s’étaient trompés. Je n’osais pas penser que Serigne Saliou s’était trompé (rires). Et quand je suis retourné le voir, il a dissipé mes craintes et m’a assuré que je saurai plus tard pourquoi il a choisi cet endroit pour moi. Aujourd’hui, ma maison est la première à la porte de Touba sur la route de Khelcom et j’ai été désigné par Serigne Cheikh Saliou comme Dieuwrigne de Khelcom. Serigne Saliou était un visionnaire et sa disparition m’a beaucoup perturbé.»

 

L’appel de Serigne Saliou et l’histoire du médicament Fansidar

«J’étais en France lorsque Cheikh Anta m’a appelé pour me dire que Serigne Saliou voulait me parler. J’étais sur l’autoroute et j’étais tellement content que j’ai eu un petit moment d’inattention. J’ai eu un petit accident. Ma voiture a fini dans les glissières. Mais il n’y avait rien de cassé. Le marabout avait besoin de tracteurs et savait exactement ce qu’il voulait. C’était la première fois que j’entendais la marque Massey Ferguson. Je suis rentré au Sénégal pour lui montrer les photos des tracteurs. Mais, en cours de route, on m’a appelé pour me dire que le marabout était un peu souffrant et qu’il lui fallait du «Fansidar (médicament pour traiter les accès palustres non compliqués)». Le médicament était en rupture de stock. On ne le trouvait nulle part. Mais, j’étais déterminé à lui en trouver, quitte à repartir en France. Ce qui nous a pris plusieurs heures de recherches. Finalement, c’est vers 2 heures du matin qu’on a pu avoir ce médicament dans une officine. Arrivé à Mbacké, j’ai laissé ma voiture pour monter dans le 4×4 de Cheikh Anta et rejoindre Khelcom. Lorsqu’on est arrivé, le marabout était pris de tremblements. Il était entouré d’enfants qui lui faisaient la lecture du Coran. C’était vers 4 heures du matin. Lorsqu’il a vu le médicament, il s’est levé et m’a dit : «C’est ça que je veux.» J’étais tellement heureux et soulagé d’avoir pu apporter au marabout le «Fansidar».

Le chèque de Cheikh Ahmadou Bamba et la fuite de Cheikh Amar

«Une autre fois, le marabout m’a appelé pour me demander de lui apporter 220 tracteurs. Quand je suis arrivé, il m’a demandé le prix et après le lui avoir communiqué, il a voulu me payer sur le champ avec un chèque signé Cheikh Ahmadou Bamba. J’étais pris de peur. Je lui ai dit : «Jamais je n’encaisserai un chèque signé Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul.» Il a ri et m’a expliqué que les comptes de Khelcom étaient à ce nom. Il a insisté, mais j’ai refusé de prendre le chèque. Puis, je lui ai demandé de sortir un moment. Mais, au fait, c’était pour m’enfuir de Khelcom et rentrer à Dakar. Mais le marabout a mandaté un de ses chambellans. Il avait la mission de m’apporter l’argent en liquide à Dakar. Quand il m’a appelé pour me dire qu’il était à Dakar, je lui ai dit que je ne le recevrai pas. Mais, il m’a dit qu’il ne rentrera jamais à Khelcom, sans m’avoir remis l’argent. A charge pour moi, d’en faire ce que je voulais. De le jeter dans la rue, si je voulais ou de le donner en aumône. C’est finalement, un de mes oncles qui a réceptionné l’argent.»

PAR PAPE SAMBARE NDOUR

Source : Gfm.sn

 

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Le contexte géopolitique international actuel très tendu, marqué par les récurrents attentats terroristes à travers le monde, créant la psychose et ternissant un peu plus l'image de l'Islam aux yeux de nombreux acteurs, il nous paraît assez judicieux de rappeler la perspective de la « non-violence musulmane » théorisée et pratiquée par le grand maître soufi sénégalais Cheikh A. Bamba (1853-1927) dont les propos critiques sur les méfaits des soi-disant jihadistes sonnent aujourd'hui étonnement prémonitoires :

« Certains ont été abusés par le Jihad qu’ils mènent contre des êtres humains [innocents]. S’attaquant sans cesse à leurs semblables, ils les assaillent régulièrement pour accéder à la célébrité et aux richesses. Car, même s’ils prétendent élever le nom de Dieu à travers leur Jihad, leur seul objectif est d’élever leur propre nom et rien d’autre. Ainsi rentrent-ils de leurs prétendues « guerres saintes » couverts de péchés et de méfaits. » (Masâlikul Jinân)

