Le mouridisme est basé sur une doctrine clair et concise qui donne lieu, notamment, à des recommandations et à des prescriptions. Son fondateur lui-même, en l'occurrence Cheikh Ahmadou Bamba, nous enseigne à travers ses écrits les caractéristiques qui permettent d'identifier le mouride véridique.

Dans le texte, le Cheikh notifie que le disciple doit éprouver envers son guide spirituel un amour permanent et sincère. Il faut noter que cet amour est le parchemin qui guidera les pas du disciple dans le sentier qui mène au Seigneur; par conséquent il lui faudra s'assurer à tout moment de la véracité de ce lien sentimental. Le Cheikh ajoute qu'en plus de cet amour sincère et permanent, le mouride doit à son guide spirituel une obéissance immédiate et inconditionnelle à tout instant, peu importe les circonstances ou la finalité; ceci même si sa vie en dépend.

Cette déontologie doit avoir comme fondement une confiance inébranlable du disciple en son marabout. Cheikhoul Khadim nous dit également qu'il est formellement interdit au disciple mouride de s'opposer à la volonté de son guide spirituel, que cela soit secrètement ou ouvertement. Dès lors, il faut faire très attention aux idéologies externes qui infiltrent nos sociétés et qui œuvrent pour la disparition de toute forme d'autorité. La reconnaissance de l'autorité du guide spirituel est ce qui confirme le statut du mouridoulahi.

Par Serigne Khadim Gaydel Lô

Extrait de l'émission Maktabatus Sheikhul Khadim de Serigne Pape Assane Diouf avec Serigne Assane DIAW Enseignant ,Chercheur  avec le thème Les fondamentaux d'un disciple Mouride.

Le 4 octobre dernier prenait fin la semaine culturelle organisée par le Collectif des Mourides de France, l’une des structures de la diaspora sénégalaise d’obédience mouride. La murîdiyyaou « mouridisme », confrérie soufie du sunnisme négro-africain, naît au XIXes dans le contexte d’une conversion massive à l’islam des Wolofs, ethnie qui représente aujourd’hui près de la moitié des Sénégalais. Les mourides, majoritairement wolofs, constituent aujourd’hui un tiers de la population d’un pays musulman à 90 %. Ils se réclament d’un guide spirituel commun, d’un marabout, le « khalife » mouride, descendant direct du fondateur de la confrérie, Amadou Bamba, qu’ils révèrent comme un saint (walî). En principe, l’islam est une religion qui ne suppose aucun intermédiaire entre Dieu et ses créatures. Historiquement néanmoins, l’ascétisme (zuhd) y apparaît dès la fin VIIesiècle – avec notamment les premières agglomérations monastiques au VIIIe à Abbadân en Irak – et conduit à partir du Xe siècle au culte des saints. Le phénomène du maraboutisme en est l’expression en Afrique blanche et, comme ici, dans l’Afrique subsaharienne. La caractéristique du mouridisme est d’être né à la faveur de la conjonction de deux phénomènes a priori distincts : d’une part, le contexte sociopolitique né de la colonisation du Sénégal, de l’autre, l’expérience mystique, d’abord individuelle, d’un homme qui, très vite, se signalera à l’attention des fidèles par sa piété, sa science et ses œuvres.

Un message subversif pour le colonisateur

Ahmadou Bamba, de son nom arabisé Ahmad Ibn Muhammad Ibn Habîb Allâh, dit « Khâdim al-Rasûl » (« Serviteur du Prophète »), sera arrêté et exilé à deux reprises par les autorités coloniales françaises sur la base de simples présomptions de « guerre sainte. » Il passera ainsi près de douze années de sa vie en exil (de 1894 à 1902, puis de 1902 à 1906). Pourtant, le rapport de l’administrateur colonial Valzi, peu soupçonnable de complaisance, le décrit comme étant « un homme de rêve, un ascète perdu dans ses contemplations »… Son « attitude, ses agissements, et surtout ceux de ses principaux élèves » étaient néanmoins jugés suspects par le pouvoir colonial qui ne pouvait « tolérer un Etat dans l’Etat », et qui s’inquiétait du nombre impressionnant d’offrandes et de visites que le marabout recevait. Ahmadou Bamba a été, en effet, à son corps défendant, « érigé en représentant du sentiment de l’ancienne indépendance. » Le succès de la tarîqa(confrérie) qu’il avait fondée sur la base de la qâdiriyya – confrérie née en Iran au XIesiècle – avait en effet pris une coloration nettement nationaliste dans cette partie de l’Afrique-Occidentale française. Sans s’en rendre compte, il avait exprimé les conditions sociales et les besoins de son époque. Le rapport au monde qu’il proposait, à travers sa vie exemplaire, répondait à une tension, à une crise : la destruction de la société traditionnelle et l’effritement de ses valeurs. Si son message – la réhabilitation de l’islam – a pu être perçu comme « subversif » pour le colonialisme d’alors, c’est parce qu’il venait offrir un facteur de résistance et de cohésion sociale à des groupements négro-africains ébranlés par le choc de la pénétration européenne. Son jihâdpourtant était celui des mystiques : « Maintenant, mes amis, il faut faire la guerre sainte aux âmes » écrit-il dans son Maghâliq al-nîrân(« Les clefs qui ferment l’Enfer [et ouvrent le Paradis] »), l’une des quelques vingt brochures qu’il a rédigées, aux cotés de La barque de la confiance ou des Jardins de la vertu, notamment. On lui doit également plus de 20.000 vers, également en langue arabe, à la gloire de Dieu et à la louange de Son Prophète. 

