Si le Grand Magal de Touba est un évènement qui  échappe à l’usure du temps  jusqu’au centenaire c’est  qu’il  consacre un homme de Dieu constant dans ses idées et dans sa pratique jusqu’à être hautement récompensé.  Oui !  Cheikh Ahmadou Bamba se définit d’abord par la constance. Une constance dans la parole et dans les écrits, de même que dans l’idéologie de paix et la reconnaissance réitérée au Seigneur qui l’a gratifié en retour.

A l’analyse de sa jeunesse à Mbacké Kadjor, du temps où il servait dans le « Daara » de son père  comme assistant professeur, Serigne Touba semblait être diffèrent de tous. Sa vie ne se résumait qu’à l’adoration du Seigneur.

 Evoluant dans un contexte de réelle corruption sociale, morale et politique, le Cheikh comprit très tôt que le plus difficile serait de préserver la pureté de son idéal. Pour cela il choisit comme méthode  la voie du « Djihadul nafs » qui se caractérise par  des exercices  de la mortification permettant de dominer ses passions.

De ce fait l’on comprend mieux  ses décisions révolutionnaires de l’époque comme celle  de ne pas succéder à son père comme cadi du roi, ou encore son détachement de toute voie soufie pour choisir la sienne. Tout  ceci, démontrant  si besoin en était, qu’il ne transigerait jamais sur le concept de l’Unicité de Dieu. (…)

Ceci étant, la constance de Cheikhoul Khadim va de pair avec son intransigeance dans l’action. Pour lui, il était contradictoire de s’opposer aux coloniaux, tout en attendant quelque chose d’eux. Dès  lors il ne sacrifia jamais son idéal sur l’autel de la compromission.

Ainsi par la constance l’Apôtre de la race noire réussira à préserver la pureté de son idéal. Dès lors dans un monde en mutation, cette constance doit faire école.  Un mouride se doit d’être constant dans l’action, et pour cela il lui faudra cultiver la patience dans l’effort. A l’époque, lorsque les mourides se plaignaient des difficultés qu’ils rencontrent,  Cheikh Ahmadou Bamba avait l’habitude de leur rappeler  la tenue des  compagnons élus du Prophète (psl).  En effet ils  ont subi toutes sortes d’épreuves avant leur triomphe à Badr : il y allait des lapidations, de l’exil en Abyssinie, des tortures, des invectives, entres autres. (…)

In fine, notons qu’en trente-trois (années) de lutte, les colonisateurs ne parvinrent jamais à faire de Cheikhoul Khadim un homme acquis à leur cause. Au surplus il refusa tous les honneurs qui venaient de ces oppresseurs malintentionnés. Cette réussite le Maitre Khadm Rassoul le doit à sa ferme résolution.

Serigne Khadim Gaydel Lô

 

En plus d’être un érudit et un savant dans le domaine des sciences religieuses, Cheikh Ibrahima Fall était un être spirituellement inspiré et mystiquement inégalable. Ce qui faisait d’ailleurs, de lui un solitaire qui recherchait sans cesse la voie du salut, notamment par le biais de la méditation. Pour atteindre ce salut il lui fallait un maître spirituel qui aurait pour mission de le guider dans le sentier Divin qu’il a toujours envisagé d’entreprendre. Ainsi, Cheikh Ibra Fall, a très tôt concentré son énergie dans la recherche de celui qui pouvait lui donner l’opportunité de se réaliser spirituellement afin de gagner l’agrément de Dieu.

C’est alors qu’à travers un rêve prémonitoire qu’on lui signala que ce maître est sur terre et qu’il devait aller à sa recherche. Une nuit, alors qu’il dormait, il fut secoué en ses termes : " Ibra FALL, va à la recherche de ton Maître Serigne Bamba" ; cette injonction lui sera répétée à trois reprises. C’est ainsi qu’il se mit à la recherche de son maître et sa quête opiniâtre le mena alors à Taïba Dakhar, où résidait un grand savant du nom de Ahamdou Bamba. Mais c’est en rencontrant plus tard Cheikh Adama Gueye qu’il fut illuminé en ce qui concerne le véritable Ahmadou Bamba qu’il recherchait ; il s’agissait de celui qui résidait à l’époque, à Mbacké Kadior.

