La place Faidherbe et ses alentours vibrent, ce matin, au rythme du radjas de groupes de Baye FALL. Des « xassaides » sont déclamés partout dans l’ile au moment où des milliers de pèlerins rallient la ville tricentenaire. Ce matin, une forte affluence a été notée à la cave où Cheikh Ahmadou Bamba MBACKE a été gardé avant le conseil privé du 05 septembre 1895, devant la colonialiste blanc. Vivez l’ambiance …

Serigne Abdoulaye Diop Bichri Goudi Mawlid a Khourou Mbacké`

Serigne Ganna Messere a été l invité sur la chaine sénégalaise Touba Tv.

 

La politique de décentralisation consiste à mettre en place un processus de transfert des compétences ou des ressources vers des entités locales distinctes. Il s’agit donc d’un mouvement du centre vers la périphérie, de la capitale vers les localités aussi lointaines soient-elles. Il s’agit d’un concept communément connu dans la sphère étatique et dont son évocation renvierait aux fameux Actes 1,2 et 3 de la décentralisation.

Mais l’histoire et la pratique ont démontré, non seulement, le fait que cette notion n’est pas propre à l’Etat, mais bien au contraire, que toute personne physique ou morale, centre de décisions touchant des populations qui se trouveraient dans différents parages, pourrait procéder à une décentralisation de ses pouvoirs de décisions vers d’autres entités qui seraient plus proches de ces populations. Pour ainsi faciliter et permettre une meilleure prise de décision conformément aux besoins et attentes des concernés. C’est exactement ce que Serigne Touba avait compris et appliqué plus d’un siècle avant l’apparition du fameux Acte 1 de la décentralisation en France en 1982. Pour concrétiser cette politique de décentralisation, Serigne Touba s’est, dans un premier temps, focalisé sur un préalable sine qua non, qui consiste à changer radicalement le système éducatif de cette époque qu’il jugeait obsolète et non conforme à son objectif. Il a ainsi jeté ce système aux orties pour ensuite, adopter ce préalable incarné par une méthode qui lui a permis de former des véritables leaders, en inculquant sur eux – et par lui-même- toutes les qualités qu’un dirigent aurait besoin pour être à la hauteur de la mission qui lui serait confiée. Ayant compris les attentes considérables dans un avenir proche, causées par un afflux des talibés, il a, dans un premier temps, tout centralisé sur lui en faisant de ses disciples des musulmans exemplaires qui amassent le travail et l’adoration de Dieu, sans manquer à leurs devoirs envers leurs semblables. Et toute cette formation a comme base le savoir et la dévotion ; cette dernière (la dévotion) englobe le culte et le travail. Serigne Touba avait ainsi bien compris les enjeux et les avait pris très au sérieux, chose qui l’a poussé à adopter cette politique de décentralisation en commençant, avant toute, par se doter d’une ressource humaine de très haute qualité tels que Mame Thierno, Serigne MBacke Bousso ou encore Serigne Dame Abdou Rahmane Lô, pour pouvoir ensuite, mettre en exécution son programme de décentralisation vers ses compagnons et empêcher un engorgement des talibés sur le centre qu’il incarnait lui-même. Apres une formation complète et aguerrie de ces hommes, il a ainsi envoyé Mame Thierno, en 1912, à 28 kilomètres de Touba (Darou Mouhty) avec une mission précise ; Serigne Mbacke Bousso, en 1918, à 2 kilomètres de la Grande mosquée de Touba (Guédé) avec une mission propre à lui, et Serigne Dame Abdou Rahmane Lô à Ndam chargé d’enseigner tout ce qui est apprentissage du coran. Etc.