Source : www.afrik.com

 Publié le 07 novembre 201

Par Seyfeddine Ben Mansour

Bilal , un Américain Mouride affirme en présence de Serigne Mame Mor Mbacké avoir obtenu l'aide de Serigne Touba en rêve pour la traduction du khassaide de Serigne Touba, Mawahibou Nafih en Anglais.

 

 

Source : Tooubainfos

De 1927 jusqu’à présent, l’on peut dire que le yoonu mouride (Mouridiyya) connait de profondes transformations. Qu’il s’agisse de la voie en tant que telle, ou de Touba comme expression de la réussite mouride , l'on dirait que les mourides baignent dans une exceptionnalité brillante à travers un parcours brillant. Les mourides ou les sympathisants « mourides » sont devenus plus nombreux, plus visibles, plus présents et aussi très audibles. La chose « mouride» est devenu un état de fait. Aimons-nous bien à dire juuma ji agg na (le projet de la grande mosquée est devenu une réalité), ndox mi walna (l’eau coule à flot) , xaliss bi barina ( l’argent circule), barké bi yokuna ( la baraka a atteint un haut niveau), keur Serigne Touba yi amna fepp ( les maisons-centre dits keur Serigne Touba existent presque partout dans le monde), mboolo mi funé lanuy bayiko ( les gens viennent de partout) qacida yi ngi jokk ca kaw ( les qacida sont audibles de partout ), Serigne Touba daal amul moroom ( Serigne Touba est hors norme) !

En résumé, voilà la mémoire mouride c'est-à-dire une mise en scène à travers un parcours dans lequel l’artisan ou ses artisans et l’œuvre sont profondément liés. En effet, à travers l’esprit imaan (foi) , islam ( l’action) ou l’ihsaan ( la perfection) dont Serigne Touba dit qu’il constitue l’esprit de la voie mouride , alors que dire ou penser des autres esprits ? On dirait qu’une séquence s’achève sans doute autour de l’esprit de la voie mouride : une nouvelle séquence s’ouvre avec de nouveaux esprits. Dans le jeu des formes, des dynamiques, des positions, des discours, l’on assiste ainsi à ce qui peut bien apparaitre comme une rupture essentielle dans la voie mouride. On aime bien écrire ou célébrer nos réussites, nos victoires, mais nous avons aussi l’habitude de repousser au loin nos tares, nos manquements. On dirait que la culture du Moi est entrainer de nous dominer, de prendre le dessus sur nous. Alors en faisant un retour critique sur les conditions d’existence de ce legs (voie mouride), nos histoires, nos paroles, nos comportements, l’on est tenté parfois même de dire que nous sommes encore loin de l’esprit de Serigne Touba. On dirait que cette voie se divise en deux parties ou en plusieurs parties ? Cela peut paraitre vrai, mais sachons la cause n’est rien d’autre que l’existence ou la survivance de certains esprits. Chacun d’eux à ses propres pratiques, un but ou des objectifs. Ils se projettent, investissent toutes les parties de la voie tout en remodelant ou essaient de remodeler l’esprit de la voie. Leurs comportement sont révélateurs des transformations de la voie mouride et son esprit. Qui sont-ils ?