C’est d’ailleurs dans cette localité qui est le berceau du mouridisme que Cheikh Ibrahima Fall rencontra finalement pour la première fois sur terre, son vénéré Maître Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, en suivant Cheikh Adama Gueye. Ce fut le vingtième jour du mois lunaire de Ramadan de l’an 1301 de l’Hégire (1883). Serigne Bassirou Mbacké ibn Cheikh Ahmadou Bamba, dans " Minanou Bâkhil Khadim " rapporte les propos qu’ils échangèrent lors de ce jour mémorable comme suit : « Cheikh Ibra Fall dit : " J’ai tout abandonné, tout quitté, renoncé à tout, pour chercher un Maître qui peut m’assurer l’accès au voisinage du Seigneur [...] Si d’aventure je ne le trouverais pas en vie, je chercherai à identifier son mausolée. Et là, sur ce lieu sacré, avec une détermination inflexible, je consacrerai le reste de mon existence en dévotion et en actes si méritoires que Dieu m’accordera à coup sûr, le bénéfice du service que j’aurais accompli à ses côtés si je l’avais trouvé vivant. A présent je fais acte d’allégeance auprès de toi. Je proclame que, de ce bas monde, je ne veux même pas, en biens, l’équivalent du poids d’un cheveu. Mon unique préoccupation est Dieu et ma demeure dans l’Au-delà.

" A ces propos qui traduisent la profondeur et la sincérité de l’allégeance de Cheikh Ibra, Serigne Touba répondit : " Sache Ô toi Ibrahima Fall, que nous avons la même résolution. Mon guide, mon phare est Seydina Mouhammed (Paix et Salut sur Lui). Si d’aventure, je n’avais trouvé sur cette terre rien qui atteste de son existence, comme le Coran, les Hadiths, etc., il me suffira de la certitude que le même ciel, les mêmes astres que je vois ont, un jour, surplombé son auguste personne, pour me consacrer à son service. Et j’affirme que, par ce service, j’aurai obtenu l’agrément de DIEU. J’agrée donc ton allégeance, mais à une condition, cependant : tu exécuteras à la lettre tout ce que je te commanderai et tu éviteras soigneusement tout ce que je t’interdirai. Plus rien de ce bas monde ne sera ta préoccupation. Seul Dieu occupera tes pensées et remplira tes intentions. Cela signifie que tu n’as rien à espérer comme biens en cette terre. Pas même un abri pour te procurer de l’ombre, à plus forte raison une maison. Ne pense pas à fonder une famille. La raison est que, si tu veux obtenir la réalisation des vœux que tu as exprimés, tu ne dois plus rien désirer de ce monde périssable. "

Khadimrassoul.net

 

Le savant de Darou Salam et de Touba cite très souvent en référence les augustes saints de l’Islam dans ses écrits. C’est d’ailleurs dans le souci de faciliter, pour ses contemporains, l’accès aux sciences islamiques que Serigne Touba entreprit sa mission de revigorer l’œuvre de ces derniers : c’est l’action de revivification pour la pérennité.

Pour le Cheikh, ce fut une entreprise facile car se trouvant en terrain connu. En effet quand la jeunesse de son époque était occupée à des activités frivoles, lui, parcourait les écrits des penseurs de la religion islamique. Subséquemment il allait à sa manière, réécrire bon nombre des ouvrages de ces éminents auteurs. La méthode choisie fut la versification, ce qui a été une révolution de taille par le « cheikhoul aliim ». Serigne Touba a ainsi accomplit d’une pierre deux coups car l’essentiel du rédigé est condensé et résumé en peu de mots, en plus les belles rimes et la prosaïque incitent l’initié à une assimilation plus véloce.

En ce qui concerne la portée de cette entreprise de la restauration, le livre « Massalik Al Jinan », en son introduction, apporte des éléments de réponse car Serigne Touba s’y exprime ainsi : « La théologie se divise en deux parties essentielles et par conséquent, il existe deux sortes de théologie. La première verbale consistant en paroles et la deuxième en connaissances et clairvoyance. Celle-là est générale tandis que celle – ci est particulière. A celle qui est générale, nous avons déjà consacré un ouvrage en vers. La prose en a été faite par Al Sanusi l’arrière-petit-fils de l’envoyé très saint de notre Seigneur(…) Quand à celle qui est particulière c’est à elle que nous avons consacré ce présent ouvrage en vers ». Le Saint de Touba poursuit : « Les docteurs de la loi y ont déjà fait des ouvrages de valeur qui ont leurs secrets tels que notre chef spirituel et grand imam Al Ghazali , l’éminent Ibn Ata , notre clairvoyant chef appartenant à la famille Kunta, le sauveteur des créatures « pôle du moulin » , notre chef, le khalife appuyé sur la vérité du Seigneur des créatures , connu sous le nom de Mohammad qui appartient à la tribu des Deymanis, ainsi que d’autres grands parmi les illustres chefs de cette science .Que Dieu nous réunisse avec eux, le jour de la résurrection(…) Mais les ouvrages de ces Lettrés, à cause de leur étendue démesurée (ou de leur ancienneté) ont été abandonnés pour la plupart des lecteurs de cette génération ».