Mais la question qui se pose aujourd’hui c’est de savoir si, avec la croissance considérable de la ville de Touba et ses périphéries, avec une augmentation quantitative innombrable des mourides, sommes-nous conscients de l’immense responsabilité qui nous incombe? Sommes-nous au courant de cette politique de décentralisation que notre guide avait adoptée pour mieux affronter les défis de son époque ? Notre non-conscience de l’immense responsabilité qui nous incombe vis-à-vis de l’avenir de Touba et des talibés, fait que, même si des traces de cette politique de décentralisation sont, quelque part, repérées, elle (la politique de décentralisation initiée par Serigne Touba) reste partielle et ressemble plus à un partage de gâteau, car dépourvue de toute substance. Notre cher guide privilégiait dans sa politique de décentralisation, la compétence de ses disciples. Il choisissait ses « généraux » selon leur compétence et leur dévouement. Personne ne conteste les compétences – en guise d’exemple – de Mame Thiérno ou de Serigne Mbacké Bousso : Brom Darou, son immense attachement aux principes et valeurs islamiques, sa capacité d’éduquer et d’enseigner, son attachement sans faille au travail et à l’adoration de Dieu, font que Serigne Touba lui avait confié ses enfants, sa famille et la gestion même des affaires lors de son exil. Un travail qu’il a accompli loyalement jusqu’au retour de son guide et grand frère. Serigne Mbacké Bousso, homme de science, un érudit incontestable, poète et écrivain affiné, qui a su démontrer que la science est au cœur du Mouridisme. Un des plus grands astronomes que le monde ait jamais connu et sur qui Cheikh Anta Diop a fait un excellant témoignage pour son immense savoir en la matière. Il est formé par Bamba et a excellemment accompli sa mission car nul ne doute de ses dons extraordinaires d’écrivain et de son leadership. Chose qui l’a poussé à s’ériger en fin diplomate pour endiguer, à travers ses écris, tout malentendu entre Cheikh Ahmadou Bamba et l’administration coloniale durant de son exil. La méthode que Serigne Touba avait adoptée pour avoir cette ressource humaine de très haute qualité n’est ignorée de personne. Il ne s’agit pas d’une baguette magique tombée du ciel, mais plutôt un travail bien structuré qu’il a formellement pérennisé en l’inscrivant presque partout dans ses écris auxquels tout guide dévoué peut s’y référer pour l’éducation de ses Hommes et avoir des résultats identiques, comme ceux des grands disciples du Cheikh précédemment cités. Il (le Cheikh) disposait à son époque beaucoup moins d’outils que l’on dispose aujourd’hui pour bien accomplir sa mission. Etant une époque coloniale où tout était difficile, l’islam était l’ennemi du système colonial, l’accès aux ouvrages était tellement difficile par manque de moyens de transport etc., mais malgré cela, le Cheikh a réussi, en produisant des musulmans exemplaires et des mourides « sâdikh ». De nos jours, malgré la disponibilité de tout, on est déficitaire en tout.

On ne produit plus des musulmans exemplaires encore moins des mourides « sadikh ». Ceci a comme conséquence, l’inconscience totale de nos défis actuels et futurs en occultant notre passé ainsi que le chemin privilégié par Serigne Touba (la méthode et la politique de Serigne Touba en matière d’éducation et de travail). Cette politique de décentralisation, qui est loin d’être une politique expansionniste, est tombée aux oubliettes jetées aux orties. Nous avons dit précédemment que cela ressemblerait le plus à un partage de gâteaux qu’à une politique de décentralisation car les affaires sont réparties non pas en privilégiant la compétence ou le mérite, mais bien au contraire, en tenant compte à des appartenances familiales et des clivages de « sama talibé ». Et ce qui pose problème aussi c’est qu’une fois la mission confiée, il n’existe aucun élément de contrôle en cas de disfonctionnement. Cette confiance devient à vie, même s’il y a échec manifeste de l’objet de la mission. L’exemple le plus vivant de ce manque de conscience et de politique de décentralisation, c’est l’état actuel des quartiers périphériques de Touba. Des populations qui, par leur amour à Serigne Touba et par un sentiment du devoir de s’approcher à leur Guide, pour ainsi mieux accomplir leur mission d’ici-bas et de l’au-delà, décident de tout quitter : leur village natal, les terres de leurs ancêtres qu’ils habitaient et cultivaient pour gagner dignement leur vie. Tout en espérant trouver un meilleur avenir près de Bamba. Une fois sur place, ces populations vivent le calvaire, leur rêve devient un cauchemar, mais cela n’empêche qu’ils gardent toujours l’espoir en faisant confiance à leur Guide Serigne Touba. Ils manquent de tout, même les plus élémentaires pour vivre : de l’eau, des sanitaires, d’électricité et la liste est loin d’être exhaustive.