- L’esprit famille

- L’esprit intellectuel

- L’esprit ceddo

- L’esprit politicien

- L’esprit partisan

- L’esprit rural

- L’esprit urbain

- L’esprit serigne-lamb

- L’esprit moderne

- L’esprit territoire

- L’esprit monde

L’esprit mouride (imaan, islam et ihsaan) est entrain d’être régenté par ces esprits. Alors, où se situe le degré de leurs implications dans le fonctionnement de la voie. Sont-ils d’un apport négatif ou positif ? Je reviendrai sur chaque esprit et son impact dans nos comportements. Ce qu’on peut retenir juste c’est qu’avec ces esprits, un nouveau type de mouride ( NTM) est entrain de naître loin de l’idée que Serigne Touba se faisait du mouride. Ce qu'on pourrait appeler murid gu yees gi. Ce nouveau type de mouride a pour matériau le bas-monde, celui-ci constitue en lui une dimension importante. Ainsi, le chercheur en quête de codes nécessaires pour déchiffrer la cosmologie actuelle de la voie mouride se doit de prendre le bas-monde en considération. Celui-ci fonde maintenant notre imaginaire, il en constitue le plus important noyau, son podium d’excellence. Et cet imaginaire, qui s’exprime en termes de réussite. Dans cet imaginaire, la voie mouride est vue comme une voie de succès. C’est pourquoi l’on ne doit pas s’étonner que beaucoup de figures du succès mondain c'est-à-dire les musiciens, les joueurs de foot, les lutteurs, les politiciens se réclament de la voie mouride.

Ce sont ces stars qui représentent la réussite sociale, qui règnent et peuvent exhiber leur succès comme le ferait un serigne-lamb (esprit marabout lamb) devant un public surexcité composé essentiellement de jeunes urbains en manque parfois de repère (esprit urbain). S’exhiber, consommer, jouir de façon ostentatoire, tout ce par quoi la réussite sociale s’extériorise et qui permet de prendre la mesure du pouvoir et du prestige. Il n'existe presque aucun espace de la voie ( Mouridiyya) qui ne soit pénétré par le fun. Presque maintenant tout est fun. Et même l'on peut dire que toute représentation de l'imaginaire du (NTM) est créé autour de lui. Ainsi, l'esprit imaan, islam , ihsaan , le crédo de l'esprit mouride sortira-t-il indemne de sa confrontation avec tous ses esprits.

Mouhammadou Moustapha Diop

Extraits du nouveau et excellent livre AFROTOPIA (Editions Philippe Rey, 2016, pp. 83-87) de Felwine Sarr, écrivain, universitaire et agrégé d’économie enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Une analyse puissante qui remet en cause près d’un siècle de postulats matérialistes de la recherche officielle sur la doctrine du travail des mourides dont les motivations furent très souvent assimilées et abusivement réduites, par les chercheurs en sciences sociales, « à la soumission féodale du serf à son seigneur au cours du Moyen-Âge européen » ou au fameux paradigme de « l’exploitation de l’homme par l’homme ». S’inscrivant en faux contre ces préjugés unilatéraux tenaces, Felwine semble nous offrir ici d’autres grilles de lecture du sens du « travail » chez les mourides ; signification ancrée dans une profonde spiritualité qui transcende, sans la nier, les autres dimensions matérielles de la « Khidma ». Un livre à lire absolument.

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Dans le but de décrypter les ressorts profonds de l'agir économique, anthropologues, sociologues et chercheurs en sciences sociales et humaines [1] s'intéressant au continent africain ont souligné que dans cette aire géographique, les objets, biens et services, circulent dans une économie relationnelle qui accorde le primat aux relations interpersonnelles et intercommunautaires [2]. Cette économie qualifiée par Maurice Obadia [3] d'économie relationnelle semble être le déterminant le plus puissant des échanges et la charpente de l'économie matérielle. Ce schéma explicatif, bien que devant être mieux étayé empiriquement, mérite que l’on s'y arrête.

Maurice Obadia définit l'économie relationnelle comme se fondant sur la production et l’échange de relations authentiques. Cette économie est première et précède l'économie matérielle. La relation est un lien qu'établissent volontairement des individus entre eux, soit avec des structures matérielles particulières, indépendamment de la valeur marchande de ces dernières (par exemple, l'attachement ou l’aversion qu'un individu peut porter à un objet, un être, un lieu). Toutes les gammes de relations positives ou négatives que les individus peuvent construire entre eux, produire, échanger, pérenniser au fil du temps en dehors de toute considération et intérêt matériel véritable constituent le substrat de l'économie relationnelle. Le tissu relationnel interne et externe ainsi constitué acquiert une qualité et une force telles qu'il constitue une valeur en lui-même, ne nécessitant pas la présence impérative du matériel pour exister et capable de fonctionner en dehors des déterminants de l'économie classique. L'argent peut en être une conséquence, il n'en est pas l'objectif. Cette économie relationnelle peut être à la base d'une intelligence collective au sein d'une communauté (groupe, entreprise, coopérative de paysans) et être créatrice de plus-value. Aussi, toute création de richesse suppose une interaction avec cette économie. L'économie matérielle et relationnelle peuvent se nourrir mutuellement à condition qu'elles aient conscience qu'aucune des deux n'est l'objectif de l'autre et qu'elles reconnaissent leurs territoires respectifs, ainsi que les règles de fonctionnement de l'une et de l'autre. Aussi l'objectif de l'économie relationnelle est de produire des relations de qualité entre les individus [4], relations qui constituent en elles-mêmes des valeurs.