Voilà donc tout le fondement de la revivification : faire renaitre des cendres ce que les musulmans ont ignoré, ou jeté aux oubliettes ! Et il réussit son pari.

En effet on note dans ce sillage que le traité de théologie d’Al Sanusi fut mis en vers par Serigne Touba. Il s’agit du fameux « Ummul Barahin ». D’ailleurs, concernant cet écrit, le chercheur Cheikh Mouhamadou Lamine Diop Dagana (RA) nous révèle qu’il fut enseigné par Mame Mor Anta Sally en lieu du texte original tellement il était parfait.

L’éminent Al Sanusi est également un auteur qui revient beaucoup dans l’œuvre du Cheikh, il en est de même pour Ghazali (RA). A propos de ce dernier, il est à remarquer que Cheikhoul Khadim eut à versifier son fameux livre « Biyada Al Hidaya », c’est celui qu’il a intitulé « Munawir Soudur ». Il en est de même du célèbre « Al Akhdari » puisque le poème « Al Djawar Al Nafs » en est la réplique. De fait, l’étude de la composition du « Massalik Al Jinan » suffit à elle seule pour prouver encore l’universalité du Maître, Cheikh Ahmadou Bamba, en matière de revivification. En effet, dans ce livre, il puise aussi bien dans le « Hatimat Al Tassawuf »  produit par Al Deymani (RA), que dans « Al Dahab Al Biriz » ou encore le « Junnat Al Mourid ».

Aussi au vers 32 de cette œuvre on décrypte toute la pensée qui soutient son action. En effet Cheikhoul Khadim précise : « Dans cet ouvrage j’ai vivifié ce que les gens dans leur sommeil d’ignorance ont rendu lettre morte».

En conclusion, on peut retenir que tous les grands ouvrages des grands penseurs de l’Islam ont été mis en vers et ainsi pérennisés par le savant émérite de Touba.

Serigne Khadim Gaydel Lô

 

Dans la sourate « Houd » du saint Coran au troisième verset, le Seigneur Tout-Puissant dit : « Demandez pardon à votre Seigneur; ensuite, revenez à Lui. Il vous accordera une belle jouissance jusqu’à un terme fixé, et Il accordera à chaque méritant l’honneur qu’il mérite. Mais si vous tournez le dos, je crains alors pour vous le châtiment d’un grand jour. »

Ce verset coranique, montre toute la considération que le Créateur accorde à la repentance dans la vie de l’être humain. Ceci étant, dans son grandissime œuvre manuscrite, Cheikh Ahmadou Bamba est revenu sur cet aspect de la religion qu’est la repentance, avec une limpidité pédagogique qu’on saurait trouver ailleurs. Ainsi Cheikhoul Khadim nous révèle que : « La repentance inconditionnelle est obligatoire pour l’homme, en regrettant les péchés qui le ternissent dès qu’il commet une désobéissance, et ceci avant de connaître le tourment, car s’il survient, le repentir n’est plus valable ».

Serigne Touba Khadim Rassoul poursuit en donnant des recommandations au croyant en ces termes : « Repends-toi auprès de ton Seigneur, le Sublime, par considération à Sa Dignité et ne retarde pas cela, à cause de l’arrivée de Sa Disgrâce. Car le repentir à ce niveau (après l’arrivée de La Disgrâce de Dieu) ne sert à rien, mais Si tu l’effectues avant, il sera efficient. Repends-toi par aveu de ta culpabilité et par contrition, avec humilité devant l’Unique, celui qui domine, aussi bien en situation favorable que contraignante, sans condition et sans persistance. Repends-toi avec la résolution de ne plus revenir sur l’acte de désobéissance à ton Seigneur qui dispense les Grâces. » Le fondateur du mouridisme est également revenu sur les degrés du repentir en exposant que : « On compte à sept les échelons de la repentance, retenus selon les Ecoles :

1/ La conversion du mécréant de l’infidélité chronique, par la Permission de son Seigneur, pour embrasser la Religion Juste.

2/ La contrition de l’adorateur sincère des grands péchés.

3/ Le repentir d’un intègre des péchés admissibles (pardonnables).

4/ Le repentir d’un croyant rompu aux œuvres de bien, des quelques inadvertances qui l’avilissent.

5/ Le repentir du novice engagé, tracassé par les soucis résultant des ternissures et des immondices du cœur.

