RawduRayahin

RawduRayahin (80)

La Réhabilitation de l’Anniversaire de la Naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui) par Cheikh Ahmadou Bamba Serviteur Privilégié du Prophète

La considération que Cheikh-Al-Khadîm (le maître serviteur) accordait à la Nuit de la Naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui) se mesure en référence l’ardent Amour qu’il a pour Lui et par sa mission de réhabilitation de tout ce qui touche à Son message.

Vivant dans une société islamisée depuis longtemps, la population n’avait pas rompu avec le folklore et faisait l’amalgame entre les aspects spirituel et populaire des événements.

Ainsi la purification de la célébration fut menée par le Cheikh en enseignant aux musulmans les régles de conduites à observer. " Sa célébration conformément à la tradition" a-t-il- recommandé car les ancêtres la célébraient de façon non conforme à la bonne voie.

A cela s’ajoutent les Panégyriques et la production inestimable, faites sur le Prophète, donnant ainsi aux musulmans l’occasion d’avoir de quoi vivifier la nuit. Ainsi on peut citer quelques poèmes très célèbres communément appelés "Mawlûd", car psalmodiés intégralement durant la nuit de la naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui).

On peut citer en guise d’exemple :

- L’attirance des coeurs (Jadhbul Qulûb) (165 vers)

- Les Dons du Profitable (Mawâhibu-n-Nâfic) (166 vers)

- Les Prémices des Eloges (Muqaddamâtul Amdâh) (192 vers)

Aussi le Cheikh marquait Lui même la célébration par sa présence, et donnait les directives et la manière de se confomer à la tradition. Il assurait lui même l’organisation. Bien que la célébration de l’anniversaire corresponde à la 12 éme nuit, il dit :

"Je m’adonne à sa vivification tout le mois durant" disant par là, qu’il célèbre tout le mois de la Naissance du Prophète.

Pour illustrer davantage l’importance que Serigne Touba accordait à l’anniversaire de la Naissance du Prophète, nous rappelons ce qui suit :

"La Nuit de la Naissance du Prophète le rendait très heureux. C’est aux calendes de la Naissance de l’Elu que quiconque le connaissait, avait plus d’entrain à la sollicitation d’une quelconque faveur, à cause de la parfaite béatitude qu’on savait en lui. Et au courant du mois de la Naissance de l’Elu, quand le mois s’acheminait à sa fin, on se rendait compte que cette joie s’estompait progressivement".(cf. sermon de Serigne Saliou MBACKE le 19 Safar 1411.H, 19 Septembre 1990)

A cela, s’ajoute la recommandation formelle qu’il donnait à ses disciples de la célébrer partout où ils résidaient. Ainsi, les grands disciples du Cheikh après avoir terminé leur éducation spirituelle sous ses auspices, ont eu l’autorisation de fonder de nouveaux foyers d’éducation partout au Sénégal, rendant ainsi davantage populaire la célébration du "Mawlûd" dans sa forme actuelle, c’est à dire en conformité avec la Tradition(Sunna).

La Célébration publique sous les 
auspices du Serviteur du Prophète Khâdimu-r- Rasûl.

 

Si la vivification de l’anniversaire de la Naissance du Prophète à Diourbel est restée célèbre en milieu Mouride, et dans tout le Sénégal, c’est bien sûr en référence à sa célébration sous la supervision directe de Khâdimu-r-Rasûl.

Malgré son assignation en résidence surveillée à Diourbel (de 1912 à 1927), malgré l’interdiction de former un attroupement ou toute réunion de personnes faite à Serigne TOUBA par l’administration coloniale, les mourides ont toujours répondu à l’appel de leur maître.

Quand l’annivesaire de cette Nuit arrivait , les gens affluaient de partout vers la résidence du Cheikh. L’esplanade de la moquée de "Keur Gou Mag" (nom du quartier où se situe la résidence du Cheikh) grouillait de monde. Et l’administration coloniale qui surveillait strictement toutes les manifestations à caractère religieux ne cessait de faire des comptes rendus détailés de ces celébrations.

" De nombreux mourides sont allés à Diourbel célébrer la Naissance du Prophète (30 Septembre-1er Octobre- 12ème lune du mois de rebé-l’aoul ). La gare de Thiès a délivré 1229 billets aux pèlerins. Les trains venant de Dakar étaient bondés. Les voyageurs noirs juchés sur les impériales des wagons criaient leur enthousiasme. L’élément jeune dominait. Il n’y a eu aucun incident ." (Archives du Sénégal, extrait 2G 25/54, Rapport Politique Octobre 1925, Thiès)

Cet extrait est révélateur sur l’ampleur du "Gamou" (appelation locale du Mawlûd) de Diourbel. A ces pélerins présents, s’ajoutaient des habitants venant de toutes les contrées du Sénégal. Ceux qui habitaient les environs de Diourbel venaient par tous les moyens : charettes, à pied etc. Ce nombre impressionnant ne représentait rien comparé à la population de Diourbel qui marquait fortement de sa présence la Nuit du Mawlûd.