L'exemple des mourides au Sénégal peut illustrer les liens entre économie relationnelle et économie matérielle. La première apparaissant comme la charpente de la seconde. Les mourides sont une confrérie soufie du Sénégal dont le fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), mena une résistance culturelle pacifique à la colonisation, s'appuyant sur des valeurs de l'islam réinterprétées par les cultures négro-africaines. Dans cette communauté, il existe une culture du travail, que certains ont pu comparer à celle provenant de l'éthique protestante analysée par Max Weber [5]. Celle-ci se fonde sur un hadith (dit) du prophète Mohamed repris par le guide spirituel de la confrérie qui s'énonce comme suit : «travaille pour cette vie comme si tu devais être éternel et pour l’au-delà comme si tu devais mourir demain», et sur diverses recommandations du fondateur de la confrérie que l’on retrouve dans ses sermons/poèmes : «Je vous recommande deux choses et ne leur associez pas une troisième : c’est le travail et l’adoration de Dieu. Ainsi obtiendrez-vous la quiétude... » Il existe, dans cette communauté, une culture du travail et de l’effort, certes, mais également de l'engagement, du don de soi, et de l’obéissance aux ndigëls, qui sont les prescriptions du guide spirituel de la communauté. Ce dernier est capable de mobiliser une importante force de travail gratuite pour différents travaux d'intérêt communautaire, par exemple aménager une forêt de 45 000 hectares à des fins de production agricole. Aussi, l'essentiel des interactions économiques se fonde sur les liens qui unissent les membres de cette confraternité. Nous avons, ici, l'exemple d'une économie matérielle florissante, dont le principal déterminant est l'économie relationnelle. Celle-ci se caractérise par l’existence d'une solidarité intra-confrérique qui permet de réaliser les opérations économiques de base en minimisant les coûts de transaction, les relations étant fondées sur la confiance et le respect de la parole donnée. Ainsi il existe, entre les membres de cette communauté, un système de transferts de fonds par compensation, lorsque ces derniers sont en voyage d'affaires, évitant ainsi les coûts du système bancaire classique, l'établissement de réseaux économiques et de solidarités, une tradition de mise à disposition d'un capital sans coût lors du démarrage d'une activité économique ainsi que des facilités de remboursement. Les commerçants mourides occupent l'essentiel du secteur de l'économie informelle du Sénégal, notamment dans le commerce, le bâtiment, le transport, le textile, la transformation, etc. Leur réussite sociale et économique s'explique par une très grande solidarité caractérisée par un idéal commun et une conviction d’appartenance à une communauté. Cette économie populaire fondée sur des valeurs socioculturelles et religieuses que partage un groupe est dynamique et permet à cette communauté de contrôler des pans entiers de l’économie dite informelle au Sénégal [6] qui emploie 60 % de la population active et représente 54,2 % du PIB. La ville de Touba, siège de la confrérie, est la deuxième ville du Sénégal de par son poids démographique et économique.

Dans l'exemple qui précède, il s'agit de préserver les fondements de cette économie relationnelle, en évitant d'y transposer les mécanismes de l'économie classique. Selon Obadia, la culture de l'économie classique peut influencer négativement l'économie relationnelle et aboutir, chez ceux qui calculent leur production relationnelle au coût minimum à la construction d'une économie de la relation négative [7]. Une articulation féconde entre économie et culture passerait par un meilleur ancrage des économies africaines dans les valeurs dynamiques de leurs sociocultures. Celui-ci ne pourrait se faire qu'en limitant la toute-puissance de l'économie; en lui assignant un respect strict de ses fonctions et de son rôle d'ordre technique explorant les savoirs et savoir-faire liés à l'allocation des ressources et à la production de biens économiques. Ainsi, en confiant la production de valeurs de significations à la culture, celle-ci devient productrice des mythes régulateurs et ordonnateurs de l'aventure sociale. La capacité à se réapproprier son futur et à inventer ses propres téléologies, à ordonner ses valeurs, à trouver un équilibre harmonieux entre les différentes dimensions de l'existence, dépendra de la capacité des cultures africaines à se concevoir comme des projets assumant le présent et l'avenir et ayant pour but de promouvoir la liberté dans toutes ses expressions [8]. Dans cette perspective, une articulation féconde entre économie et culture passerait par l'assignation de chaque ordre à la finalité pour laquelle il est le plus efficient.

NOTES:

Pour commander AFROTOPIA en ligne : https://www.amazon.fr/Afrotopia-Felwine-Sarr/dp/284876502X (Prix 15 Euros, Pages 160).

 

Qui est mouride sadikh et qui ne l'est pas ? Par Serigne Abdou Rahmane Mbacké

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