6/ Le repentir du scrupuleux, se purifiant des aspects douteux qui lui portent atteinte.

7/ Le repentir des méditatifs, causé par les errements que subit le cœur et la crainte de réprimande de la Part de DIEU. »

Le Cheikh conclut cette phase par des conseils à suivre pour celui qui veut que sa repentance soit agréée. Ainsi Serigne Touba dit : « Il faut hâter ton repentir et te mettre en quête de bonne guidée, avant que la porte de la repentance ne se ferme, ô toi le postulant ! Et éloigne-toi de la remise à plus tard du repentir, de même que de la paresse et lave le vice de la ténacité dans les péchés par la sincérité. Le damné qui est extrêmement malheureux est celui qui quitte ce monde couvert de péchés, entaché de vices, et n’ayant guère effectué un repentir délibéré devant le Sublime. »

Source: Khadimrassoul.net

 

Certains diront qu'on ne se sert pas assez de son lègue d’autres moins convaincus doutent même de son authenticité, mais qu’en serait-il si nous ne l’avions pas eu du tout ? À quoi allait ressembler notre société déjà mal en point si Cheikhoul Khadim ne faisait pas partie des nôtres ?

Que cela soit bien clair ne vous attendez pas à ce que je rentre dans un débat de héros national. D’abord le héros national ne peut être désigné sans auparavant définir l’idéologie sociale d’une nation. Il me semble que nous avons raté cette étape ou avons peur de nous pencher dessus comme si le résultat allait à l’encontre de ceux qui devraient être les précurseurs du débat. Pour pousser ma logique, vous ne me verrez pas mentionner des faits politiques qui font le mythe de tout « héros national ». Je n’insisterai pas non plus sur des faits miraculeux ou spirituels juste par peur de rendre le débat controversé ou dénudé de logique cartésienne et soutenue.

Non, je veux me concentrer uniquement et exclusivement sur l’aspect social, sur l’Homme puisqu’en réalité, un impact, aussi grand qu’il puisse être, n’a de sens que s’il sert aux êtres, à leur bien-être. Cette logique peut être universelle et transversale selon les cultures et les religions.

Bref mon intention ici est de méditer et faire méditer mes lecteurs sur l’apport social, la valeur ajoutée d’un Homme à sa Société. Évidemment un grand homme se mesure à sa capacité à s’adapter à l’ère dont il fait partie ; non seulement s’adapter, mais mieux la faire évoluer à défaut de la changer. Cheikhoul Khadim, lui, ne s’est pas limité à cela. Il a changé son ère et toutes celles qui la succéderont de façon certaine et palpable. Pour en être convaincu, je vous propose de porter vos casques VR et d’entrer dans un Sénégal qui verrait pas Cheikhoul Khadim éblouir son ciel.

J’imagine qu’il n’y aurait point un être capable d’entraîner et de magnifier les caractères tous aussi différents que fascinants de Maam Cheikh Ibrahima Faal, Serigne Mbacké Bousso, Cheikh Issa Diène et autres disciples légendaires.

Donc pas ce sursaut de culte de travail pour un pays déjà très faible par le mental de ses Hommes. D’autres me diront qu’il n’y aurait pas non plus de Hadiya à « reverser » au Serigne.

Mais puisque certains ont osé franchir le pont de cause-conséquence aussi facilement permettez-moi, très cher lecteur de poser la question de la proportionnalité des dons aux fruits du travail du Cheikh notamment en formant des gens de sortes que le travail soit un devoir et non une simple source de résolution de besoins physiologiques. Car nous tous, aussi jeune que l’on soit, avons entendu parler de ce mythe décrivant la saison des pluies comme la seule saison où l’on devait s’occuper et pour ainsi couvrir ses besoins sur toute l’année. Ceci est plus qu’un mythe. C’est la situation dans laquelle le Cheikh a trouvé les gens de ce pays particulièrement les hommes ; une société dont l’expression dormir sur ses lauriers embrasse tout son sens. Il a fait des hommes des vrais en réunissant notamment les conditions préalables à la réussite du travail tout en insistant sur l’endurance, le mental qui sont indispensables dans un contexte où le destin prévaut des fois sur le mérite.

Sans lui il n’y aurait pas ce « Bromance » jamais vu dans notre pays entre des hommes aussi capés que différents. Car en réalité le dialogue n’a jamais porté son nom au Sénégal qu’en son temps. Il a réussi, par un charisme qui ne pourrait venir que d’une lumière divine, à réunir l’intelligencia religieuse (dans un même fief et tout en transmettant une même idéologie à des personnalités aussi différentes) à travers sa conduite, ses enseignements, et la profondeur de sa vision.