LA NON-VIOLENCE MUSULMANE

Bien longtemps avant les célèbres icones mondiales de la non-violence, comme Mahatma Gandhi et Martin Luther King, Cheikh A. Bamba symbolisa la philosophie de la non-violence dans un contexte colonial. Le « Jihad par le Savoir et l’Adoration de Dieu » (jihâd bil 'ulûm wa bi tuqâ) que Cheikh A. Bamba a mené contre des oppresseurs constitue une perspective très intéressante pour des relations pacifiques entre les musulmans et les autres civilisations. Une telle approche s’oppose en effet à l’interprétation militante et agressive du « Jihad » adoptée aujourd’hui par des groupes tels qu’Al Qaida, Boko Haram ou l’Etat Islamique.

La perspective de la « non-violence musulmane » proposée par Cheikh A. Bamba pourrait ainsi aider à asseoir les bases d’une paix durable et celles de la tolérance dans notre monde actuel, marqué par les nombreux conflits meurtriers, les injustices et les cycles infinis d’agressions et de vengeances au nom de la religion.

Accusé en 1895, par l'administration coloniale française, d'être un « jihadiste » s'apprêtant à les attaquer, Cheikh A. Bamba clarifia, à travers ces propos historiques, la véritable nature de sa « guerre sainte » et celle de ses « armes » qui n'ont rien à voir avec les ceintures explosives et les Kalachnikovs :

« [O vous mes persécuteurs !] Vous m’avez exilé sous le prétexte que je mène le Jihad contre vous. Je vous donne assurément raison car je mène réellement la guerre sainte pour la Face de Dieu. Mais je mène mon Jihad par le Savoir et l’Adoration de Dieu, en ma qualité d’esclave de Dieu et de Serviteur du Prophète - et le Seigneur qui régente toute chose en est Témoin. Alors que d’autres utilisent des armes matérielles pour être craints, mes seules armes à moi sont la Connaissance et l’Adoration de Dieu. »

« Le véritable combattant sur le Chemin de Dieu n'est point celui qui prend la vie de ses ennemis, mais celui qui combat son âme charnelle (nafs) pour parvenir à la perfection spirituelle. »

SON RESPECT POUR LA DIGNITÉ HUMAINE

Cette philosophie non-violente et spirituelle de Cheikh A. Bamba met en valeur la dignité et le respect dû à l’ensemble des êtres humains, au-delà de leurs différences formelles. Ainsi qu’il le rappela dans beaucoup de ses vers :

« Respecte en toute créature les Droits de Dieu, par considération pour son Créateur. » (Nahju)

«Ô Seigneur de l’univers ! Accorde Ta miséricorde à l’ensemble des créatures, ô Toi qui peux diriger les égarés !» (Yâ Rahmân, Yâ Rahîm)

«Ô Seigneur ! Préserve-moi de jamais porter préjudice à mes proches, de même qu'aux étrangers, qu'ils soient musulmans ou non. »

« Ô Seigneur ! A quiconque m’aura injustement blâmé ou offensé, accorde-lui Ton Pardon et puisse-t-il se soumettre à toi. » (Matlabul Fawzayni)

« Ô Seigneur ! Fais de moi le 
rénovateur de la Voie [de l’Islam] sans hostilité ni guerre. »

« Nourris toujours de bons sentiments envers l’ensemble des créatures de Dieu. »

« Les pires des gens sont ceux qui répondent toujours à une offense par d’autres offenses. »

« Quiconque respecte les gens bénéficiera en retour de leur respect. Mais celui qui ne respecte pas ses semblables ne sera point respecté. »(Nahju)

« La paix et la quiétude sont les deux choses les plus précieuses en ce monde. » (Majmûha)

SON SENS DU PARDON ET DE LA MISÉRICORDE POUR SES ENNEMIS

En dépit de toutes les tentatives malveillantes de ses ennemis contre lui, Cheikh A. Bamba demeura fortement attaché à l’injonction Divine qui recommandait :

« Dis à ceux qui ont cru de pardonner à ceux qui ne comptent pas sur les Jours promis par Dieu, afin qu'Il rétribue chaque groupe selon ses œuvres.» (Coran 45:14)

« Tiens-toi au pardon, recommande le bien, et détourne-toi des ignorants. » (Coran 7:199)

« Et ne laisse surtout pas la haine envers les autres te mener vers le mal et t’éloigner de la justice. Sois équitable, car cela est plus proche de la piété, et crains Dieu. » (Coran, 7:8)

Cheikh A. Bamba mit en pratique, durant toute sa vie, ces précieux principes de justice en Islam et de grandeur humaine dont devraient assurément mieux s’inspirer tous ceux qui, de nos jours, prétendent combattre au nom de Dieu.