Ils leur manque même d’école coranique pour aprendre leur religion, ce qui est inimaginable dans une ville comme Touba. Cette situation était prévue par Serigne Touba, en choisissant de décentraliser le système, c’est-à-dire, former des « élites » et les envoyer dans de différentes localités pour, d’une part, permettre aux talibés, à travers ses « Dieuwrines » (ses généraux), de bénéficier de la même éducation que ceux qui sont près de lui, et d’autre part, empêcher un probable exode rural qui pourrait créer un engorgement au centre. C’est en ce moment même que le Khalife général Serigne Mountakha (que Dieu l’assiste) s’apprête à doter Touba d’un système éducatif conséquent et complet. Une initiative qui est salutaire et répondrait, d’une part, à une partie importante des demandes tant attendues. Mais ayant manqué l’occasion de contenir ces populations dans leurs villages respectifs, ayant manqué à la responsabilité de les mettre, une fois installées dans la Ville sainte, dans des conditions nécessaires pour vivre, ne serait-il pas temps de penser à mettre en place ce même système de politique de décentralisation que Serigne Touba avait adoptée pour Guédé, Darou, Ndam ou encore Ndindi…, au bénéfice de ces quartiers périphériques ? Oubli ? Inconscience ? Négligence ? Ou simple indifférence ? La réponse incombe à tous et à chacun de la faire.

Cheikh Ahmadou Bamba Bousso

(Cheikhouna) Bordeaux (France)

L’affection immense et inconditionnel que Serigne Touba ressentait envers le Prophète Mohamed (psl) l’a conduit à un stade où il n’a point d’égal concernant tout ce qui se rapporte, de près ou de loin, en bien, à la meilleure de créatures. C’est cet amour spirituel qui animait fortement la volonté du Cheikh, à ses débuts, d’aller vivre à Médine près du tombeau de son bien aimé, mais la mission dont il fut investi, l’a poussé à rester. Dans son poème connu sous le nom de « Ra’iya », il évoque d’ailleurs cet épisode de sa vie comme suit : « Il a empêché mon corps de lui rendre visite mais ma langue et mon cœur lui rendent visite en permanence ».

S’il est vrai que Anas, Hassan, Ka’ab, Bousseyri (RA) ont écrit des vers élogieux à l’endroit de l’être le plus pur, il n’en demeure pas moins que Khadimou Rassoul n’eut pas d’équivalent en matière de lyrisme prophétique. D’ailleurs, le Maître de Touba et de Darou Salam le confirme dans « Muhammadiyal Habib » : « Le pouvoir du Très-Haut, l’Eternel, le Préexistant a fait de moi le meilleur des serviteurs pour le Prophète dont les bienfaits sont éternels. »

Cet affection qui l’a conduit à un rang suprême de Serviteur Privilégié, lui a aussi conféré une parfaite connaissance du Prophète Mohamed (psl) sur tous les plans, et cela mieux que quiconque. Ainsi notre vénéré maître Cheikhoul Khadim a développé dans ses écrits, des facettes du Prophètes Mohamed (psl), qui ont toujours été un mystère pour les peuples qui n’ont pu côtoyer physiquement ce messager, investi d’une mission universelle, notamment dans Djazbul Qulob, où il fait de lui une présentation physique extraordinaire en ces termes :

« Khad kana za tawassuti fil khaddi jalis sututi ; Walam yakun bil mufrati walam yakun bi adami » : Il est de taille moyenne, de constitution manifestement harmonieuse, il n’était pas de corpulence excessive et n’était ni brun, ni blanc.

« Yaftarru fi asnab tisan kal barkhi aw habbil khaman ; Wa dah kuhu yajluz zaman kasurujun fi zulami » : Il laissait échapper un sourire dont l’éclat était comme un éclair dans un grain de nuage et son sourire dissipait les ténèbres, tels des flambeaux dans les obscurités.

« Wawajhuhhu mudawwaru wahwa khamisun azharu ; Wahwa bahiyyun usmaru Murattilut takallumi » : Sa figure était ronde, il avait le ventre fin, il était radieux, splendide, d’un teint coloré, il articulait harmonieusement ses propos.

« Ka milu uznin ad’aju wa achnabu mufallaju ; Ka ach kalun mubtahiju walwajhu mahil khumami » : Il avait l’oreille parfaite, de beaux yeux, des dents très bien rangées, d’une blancheur éclatante, des incisives séparées avec élégance et un visage qui effaçait l’angoisse.

« Wa huwa akmalul wara khalqan wa khulqan zahara ; Wal mislu qattu lam yura wa lam yura fich chiyami » : Il est manifestement la plus parfaite des créatures, du point de vue physique et moral, jamais on n’a vu et point on ne verra son égal dans ses habitudes.