Mais son lègue le plus valeureux, au-delà des aspects précédemment cités, est l’audace qu’il a su inculquer à sa nation. Une audace sans limite qui a permis d’effacer de la mémoire de ses héritiers la définition du mot impossible. Dans une nation qui remet tout sur le dos du pouvoir étatique, acceptant de ce fait de subir, donc d’être un sujet ; Cheikh Mouhamadou Moustapha a, grâce à l’éducation qu’il a reçue, engagé un projet jamais imaginé par un civil de ce pays. Cet acte a été déterminant pour la voie Mouride ; mieux c’est un élément précurseur qui vient solidifier une idéologie qui n’est rien d’autre que le fameux « Gueum sa Bopp » incarné par un homme de quarante ans dans une nation habituée à la vieille garde pour gérer sa destinée. Tout cela pour dire que, dans plusieurs aspects, Cheikh Ahmadou Bamba a bousculé les mœurs, secoué les principes de base d’une société qui, avant lui, était perdue entre son passé de pouvoir sanguinaire et son présent étouffé par une culture extérieure accaparante. Ce projet est bien évidemment la construction du chemin de fer Diourbel-Touba indispensable à celle de la Grande Mosquée de Touba. D’un leadership bafoué (quoi de plus normal pour l’héritier d’un si grand homme) Cheikh Mouhamadou Moustapha est passé à un lieutenant digne de confiance et porteur d’une ère nouvelle.

Cette ère c’est l’ère d’un pouvoir religieux conscient et possessif des défis de son temps. Si la démonstration de cet engagement est différente les fruits du travail de ses pionniers servent toujours à notre peuple. Sa lancée a permis à Serigne Fallou, Maam Abdou Aziz Dabakh, Baay Niass, Cheikh Abdou Ahad et autres de définir un nouveau genre de chefs religieux responsables des pouvoirs qui leurs sont confiés. Ils ont refusé cette casquette purement religieuse et consciencieuse pour s’attaquer aux vrais problèmes celui des gens, des êtres.

Sans les idéologies de Cheikhoul Khadim aurions-nous ce leadership de soft power incarné par Serigne Saliou et tout aussi efficace que visionnaire ? Le pouvoir aux jeunes.

Son fameux slogan, « Diox lène ma Ndaw yi ma deff ci gnom li Serigne bi defone ci Magg gni » dit tout. Serigne Saliou c’est le symbole de la vraie jeunesse consciente ; celle-là qui fait face au monde dans lequel il vit tout en préparant l’autre. Serigne Saliou c’est la très connue méthode nord-américaine de l’apprentissage par l’exemple. Ni l’âge, ni son rôle de Khalifat exercé avec tant de brio ne lui ont empêché de remplir son objectif par rapport à la jeunesse de son temps. Il a formé un nombre de personnes comme rare l’ont fait avec toute la rigueur qui s’y est sans même utiliser une quelconque forme d’intimidation. Cette forme elle-même a éduqué et fait ouvrir les yeux à tous ceux qui privilégient encore les méthodes fortes et donc dans la même lignée effacer d’une croix cet amalgame qui serait de simplifier le processus d’apprentissage du Saint Coran à une traversée du désert marquée par des péripéties aussi barbares que terrifiantes. C’est Serigne Saliou et personne avant lui qui a fait susciter chez bon nombre de mômes l’envie d’aller au Daara plutôt que de rester dans la concession familiale. Cette démarche volontaire des enfants vers la connaissance marque pour moi l’ultime étape de la politique de Serigne Saliou à mettre le destin dans la main des concernés.

Les jeunes c’est aussi toute cette classe de sénégalais laissée à elle même et qui ont souvent trouvé refuge auprès des « spécialistes jeunes » du genre Serigne Abdou Karim Mbacké Makarimal-akhlaakh, Serigne Modou Kara, Cheikh Bethio Thioune pour ne citer qu’eux. Je suis étonné d’entendre certaines critiques venant des médias, notamment ceux qui s’offusquent de l’attitude de certains de leurs talibés oubliant que ceux-là sont les mêmes anciens drogués, frères, cousins perturbateurs de nos quartiers dont on ne voulait plus et qui ont trouvé un sens à leurs vies en rencontrant sur leurs chemins ces guides-là.