LE PLUS GRAND JIHAD

Cheikh A. Bamba donna à la postérité une belle leçon de grandeur et de compassion, en écrivant :

« J'ai pardonné à tous mes ennemis pour l’amour du Seigneur qui les a écartés de moi. Ainsi je ne songe nullement à me venger. J'ai accordé mon pardon à tous mes ennemis avec pureté de cœur. » (Muqadimatul Amdāh).


Une telle élévation d’âme constitue une manifestation du Principe Divin qui enseigna à tous les croyants :
« La bonne action et la mauvaise ne sont nullement pareilles. Repousse [le mal] par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais [ce privilège] n'est donné qu'à ceux qui font preuve de patience et il n'est donné qu'au possesseur d'une grâce infinie. Et si jamais le Diable t'incite [à agir autrement], alors cherche refuge auprès de Dieu qui Entend et Connaît tout.» (Coran 41:34-36)

Ayant ainsi choisi de mener le « Plus Grand Jihad » contre sa propre âme charnelle et ses passions, Cheikh A. Bamba critiqua sévèrement tous ceux qui dénaturent et interprètent mal le sens original du concept de « Jihad » (en tant qu’ « effort personnel » sur la Voie de Dieu) pour des motivations politiques ou extrémistes.

SON SENS DE LA FRATERNITÉ ENTRE MUSULMANS

La vision inclusive de l'Islam qu'avait Cheikh A. Bamba est fondamentalement opposée à tout sentiment d'hostilité ou de conflit entre musulmans ayant des différences d'approches doctrinales, d'obédiences (Sunnite/Chiite), d'écoles juridiques, de confréries, de cultures, de races etc. Les nobles principes unissant les croyants étant de loin plus importants, à ses yeux, que les divergences formelles les menant quelques fois à se combattre ou même à s'entretuer.

Cheikh A. Bamba écrivit :
« O Seigneur ! Inspire-nous l'amour pour tous les musulmans et délivre-nous du mal des transgresseurs. Fais de l'ensemble des musulmans nos amis ; ainsi serons-nous préservés des préjudices. »

« Mets sur le Droit Chemin tous les croyants, hommes et femmes, et pardonne leur tous leurs péchés à l’Au-delà.»

« Ne considère jamais comme ennemi toute personne que tu verras prononcer la profession de foi en Dieu.»

«Aime tout musulman pour sa foi en Dieu.»

« O Seigneur ! Incite-nous à toujours nous consacrer au service des Musulmans et à nourrir de la compassion pour eux. » (Matlabu Shifâ’i)

« Toutes les [confréries] agréées sont dans le Droit Chemin, ne t’avise donc jamais de dénigrer [un groupe de musulmans]. » (Masâlik)

Fort de tous ces précieux enseignements pacifiques et de cette intéressante perspective endogène pour l'apaisement des relations entre les musulmans et les autres civilisations, l'auteur américain Michelle R. Kimball tint, dans son article intitulé « Cheikh Ahmadou Bamba : Un Musulman du Vingtième Siècle Artisan de la Paix », à attirer l’attention sur cette originalité de la pensée du Cheikh, qu’elle considère même, en un sens, comme vitale dans la conjoncture géostratégique actuelle :

« Dans le contexte hautement tourmenté du monde actuel, marqué par le choc apparent des civilisations islamique et occidentale, la vie d’un musulman artisan de la paix mérite d’être mise en évidence. Un saint musulman qui mena, au cours du siècle passé, un combat victorieux et entièrement non-violent pour la paix. »

« Une étude plus poussée de la contribution de Cheikh A. Bamba dans le renouveau culturel et spirituel de son peuple démontrera la véritable portée que son message universel et son combat non-violent ont de nos jours pour atteindre la paix dans notre monde actuel. »

(Extraits de l'Exposition Internationale sur la Non-violence en Islam à Columbia University)

Le Président de la République du Gabon Mr Ali Bongo Ondimba a accordé ce vendredi 23 octobre 2015 une audience à Serigne Cheikh Bassirou MBACKE ibn Serigne Abdoul Kadre .Le président du comité d'organisation du Grand Magal de Touba et porte Parole du Khalife Général des Mourides. IL était accompagné d'une importante délégation ainsi que de l'ambassadrice du Sénégal au Gabon . Rappelons que le Gabon, étape marquante de l'itinéraire de Cheikh Ahmadou Bamba abrite depuis le 22 octobre une semaine culturelle dédiée au fondateur du mouridisme dans le cadre des activités préparatoires du Grand Magal de Touba édition 2015.