Serigne Khadim Gaydel Lô BOROM NDAME

 

C’est aujourd’hui à 17 heures que la communauté mouride célèbre à 17 heures, la 23ème édition du magal commémorant la prière de Serigne Touba Khadimou Rassoul sur l’Océan. Sur le Ndiguel de Cheikh Saliou Mbacké, khalife général des Mourides, la prière de ’’Takussan’’ .

 

’’Ils m’ont jeté sur la mer par refus de la volonté divine et par haine, mais le Généreux m’y a incontestablement comblé de sa grâce’’. ’’Ils ont voulu m’humilier en me jetant sur la mer, heureusement que mon Seigneur a dompté pour moi la plus houleuse des mers’’.

Voilà 122 ans, depuis que Serigne Touba ’’Khadimoul Moustapha’’ a prié sur l’Océan Atlantique. Ce jour-là, l’illustre ascendant de Cheikh Saliou Mbacké était sur la route de l’exil qui devait le mener au Gabon, une terre hostile qu’il finit par apprivoiser. Fort heureusement que les mourides ont choisi de se rappeler cette séquence historique extrêmement importante dans l’accomplissement de la destinée de Cheikh Ahmadou Bamba.

A travers le ’’Kuree fatali julig geejgi’’ ( comité d’organisation), il s’agit, au-delà de la commémoration à la face du monde de la prière que, sur la route de son exil au Gabon, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a effectué sur l’Océan Atlantique, ’’de raffermir la détermination à suivre l’exemple du Serviteur du Prophète (Psl)’’. Mais aussi de ’’renouveler notre gratitude au Miséricordieux d’avoir fait de nous des disciples de Cheikh Al Khadim’’.Et surtout de ’’propager l’œuvre de Serigne Touba, lui qui n’était venu sur terre que pour vivifier la parole du Tout-puissant’’.

122 ans après, les mourides s'en souviennent toujours

Le départ de Cheikh Ahmadou Bamba vers le Gabon marque un tournant dans l’histoire du mouridisme. Ainsi, chaque année depuis cette date, les fidèles talibés organisent une journée de commémoration. Plus d’un siècle après ce haut fait, les mourides se souviennent chaque année de cette prière faite par Serigne Touba dans l’océan Atlantique. Elle est commémorée sur la plage de Diamalaye. C’est là une façon pour eux de se rappeler cette séquence historique extrêmement importante dans l’accomplissement de la destinée de Cheikh Ahmadou Bamba. Et au-delà de la commémoration, il est question de montrer à la face du monde que la prière que le Cheikh a effectuée en mer ce jour-là, sur la route de son exil au Gabon, sort de l’ordinaire. Une façon aussi pour les mourides de «renouveler leur gratitude au Miséricordieux d’avoir fait d’eux des disciples de Cheikh Al Khadim». Et surtout de «propager l’œuvre de Serigne Touba, lui qui n’était venu sur terre que pour vivifier la parole du Tout-Puissant».

Serigne Ablaye Diop sur les paroles de Ahmed khalifa sur Serigne Touba (rta) .

 

Après un exil en Afrique central, Cheikh Ahmadou Bamba faisait son grand retour au pays, parmi les siens, emmenant avec lui des distinctions et privilèges que Dieu n'avait jamais accordé à une créature. Suite à son arrivée à la capitale sénégalaise de l'époque, Saint-Louis, Khadimou Rassoul pris la direction du sud pour regagner son fief dans le Baol. Il fit son premier escale à Ndame Sanôssi, lieu de résidence de l'un de ses grands disciples: Serigne Siré Lô. Sa venue à Sanôssi coïncidait avec le cinquième jour du mois de ramadan et le Cheikh avait initialement prévu d'y passer trois jours avant de continuer son chemin. Cependant, par le biais de l'ange Gabriel, Dieu lui dit de rester sur ces terres bénites de Ndame, sur lesquelles le Coran est vivifié comme nul part ailleurs, jusqu'à la fin du jeûne.

Le Cheikh appela Serigne Siré Lô et lui fit part de la bonne nouvelle. La joie et la reconnaissance de ce dernier fut si grande qu'il ne cessa d'exprimer sa gratitude à Serigne Touba. Par la baraka du Cheikh, Serigne Siré Lô parvint à assurer un festin royal à tous les hôtes durant l'intégralité du séjour, à l'heure de la rupture du jeûne.