Dans un pays où les hommes sont de nature laxistes et attentistes je n’ose pas imaginer l’attitude des dames, de nos sœurs, de nos mamans qui, quoi qu’on dise, ont un amour réel et dévoué à nos chefs religieux. Sans le légendaire « Diourom Niaari Serigne Fallou » combien de dames en plus iraient voir les charlatans pour mettre fin à leurs angoisses ? Sans nos événements « interminables » et étalés sur l’année, combien d’entre elles se seraient affairées à des activités troublantes au lieu des Berndés devenus encrés à notre culture ? Mieux, où allions-nous trouvés des Ndayou Daara telles que les références du Daara Maam Diarra Bousso de Porokhane et bien avant elles les femmes de caractères, figures marquantes de notre nation formées selon les enseignements de Sergine Touba ?

Et le Sénégal profond dans tout cela… Que serait le Sine-Saloum sans les expéditions de Serigne Bassirou, la Casamance et toutes ses régions éloignées du pays sans l’implantation des instituts AL Ahzar par Serigne Mourtada et sa famille ? Dans quels états seraient tous ces endroits où le Cheikh a passagèrement vécu ou les villages dans lesquels il a prié et qui, jusqu’à nos jours vivent de cette notoriété-là ? Dakar serait quant à lui sans poumons car sans Touba pour créer un semblant de concurrence économique régionale nécessaire aux flux et emplois qui en sont liés.

Cheikh Mouhamadou Mourtada c’est le Sénégal profond mais surtout l’extérieur. La communauté Mouride est connue un peu partout dans le monde pour son engagement hors du commun mêlé à un dévouement sans relâche matérialisé par les immenses investissements à travers notamment les Keur Serigne Touba un peu partout dans les grandes villes du monde. Ces mêmes Keur Serigne Touba sont un repère multidimensionnel pour la nation entière plus que nos ambassades servant notamment de lieux d’apprentissage, de raffermissement des liens, d’élans de solidarité insoupçonnés des autres communautés.

Donc arrêtons de verser dans des débats sans fins, des discours basés que sur un « Xaal » passager et demandons-nous ce que l’on peut faire pour notre nation et attelons-nous dessus pour ainsi suivre les pas de notre guide.

 

par Abdou Diop

Ce récit particulièrement prodigieux fait partie des témoignages recueillis par le Cheikh Mouhamadou Lamine Diop Dagana (m. 1967), ancien imam de la mosquée de Diourbel, scribe et disciple de Cheikh Ahmadou Bamba ayant eu à vivre près de lui et dont la Crainte Révérencielle et la Piété sont restées légendaires. Son œuvre d’historien et de chroniqueur de la vie du Serviteur du Prophète consista, en plus des événements auxquels il a eu à assister personnellement, en des enquêtes de terrain auprès des principaux témoins des faits relatés. Ces événements-ci, repris de son ouvrage maître Irwâ’u Nadîm (L’Abreuvement du Commensal) se sont passés lors du second exil de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie (1903-1907)…

