Visite de la grande institut Khadimou Rassoul aux Etats-Unis à Atlanta.

Selon une tradition initiée depuis maintenant plus d'une décennie, les mourides de la ville de Saint-Louis (Missouri, États-Unis) célèbrent, à l'instar de sa ville homonyme du Sénégal, les deux célèbres rakkas effectuées par Cheikh A. Bamba, le 5 Septembre 1895, dans la Gouvernance de Saint-Louis. Saint-Louis du Missouri fut fondé, à l'instar de sa ville jumelle du Sénégal, par des commerçants et colons français, au bord de l'eau, sur le confluent des rivières du Missouri et du Mississippi.

L'édition de cette année, à laquelle nous eûmes la chance de participer, eut une innovation de taille. En effet, pour la première fois depuis 13 ans, le Dahira Mawâhibul Rahmân de Saint-Louis, en collaboration avec MAJALIS, intégra dans les activités du Magal une dimension scientifique et académique importante, destinée surtout aux étudiants et citoyens américains conviés à l'événement. C'est ainsi que, dans la suite logique de la Conférence internationale organisée un an auparavant (11 Septembre 2015) par MAJALIS à l'Université Columbia de New York, l'Exposition Internationale sur la Non-Violence en Islam, ayant pour thème « Cheikh A. Bamba : Un Artisan Musulman de la Paix » fut présentée durant la matinée aux étudiants de l'Université Washington de Saint-Louis (WashU). Accompagnée du Professeur Samba Diallo, la vingtaine d'étudiants américains invitée aux 2 Rakkas de cette année fut gratifiée, pour la première fois de leur vie, d'une présentation de la biographie et des enseignements pacifiques du Serviteur du Prophète et de la Mouridiya.

A la suite de cette présentation hautement appréciée des différentes planches de l'exposition (une cinquantaine, au complet), par le dynamique et brillant Djiby Diagne, représentant MAJALIS aux USA, une conférence en anglais sur le thème « Sufi theology and the roots Les of non-violence in Ahmadu Bamba’s thought and Practices » fut donnée par Cheikh Anta Babou, professeur d'histoire à l'Université de Pennsylvanie et éminent chercheur sur la Mouridiya. Un exposé, modéré par S. Bamba Seck du Dahira d'Atlanta, qui fut suivi d'une séance de questions/réponses avec les étudiants de WashU. La soirée fut, quant à elle, consacrée aux allocutions et conférences habituelles en wolof, assurées par des conférenciers de renom, tels S. Affé Niang, S. Fallou Bousso Tamba, S. Saliou Sow, S. Ndiaga Diop et moi-même, destinées au public sénégalais convié tous les ans à l'événement.

Au lendemain de cet inédit Magal des « Niari Rakkas » de la ville de « Ndar » des États Unis, j'eus l'honneur d'être invité à l'Université Washington de Saint-Louis par mon ami et frère, Samba Diallo. Le Professeur El Hadji Samba Amadou Diallo, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est docteur en anthropologie sociale et historique de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) et est chargé d'enseignement à Washington University de Saint-Louis, plus précisément au Département des études africaines et afro-américaines. Originaire de la famille Sy de Tivaouane, il y poursuit depuis ses recherches sur la Tijāniyya en Afrique du Nord, de l'Ouest et dans la diaspora (plus particulièrement aux États-Unis d'Amérique).

L'Université Washington de St-Louis (Washington University in St. Louis) dans laquelle enseigne Samba est fondée il y a plus de 150 ans (en 1853). Elle est classée 14e des universités américaines (30e au niveau mondial) et est la 7e université la plus sélective des États-Unis (selon U.S. News & World Report). Avec 22 prix Nobel sortis de ses rangs, cette prestigieuse institution privée abrite plus de 14.000 étudiants.

J'eus l'insigne privilège, sur proposition du Professeur Diallo, de me rendre dans la classe qu'il dirige pour présenter à ses étudiants notre organisation MAJALIS, ses différents projets et activités dans le monde. Une présentation qui fut l'occasion, surtout à la suite des nombreuses questions très pertinentes posées par les étudiants, de mieux leur exposer la valeur des enseignements de ce grand maître soufi que fut Cheikh A. Bamba. De même que l'importance de ces enseignements pour une culture de la paix dans le monde et une coexistence apaisée entre l'Islam et les autres civilisations. Le déroulement (« exciting », comme ils disent) de la séance, la grande curiosité et l'étonnement manifestés par les étudiants, dont la plupart avouèrent n'avoir jamais entendu parler d'une approche si singulière du « Jihad » et d'autres concepts islamiques galvaudés, surtout dans leurs grands médias, nous raffermirent dans la conviction que seul un dialogue éclairé, tolérant et approfondi, mettant en exergue les valeurs d'éthique et de spiritualité de l'Islam, telles qu'enseignées par Cheikh A. Bamba, peut combattre les clichés et réduire les fossés. Cet intérêt des étudiants nous sembla en outre, au Pr Diallo et à moi, présager de l'éventualité que certains d'entre eux puissent être tentés d'approfondir leurs recherches sur le sujet à travers des thèses (sur lesquelles MAJALIS serait très heureux d'apporter ses matériaux et son assistance).

Après ce « cours inaugural » impromptu sur Serigne Touba, j'ai pu visiter différents départements de l'Université Washington, dont le « African and African American Studies » et l'une des 14 bibliothèques de l'Université (qui ne comptent pas moins de 4,2 million de volumes !). Ayant toujours été impressionné par l'attachement de ce pays à la science et à l'éducation, de même que les moyens immenses qu'il y consacre, j'éprouve toujours un certain pincement au cœur en visitant leurs universités, comparé surtout à notre système éducatif comateux (quoique je sache que cette hyper-puissance, en tant que pays-continent, ne puisse valablement être comparée à notre pays). Je comprends aussi davantage, quoique ne l'acceptant pas totalement (car opposé, par principe, à la « fuite des cerveaux »), le choix de plus en plus de compatriotes de vivre dans un tel environnement académique et matériel dont les possibilités, sur tous les plans, n'ont apparemment rien à voir avec les nôtres. Surtout en rapport avec la médiocrité sans nom de notre leadership en matière éducative et l'archaïsme inouï de nos moyens et dispositifs actuels :-( En me rendant compte, par exemple, que le budget de la seule Université Washington de Saint Louis, que je venais de visiter, avoisine les 4200 milliards CFA (soit 1200 milliards de plus que le budget du Sénégal !), je mesure amèrement l'écart incommensurable qui nous sépare des pays plus développés...

Moralité : Il nous faudra beaucoup travailler, mieux travailler, moins parler, mieux croire en Dieu et en nous-mêmes. Comme le fit exactement Serigne Touba à Saint-Louis il y a 130 ans.

C'est-à-dire : In Allah we trust!

Cet enfant est dans un daara d'école coranique Khidmatoul Khadim Mame bara Mbacké. Il a été envoyé au Sénégal par ses parents vivant aux Etats-Unis après sa naissance pour qu'il apprenne le Saint coran. Malgré son jeune âge, ce "ndongo daara" est bien conscient du travail qu'on attend de lui une fois retournée chez lui aux Etats-Unis. En plus, il a des projets grandioses qu'il aimerait réaliser si DIEU  le veut pour la bonne marche du mouridisme au pays de l'Oncle Sam.

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