Pendant la célébration , les uns lisaient le Saint Coran, les autres chantaient en Choeur les Louanges de l’Elu, le Meilleur, d’autres s’affairaient à offrir à manger et à boire à toute l’assistance sans distinction. Dans la résidence du Cheikh, on préparait toute sorte de mets qu’on distribuait aux personnes venues célébrer cette nuit dans la communion.

On distribuait aussi du thé, du lait, du café etc. Tous ses contemporains, sans exception voyaient en lui, quand le mois Rabîcul Awwal arrivait, une joie incommensurable et une disponibilité toujours prête à exaucer les voeux de tout requérant.

Quant on célébrait la nuit de la Naissance de son Bien-Aimé le Prophète , il était dans une joie indescriptible. Ainsi, il pulvérisait les chantres de parfums, et telle une avalanche, les comblait de dons et de cadeaux de toutes sortes. Ses actions ébahissaient l’assistance devant le poids des charges qu’il soulevait, car croyant qu’une seule personne ne pouvait être en mesure de déplacer de telles charges .

Cette célébration publique du Mawlûd par le Cheikh, a incité les musulmans de notre pays à avoir plus de courage au point de braver l’interdiction du colonisateur. Car notons au passage que cette période (fin 19 ème siécle), coincidait avec la fin de la conquête coloniale. La France avait une main mise sur toute l’étendue du territoire. Avec son autorité expantionniste, elle avait domestiqué le reste des souverains locaux, et s’était accordée le dévouement des notables religieux. Par cette célébration, Cheikhoul Khadîm engageait le Dâr-Al-Islam dans la conquête fervente de l’indépendance dans l’exercice du culte exclusif rendu à DIEU.

Source : Htcom.sn

TOUBAMAJALIS.COM-Avant Toute chose, il convient de rappeler combien l'amour du prophète (AS) est et doit rester une aspiration naturelle et spirituelle pour tout musulman. Rapporté par Annas: "Aucun de nous est véritablement croyant, tant que je ne suis pas plus cher pour lui que son âme."

Dieu a des Anges qui ne cessent de visiter les maisons où il y a une personne nommée Mohammad ou Ahmad par estime de leur part vis-à-vis du noble prophète, le plus valeureux Messager. exprimons notre éloge en l'honneur du joyau de la perfection. Le très saint et bien-aimé Mohammad (AS).

Il est certes l'excellence des nobles caractères moraux et les qualités les plus sublimes. Ma vie du très saint prophète Mohammad (AS) sert de modèle à tous les musulmans, qu'il s'agisse de ses actes ou de son enseignement. Le Saint Coran lui reconnait une conduite morale supérieure.

Le CREATEUR l'a choisi pour ami. il ne partage avec aucun être ses qualités infinies.il possède toute entière la substance même de la perfection. Vante autant qu"il te plaira l'excellence de sa nature, relève autant que tu voudrais l'éminence de ses mérites, car MUSTAFA(AS) n'a pas de bornes.

 

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Le récent et intéressant reportage du journal Le Monde sur les « réseaux économiques » mourides (voir le lien de l'article plus loin) me rappelle un échange assez instructif que j'eus dans le passé avec Michael Richard, le réalisateur du fameux reportage de M6 sur les « vendeurs à la sauvette mourides » qui avait défrayé la chronique en son temps.

A ses multiples questions détournées sur l'usage du « hadiya » (don pieux) aux chefs relugieux, qu'il n'osait pas formuler assez ouvertement, de peur certainement de froisser le « marabout » avec qui il discutait, je le surpris en posant assez brutalement le sujet en ces termes.

- Cher ami, la véritable question que vous semblez vouloir poser, et que beaucoup d'autres chercheurs, journalistes etc. avant vous se sont posés, est celle-ci : ce système des dons offerts aux marabouts n'est-il pas en définitive « un système d'exploitation de l'homme par l'homme » ? Un système qui permet aux marabouts mourides de profiter de la « crédulité » de leurs disciples (à travers des promesses spirituelles fallacieuses) pour s'enrichir impunément sur leur dos (comme le suggère, par exemple, Copans qui soutenait dans ses recherches sur le Mouridisme, que « le capital du marabout, c'est le talibé ») ? C'est bien cela ?

Michael sembla à la fois embarrassé et soulagé par cette tournure franche et sans fard que prenait notre discussion.