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« Les Halawi affirment qu’ils n’ont jamais su la raison pour laquelle Cheikh Ahmadou Bamba avait baptisé leur point d’eau « Birru-I-Qayr » (Puits des Bienfaits). Etant donné qu’il n’en existait pas ailleurs sous cette appellation et que l’on n’entendit jamais parler d’un puits portant un tel nom, même chez les Anciens. Ceci, jusqu’au jour où le Cheikh Ahmad ibn Buddi fut inhumé exactement prés dudit point d’eau… Ils surent alors le secret de cette dénomination et se rendirent en même temps compte de la force de pénétration mystique (Kashf) de Cheikh A. Bamba. Au sujet de ce Cheikh Ahmad ibn Buddi, le Serviteur du Prophète a dit et écrit maintes choses [que nous allons ici vous dévoiler]. (…) Mon ami et frère Cheikh Ibrahima Amar, plus connu sous le nom de Ibra Dior, m’a relaté l’histoire suivante : « Cheikh Ahmadou Bamba m’envoya un jour, de Sarsara (ou de Tintou Mouhzin, je ne me souviens plus), pour aller à Saint-Louis lui acheter un livre intitulé Mawâhibou Ladouniya (Les Dons Provenant [de DIEU]), composé par l’imam Khastalâni. Je me rendis dans cette ville et y éprouvai toutes les peines du monde sans toutefois arriver à mettre la main sur ledit ouvrage. Je dus finalement me résoudre, infiniment abattu, à rebrousser chemin [et à rentrer en Mauritanie]. Arrivé à la hauteur de la localité où résidait Cheikh Ahmad ibn Buddi, une de mes veilles connaissances, je pensai faire un détour chez lui, histoire de le saluer et de lui rendre une petite visite. Lorsque j’arrivai dans sa concession, il manifesta une grande joie et m’accueillit à bras ouverts. Quand je me fus reposé en un lieu [qu’il m’aménagea], nous entrâmes en une conversation au cours de laquelle il s’enquit de l’objet de mon voyage ; ce à quoi je lui révélai que le Cheikh m’avait envoyé à Saint-Louis et ainsi de suite… Je lui appris également mon affliction de ne pas trouver l’objet de ma quête. Alors, incontinent, le Cheikh [Ahmad ibn Buddi] se leva et se mit à fureter parmi ses livres jusqu’à en retirer deux tomes qu’il me tendit en disant : « Dis au Cheikh que ceci est un don de ma part, pour la Face d’ALLÂH ﷻ ». J’en conçus une joie extraordinaire et le Cheikh [à qui je remis plus tard le présent] en éprouva une plus grande encore ; satisfaction aussi bien pour le livre que pour l’auteur du don…» [Ceci constitua le prélude des liens qui allaient sans tarder se nouer entre le Serviteur du Prophète et le Cheikh Ahmad ibn Buddi]… (…) Al Hâj Muhammad ibn ‘Aba, appelé aussi du nom de [son père] Cheikh Ahmad ibn Buddi, m’a raconté que son père [qui appartenait à la Tidjannia], avait un jour écrit (ou s’était adressé de vive voix) au Cheikh [Ahmadou Bamba] pour lui demander de transmettre ses salutations au Messager de DIEU ﷺ et à Cheikh Ahmad Tidjânî (Que DIEU TRES-HAUT soit Satisfait de lui) et qu’il espérait recevoir les leurs en retour… Le Cheikh lui écrivit alors, en retour, que le Messager de DIEU ﷺ lui rendait ses salutations, de même que Cheikh Ahmad Tidjânî… (…) Cette ode [du Serviteur du Prophète] figurant ci-dessous constitue à la fois une réponse à la lettre envoyée par Cheikh Ahmad ibn Buddi et son neveu, mais aussi une répartie indirecte à ceux qui s’interrogeaient sur la question théologique « Est-il possible que l’Archange Gabriel revienne [en Messager auprès d’un humain] après le Prophète Muhammad (Paix et Salut sur Lui) ? »

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Au Nom de DIEU, le CLÉMENT, le MISÉRICORDIEUX. [Récitation de la Salâtul Fatiha…]