 

 

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{FCOMMENT}

A l’évocation du mot Khelcom, Serigne Saliou, ndongo, tarbiya, daara,… sont autant de notions qui surgiront de tout subconscient mouride et même Sénégalais.

Pourtant, l’appellation Khelcom existait et était attachée au lieu depuis des lustres mais, c’est l’arrivée d’un bâtisseur, courageux et visionnaire, qui fera changer le cours de son histoire pour la faire, définitivement, rentrer dans celle du Mouridisme, celle du Sénégal et celle de l’Humanité.

A l’origine, Khelcom était une forêt classée située dans la région de Fatick. Aujourd’hui, c’est une commune de la région de Kaffrine.

C’est en 1991 qu’Abdou DIOUF, à l’époque président de la République du Sénégal, octroya une partie de cette forêt à Serigne Saliou par l’intermédiaire du Gouverneur de la région de Diourbel, Souleymane Boubou WILANE.

Nous avons là, la dimension exotérique des origines de Khelcom mais les raisons ésotériques de son existence sont encore plus anciennes et plus profondes.

Cette terre sainte fut déjà, depuis « Heuzeul » (4), bien avant que le genre humain n’ait foulé la Terre, une promesse d’Allah, Le Très Haut, à son serviteur Salih à qui Il donnait ainsi le moyen par lequel ce dernier accomplirait l’œuvre qu’il devrait mener ici-bas pour Sa Grandeur (SWT).

Notre Seigneur confortera cette promesse dans le Coran comme pour rappeler à son serviteur qu’il lui donnerait sur Terre un lieu où il éduquerait les hommes et les mènerait vers leur Seigneur, Maître de l’univers – Sa Grandeur soit exalté. C’est ainsi que dans la sourate Al anbiyâ (S21) au verset 105, Notre Seigneur dit : «Nous avons décrété depuis la Thôra, bien avant le Coran, que Nous ferons hériter la Terre à notre esclave Salih » – Essai de traduction.

Serigne Saliou commença l’exploitation des 10 000 ha qui lui ont été attribués la même année 1991 par des opérations de viabilisation et l’implémentation d’un premier daara.

C’est à la fin des opérations de viabilisation première (abattage des arbres, débroussaillement,…) que Serigne Saliou scinda Khelcom en 15 daara. Il construisit ensuite de grandes habitations dans chaque daara, affecta 313 personnes dans chacune d’elles et donna à ce lieu saint l’appellation « Khelcom, Matlabou Ridwaan » i.e. Khelcom, lieu de recherche de l’Agrément divin.

Il y instaura trois activités pour lesquelles, nous dit-il, ce haut lieu lui a été légué. Il s’agit

  • du « khidma »,

  • du « tanhlîm »

  • et du « tarbiya », point saillant de l’œuvre de Serigne Saliou.

Le khidma constitue l’œuvre pour Serigne Touba, le tanhlîm est l’apprentissage des sciences religieuses et le tarbiya est l’éducation.

Le tarbiya est l’éducation qui amène l’homme à entreprendre toutes ses actions pour l’Unique Face d’Allah (SWT), à ne rechercher que Son Agrément et à n’avoir d’autre objectif dans la vie que cet Agrément. L’éducateur fait ainsi de sorte que les turpitudes tels le voyeurisme, l’ostentation, la haine, l’inimité lui soient définitivement enlevées. Comme il est d’usage dans le tarbiya, Serigne Saliou instaura comme activités à valeur de travail les travaux champêtres et l’élevage mais l’unique objectif étant l’Agrément divin sans aucune attente d’un quelconque salaire ici-bas.

Sur le tanhlîm, le premier sacerdoce était la mémorisation du Saint Coran, ensuite les sciences religieuses du tawhîd, fiq et tassawouf. Et, nombre sont ceux qui sont sortis de ses daara et aujourd’hui considérés parmi les plus érudits dans le monde en ce qui concerne les sciences religieuses islamiques.

Une fois ces trois activités confortablement installées à Khelcom, Serigne Saliou commença à y dérouler le programme qu’il a toujours voulu instaurer dans tous les daara qu’il a eu à mettre sur pied.