- Eh bien, pour répondre à cette « grave » question, je vais vous en poser, à mon tour, une autre qui, bien analysée, devrait vous fournir certains éléments d'analyse que ceux qui se la posent de façon critique ne semblent pas souvent intégrer, à mon avis.

Michael sembla acquiescer à cette éventualité avec un certain intérêt.

- Vous n'êtes certainement pas sans savoir que la plupart des premiers mourides appartenaient historiquement aux classes considérées comme les plus défavorisées de la société wolof. Humbles paysans des provinces (rurales) du Baol et du Cayor, ils étaient assez souvent méprisés et tenus pour de frustes « campagnards » (kaw-kaw) par d'autres groupes plus nantis (surtout citadins) se considérant plus « civilisés » et plus instruits. Ceci, au point d'avaliser le perfide adage d’antan voulant que « Lu jigéen bon bon war a mën a jur ab murid mbaa ab nama dal » (Le minimum qu'une femme, aussi indigne soit-elle, puisse mettre au monde est un enfant qui deviendra un docker ou un mouride…).

Ainsi la question qu'il convient aujourd'hui de se poser, au vu de cette situation passée, est celle-ci : s’il était vrai que ces modestes disciples mourides étaient victimes de l’exploitation financière de leurs marabouts (plus que dans les autres communautés religieuses du pays) comme l’ont toujours soutenu la majorité des auteurs, comment se faisait-il que ces mêmes disciples soient aujourd’hui parmi les citoyens les plus nantis du pays et soient parvenus au sommet de l’échelle socio-économique sénégalaise ? Sachant qu’ils étaient, dans le passé, au bas de cette même échelle et parmi les citoyens les plus humbles de la société, car considérés comme des citoyens de seconde zone ? Comment, en d'autres termes, l' « exploitation financière » de ces modestes disciples a-t-elle pu les rendre plus riches et plus représentatifs que beaucoup de leurs concitoyens n'ayant pas subi cette « exploitation » ?

Essayer de répondre objectivement à cette question nous permettra peut-être d'y voir un peu plus clair et de faire avancer le débat...

Michael Richard, qui ne s'attendait sûrement pas à cette repartie, sembla effectivement perplexe et ne put jamais y donner des réponses assez satisfaisantes...

Pour la petite histoire, lorsque je racontai cette amusante anecdote à l'occasion d'un Dahira aux Etats-Unis, un condisciple mouride plein d'humour ne put s'empêcher de s'exclamer publiquement, provoquant l'hilarité générale : « En tous cas, exploitation bi deh jigg na niou ! Yàlla nan niou yagga exploiter nii waay ! » (Dieu fasse que nous continuons à être exploités de la sorte !)

[Pour les autres dimensions de cette problématique, notamment certaines dérives, récupérations mercantiles ou nécessités de rationalisation, nous les avons largement abordées dans KHIDMA]

Voici le lien du récent reportage du journal Le Monde sur les mourides cité plus haut : http://www.lemonde.fr/…/au-senegal-les-reseaux-tres-prosper…

 

 

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Le khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké a fait un rappel sur Le Gamou , célébrant l'anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed (PSL). il a ainsi demandé aux talibés de bien reconsidérer cette nuit qui est très importante pour la oumma islamique.

 


Fàttali Gamou Gui 2015 par S. Sidy Moukhtar Mbacké par alkhadimiyyah

 

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TOUBAMAJALIS.COM- Le nombre de participants au Magal de Touba ne cesse d’augmenter au fil des années. Dix jours après l’édition 2015 qui s’est tenue le 1er décembre, l’ingénieur, statisticien-économiste Moubarack Lo, balance des chiffres après avoir expliqué que son Institut de recherche Emergence a effectué à la demande du Comité d’organisation du Magal le comptage des véhicules entrant dans la ville sainte de Touba durant le Magal 2015. Il explique que des enquêteurs expérimentés ont été postés aux différentes entrées de Touba (Ngabou, Entrée Mbacké, Entrée Darou Mousty, Entrée Dahra) par équipes de deux personnes qui se sont relayées 24h sur 24.

Après ces précisions, Moubarack Lo renseigne que le nombre de véhicules venus à Touba dans la période du Magal (jusqu’à une semaine avant le Magal, période pendant laquelle les voyageurs affluent à Touba) est estimé à 132 540 véhicules (y compris les rotations) contre 110 104 en 2011, soit 22 436 véhicules de plus. Il ajoute que « le nombre de participants pour l’édition 2015 est estimé à 4,12 millions de personnes (soit près de 33% de plus qu’en 2011, environ un million de personnes de plus) ». Et parmi ces 4,12 millions de participants, Moubarack Lo renseigne qu’ « il y a 3,16 millions de voyageurs et 956 000 personnes vivant à Touba et dans les autres villes et villages du département de Mbacké (sur la base de l’extrapolation des résultats du recensement général de la population effectué par l’Ansd en 2013) ».