Ainsi chaque jour, le menu était composé de chameaux, de bœufs, de moutons et de chèvres. Durant le séjour, l'ensemble des peuples de Ndame se sont retrouvé chez Serigne Siré à Sanôssi, comme ce fut le cas d'ailleurs avec d'autres grands disciples du Cheikh. La liesse et l'allégresse qui animait le quotidien de ces peuples, en cette période était inexplicable, Serigne Moussa Ka le dit par ailleurs dans ses écrits.

A la nuit de la destinée (leylatoul Qadr) Serigne Touba rassembla l'ensemble de mes aïeuls de Ndame et leur dit: "Rendez grâce à Dieu le Tout-Puissant car Il m'a fait savoir que vous (qui portez le nom "LÔ") et vos disciples n'aurait jamais à supporter les supplices de la tombe causés par les deux anges Mounkir et Nakir." Khadim Rassoul confirma ses propos le jour de la korité en leur disant: "Ô peuples des Ndames soyez heureux car les flammes de l'enfer ne vous verront jamais". D'ailleurs Serigne Moussa Ka en a fait un long récit dans lequel il atteste que leur fête de korité était plus agréable que le paradis...

Par Serigne Khadim Gaydel Lô

À tout instant, Cheikhoul Khadim s'est distingué par son dévouement perpétuel à l'enseignement de la science utile (celle qui inspire au savant la crainte de Dieu, le Créateur des serviteurs) qui se manifeste d'ailleurs par l’ouverture d’innombrables Daaras et surtout l’écriture de milliers de livres. Même lors de l’exil, il ne cessa de réitérer cet appel à l’éducation. Dans une lettre adressée à partir du Gabon à son frère Cheikh Ibra Faty, il insiste : « J’ai ordonné à tous ceux qui me suivent pour l’amour d’Allah le Très Haut le Généreux d’apprendre les principes de base, le tawhid, les lois de la pureté, la prière, le jeûne et autres obligations qui incombent à ceux qui en sont capables… ».

Même après les deux exils qui correspondent à un état de réalisation spirituelle totale, il continua tout de même à exercer ses premiers amours d’éducateur. C’est ainsi que dans un rapport d’espionnage concernant ses agissements, un administrateur colonial écrit objectivement : “ Le cheikh partage son temps entre la lecture, l’enseignement qu’il donne le plus souvent en plein air, se servant du sol sablonneux comme d’un tableau sur lequel il trace avec son doigt de petits schémas destinés à appuyer des démonstrations et à aider la mémoire de ses auditeurs ». (Lesselves, correspondance du 22 Octobre 1915.) En définitive Cheikhoul Khadim, le savant noir s’est montré inégalable dans le domaine de la connaissance. Au demeurant s’il peut en être ainsi c’est que sa science orthodoxe est des plus pures, comme il le garantit lui-même dans Jazaoul Chakour (page 45): « il m’est parvenu du Savant, une science authentique et je ne rencontre point un facteur d’affliction à ce sujet».

Il est tant que nous musulmans d’abord, africains noirs ensuite saisissons la portée de l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba et la plus belle des manières dont il nous a rendus fiers. De tout temps, dans l’odyssée des peuples, des personnes ont toujours été prédestinées à écrire les plus belles pages de I’ histoire. Ces individus s’immortalisent du fait de leur héroïsme ou courage, de la pertinence de leurs doctrines et préceptes ou de leurs hauts faits (...): bref du fait de leur contribution à l’épanouissement de la condition humaine. Au demeurant, il arrive que leurs actions soient si hautement méritoires que leur personnage dépasse la mesure du temps et de l‘espace pour servir dans le domaine de l’universel. C’est assurément le cas de ce Saint homme de Touba nommé Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké !

Il aura bien marqué I’ histoire du Sénégal des époques Mouhamadou Mbackiyou ! Toutefois, de par ses actions multiformes, il apporta une contribution hautement positive au rendez-vous du donner et du recevoir, se projetant ainsi au-delà de l’espace typiquement sahélien. Dés lors cette cette personne mérite plus d’être célébrée par les peuples noirs et spécialement le Sénégal.

 

Par Serigne Khadim Gaydel Lô

Page 1 sur 3

Téléchargez l'application Toubamajalis

Facebook

(SERVICE COMMERCIAL ) Email : toubamajalis@gmail.com | webtawfeh@gmail.com

 

(REDACTION TOUBAMAJALIS) Email : sennegueye@gmail.com tel.

Chargé de communication : +221 77 539 55 17

Aller au haut