Il consacra d’âpres efforts pour que Khelcom ait toutes les infrastructures nécessaires pour que ses résidents soient dans les meilleures dispositions possibles. En effet, outre les habitations qu’il a construites dans les daara, il y a fait parvenir l’eau et l’électricité, fait accéder des routes bitumées, construit un hôpital…

Serigne Saliou aura beaucoup appris aux ndongo, en diverses circonstances et pour les inciter à la persévérance et à l’attachement au lieu dans la recherche de l’Agrément divin, sur le haut statut de Khelcom et les bienfaits incommensurables que renferme cet espace sacré. Et, ces enseignements sur la sacralité de Khelcom n’étaient pas seulement destinés à susciter le dévouement dans l’œuvre chez les ndongo mais également à faire bénéficier de ses bienfaits aux autres talibés mourides, éparpillés dans d’autres contrées du Sénégal et du monde.

« Entre deux individus s’approchant de Khelcom, si l’un décide de passer par les daara et l’autre de les contourner, celui qui sera passé par Khelcom verra une certaine avance par rapport à celui qui ne l’eût pas fait, une fois qu’ils se seront de nouveau rencontrés ».

« Deux raka faits à Khelcom valent plus que 1000 effectués ailleurs ».

En anecdote, un jeune dongo qui était récemment arrivé Khelcom mais qui ne cessait de fuguer finit par voir ses parents venir le récupérer au bout de six mois. Avant de repartir avec l’enfant, Serigne Saliou leur dira que « Certes ces six mois qu’il a passé dans le daara valent, de loin, mieux que soixante-dix ans qu’un adulte a passé à adorer Allat (SWT) dans un autre lieu que Khelcom ».

Dans le même ordre d’idées, il dira à propos du daara Nouroun Mounirou « que ceux qui œuvrent dans ce daara sachent que certes ils ont acquis une part de bienfaits que seules leurs actions à Khelcom pouvaient leur donner »

Il disait également aux ndongo « évertuez-vous à la persévérance dans l’œuvre car je vois bien toute la Lumière divine qui se déverse en ce lieu ».

Aussi disait-il que « Khelcom est un chantier de Serigne Touba et c’est ce dernier qui le lui a choisi ».

A propos des ndongos, il disait qu’ils constituaient « la famille que lui a donné Serigne Touba ».

 

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« Khelcom et ceux qui le constituent sont une largesse (fagoutééf) de Serigne Touba mais je prie que tous ceux qui y auront œuvré soient associés à cette largesse (fagoutééf) par Serigne Touba ».

« Tous mes daara (28 au total) sont des lieux de tarbiya mais, quant à la quintessence et la complétude de ce que j’y recherchais, c’est à Khelcom que Serigne Touba m’en a fait grâce ».

Khelcom barabou diarignou la « Khelcom est un lieu de bonification »

Niaka dém Khelcom wooroul si ab mouride, wayé niak faa jeuf itam wooroul si ab mouride. «Il n’est pas rassurant pour un mouride de ne pas fouler le sol de Khelcom ou d’y œuvrer ».

C’est pour toutes ces raisons qu’il recommandait à tous les mouride à y venir chaque année ne serait-ce que pour un jour, y passer, fouler son sol et boire de son eau car sachant qu’ils (son sol et son eau) sont des remèdes et une lumière divine arrose cet espace. Et à ce titre, quand ses occupations (de Khalif de mouride notamment) ne lui permettaient plus de venir souvent à Khelcom, il se faisait apporter du sable en provenance des daara qu’il mettait dans un récipient et y posait ses pieds afin de profiter de sa baraka.

Depuis sa création, des milliers et des milliers de ndongos sont passés à Khelcom. Ainsi des milliers de jeunes y ont mémorisé le Coran et ainsi, selon certaines études, 653 exemplaires de Coran ont été rédigés en entier, de mémoire, sans recopie par des ndongos. Ce nombre peut, cependant, être considéré comme bien en deçà de la réalité car nombre d’exemplaires ont pu être écrit sans que cela ne soit diffusé.

On ne saurait compter le nombre de personnes qui ont eu l’Agrément divin en ce lieu. Et, jusqu’à nos jours, Khelcom continue sa belle marche alliant toujours les activités pour lesquelles il a été mis sur pied khidma, tanhlîm et tarbiya.

Serigne Saliou avait fait Khelcom un lieu où le bienfait de chaque action est multiplié par 1000 par rapport à un autre endroit.

Puisse Allah, Le Tout Puissant, faire perdurer ce lieu et qu’il soit à jamais un haut lieu de recherche de l’Agrément divin comme c’est déjà le cas.

 

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