TOUBAMAJALIS.COM- A Shenyang, ville située au nord-est de la Chine, dans la province du Liaoning, le Magal de Touba à l’initiative d’un groupe d’étudiants dirigé par le «Jëwriñ» Pape KA.

Certes, il ne s’agit pas du premier Magal organisé en terre chinoise par la
communauté des immigrés mouride. En effet, la ville de Guangzhou, fief traditionnel des africains de Chine connait ce genre d’évènements depuis au moins une décennie. Par contre, l’édition de cette année aura fait tâche d’huile dans d’autres villes comme Shenyang, Beijing et Shanghai.

Au delà du caractère spirituel de l’évènement, le plus séduisant a été l’initiative spontanée émanant d’étudiantes et d’étudiants aux ressources certes peu abondantes, mais à l’intention si noble et grande que finalement les petits plats ont été mis dans les grands. Le temps d’une nuit donc, l’université du Liaoning aura été le rendez-vous de bon nombre de sénégalais, d’africains voire de citoyens du monde, toutes confessions et races confondues pour psalmodier le nom du Divin à travers des mélodies rythmiques du Coran et des Khassidas tels que Assiiru de Cheikh Ahmadou Bamba et Wassilatul Muna(Taïssiir) de Cheikh Seydil Hadj Malick SY sans oublier les milliers de prières sur le Prophète(salaatul alal Naby), devant un parterre d’invités médusés de voir tant de ferveur et de cordialité.

Il s’agit là, d’une victoire de toute la Uma islamique car ces musulmans sénégalais montrent par ce geste que l’Islam au delà d’être une religion, constitue un projet de société fondé sur des valeurs cardinales et universelles de paix, de tolérance et d’acceptation de la différence. Disons donc que ce petit pays que l’écrasante majorité des chinois n’arrive pas à situer sur un planisphère et dont l’ensemble de la population équivaut à peine à celle d’une ville de l’empire du milieu de taille moyenne doit dans ce renouveau sociologique et cette redistribution géopolitique des cartes au niveau mondial, assumer et jouer pleinement son rôle de promoteur d’une paix et d’une stabilité sociale basées sur un dialogue des confessions, quelles qu’elles soient, et fondées sur une société dont la géographie a certes favorisé le brassage des ethnies la composant, mais aussi qui a eu le mérite de transcender les clivages claniques et tribaux. Pour un pays à écrasante majorité musulmane et ayant été dirigé pendant plus de vingt ans par un président appartenant à la fois à une religion et une ethnie minoritaires, un des piliers fondamentaux de cette stabilité est à rechercher dans le caractère confrérique de son islam.

En effet, à la différence de celui pratiqué dans la plupart des pays arabes, l’Islam en terre sénégalaise s’enracine dans cette quête intérieure de Dieu qu’est le soufisme, encadré par un leadership maraboutique qui a su endogénéiser cette religion qui nous est venue d’outre-mer. Qu’est-ce donc ce courant de l’islam que le Professeur Souleymane Bachir DIAGNE décrit comme étant la fâce de l’islam en état d’adaptation permanente?

Le soufisme est cette branche ésotérique de l’islam qui prône l’unicité de Dieu «Al Haqiqa» à partir de la «Sharia» à travers la «Tariqa».  Au Sénégal, il nous est parvenu grâce notamment à deux voies que sont d’abord la Tijaniya amenée par Cheikh Oumar Foutiyou TALL et ensuite la Qadriya amenée par Cheikhna Cheikh Saadbouh AIDARA et Mame Cheikh Bou Mouhamed KOUNTA. Bien que le natif de Alwaar eût recouru à la guerre sainte pour l’installer et ainsi faire du Fuuta ledaarul islam dont il rêvait en réformant les moeurs et en revivifiant la foi, il faut reconnaître qu’il avait trouvé un socle religieux et spirituel construit depuis l’épopée des Almoravides puis de celle de Khaly Amar FALL, fondateur de l’université de Pire et autre Ahmed BABA et que la révolution Tooroodo de Thierno Souleymane BAAL de 1776 a réussi à préserver en la purgeant de l’érosion dont il commençait à être victime.

La génération des Cheikhs comme Ahmadou Bamba, Elhadj Malick SY, Elhadj Abdoulaye NIASS, Seydina Limamou LAYE et autre Cheikhna Cheikh Saadbouh aura eu le mérite de le réadapter dans un contexte colonial où la mitraillette à manivelle avait fini d’annihiler les projets des successeurs de Cheikh