[Cette ode a pour objet] de faire savoir à Cheikh Ahmad ibn Buddi, à Muhammad Hafîz, et, en dehors d’eux, à tous les Halawi, hommes et femmes, et, par-delà ceux-ci, à tous les musulmans et musulmanes : – Que le Prophète de DIEU (sur Lui la Paix et la Bénédiction de DIEU TRES-HAUT, ainsi que sur sa Famille et sur ses Compagnons) rend son salut à Cheikh Ahmad ibn Buddi ; – Que Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU TRES-HAUT Soit Satisfait de lui) lui rend également son salut ; – Que le Prophète de DIEU (sur Lui la Paix et la Bénédiction de DIEU TRES-HAUT, ainsi que sur sa Famille et sur ses Compagnons) honore Cheikh Ahmad ibn Buddi d’une estime pareille à celle qu’il réserve à un frère de sang ; – Que Cheikh Ahmad ibn Buddi bénéficie désormais de l’Agrément de DIEU TRES-HAUT qui le préservera, durant toute son existence, de toute source de terreur ou d’affliction et qui lui assurera, après sa mort, la Miséricorde Divine ; – Que Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU, TRES-HAUT Soit Satisfait de lui et l’élève plus près de Lui) le considère tel son propre fils, de telle sorte que quiconque ayant reçu le Wird Tidjane de ces deux Cheikh [Ahmad ibn Buddi et Muhammad Hafîz] (Que DIEU,TRES-HAUT Soit Satisfait d’eux, leur assure la Sécurité de même que Sa Miséricorde), puis s’en détourne par esprit de négation, pour se diriger vers quelque autre Maître Spirituel, celui-là causera sa perte ici-bas et dans l’Au-delà (Puisse DIEU nous préserver de cela). Par contre quiconque ayant reçu ce Wird de l’un d’entre eux et le pratique, celui-là acquerra le profit ici-bas et, s’il meurt dans cette situation, celui de l’Au-delà. Ceci, afin que quiconque aura jeté un œil sur ces mots sache qu’ils furent retranscrits de la bouche même de Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU, le TRES-HAUT, Soit Satisfait de Lui) qui les a transmis au [Serviteur du Prophète] l’auteur des vers que voici … – Une Salutation, Excellente et au-dessus de tout autre salut source d’harmonie, a été rendue… – Salutation transmise par [Ahmadou Bamba] le captif de son SEIGNEUR, le Serviteur de l’Elu, à [Ahmad ibn Buddi] qui obtint l’Élévation -Ô toi Auguste Cheikh ! Tu es désormais préservé de tout mal – Toi, ainsi que tous ceux qui suivent tes traces, êtes sécurisés, d’ici jusqu’à votre entrée au paradis, de toute privation de bien – Le SEIGNEUR SUBSISTANT t’a accordé la Sécurité contre l’ensemble des maux, par la Grâce du [Prophète] Choisi Par Excellence, le Détenteur de l’Étendard, – Et par celle de ton Maître, l’Agréé [Ahmad] Tidjâni, celui-là qui, parmi les Nobles [Hommes de DIEU], paraît avec l’éclat du corail – Paix et Salut soient sur la Meilleure Créature de DIEU, [le Prophète] à qui IL a Accordé Eminence et confié Ses Versets – Que l’Agrément, source d’harmonie, du SEIGNEUR ETERNEL soit ensuite accordé à [Ahmad ibn Buddi], ce Saint dont l’imitation est élevée… * * * * * ** * * « (…) Mon informateur [Al Hâj Muhammad ibn ‘Aba] m’a rapporté : « La nouvelle [contenue dans cette ode] mit mon père dans un inexprimable état de transe tel qu’il ne cessa, à partir de cet instant, de hocher la tête, frappé par [un tel prodige] qui déroutait son esprit. Et il ne cessa de se conduire de cette façon étrange jusqu’à ce qu’il rendit l’âme [Il faut préciser que] notre concession se trouvait à une longue distance du lieu de résidence de Cheikh Ahmadou Bamba et que nous n’avions encore mis personne au courant de la nouvelle du décès, qui eut lieu au cours de la nuit. Et [mieux] certains [habitants de la maison] n’apprirent la chose que lorsque survinrent, tôt le matin… des messagers du Cheikh ! Ils nous dirent qu’ils avaient été envoyés par le Cheikh pour qu’ils puissent assister à l’inhumation de notre père et présenter ses condoléances aux siens !!! » [Cheikh Ahmadou Bamba] écrivit par la suite un autre poème démontrant la Place de Choix qu’occupait ce Cheikh [Ahmad ibn Buddi] auprès du Prophète (PSL), éminence qui lui valut cet honneur insigne [provenant du Messager (PSL)]. Il disait dans ce poème [qui démontre comment il fut informé de la nouvelle du retour à Dieu de Ahmad ibn Buddi bien qui que ce soit d’autre] :

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Ceci est la Rétribution accordée à l’honorable Ahmad ibn Buddi et à son Calife… Au nom de DIEU, le CLÉMENT, le MISÉRICORDIEUX. Puisse DIEU accorder Son Salut à notre Seigneur et Maître Muhammad, à sa Famille et à ses Compagnons, et puisse-t-IL leur assurer la Paix… Il est descendu des cieux, la nuit du décès de l’honorable Ahmad ibn Buddi, l’Esprit Saint [l’Archange Gabriel] (sur lui la Paix) accompagné d’un grand nombre d’Anges, afin de rendre hommage à l’éminent Ahmad ibn Buddi pour sa bonne opinion envers l’Esclave de DIEU et Serviteur du Prophète [que je suis]. Ainsi DIEU, le PRE-ETERNEL, le SUBSISTANT, ne manqua-t-Il pas de l’honorer ; et [les Anges] ne s’en retournèrent en cette nuit vers le ciel qu’en ramenant son âme en parfait état d’apaisement. Cette Faveur procède d’une promesse qui lui fut faite et d’autres [Privilèges] dont le Serviteur [du Prophète] va, ici, donner un aperçu : – Est venu l’Esprit Saint (c’est vraiment Lui qui apporte consolation !) en compagnie d’une Troupe Sublime lorsqu’il fallut à Ahmad [ibn Buddi] s’en aller – Ahmad a reçu auprès de DIEU ce qu’il escomptait et eut à contempler, de façon manifeste, les Bienfaits provenant de la Porte [de la Miséricorde] qui, jamais, ne se ferme – DIEU a récompensé celui qui offrit un présent au Serviteur [du Prophète] envers qui DIEU s’est montré GÉNÉREUX de Ses Bienfaits – c’est assurément le SEIGNEUR Qui fructifie ! – C’est de DIEU, le PROPRIÉTAIRE du Trône, que j’escompte la faveur de faire largesse de Ses Dons*** à [Ahmad], l’auteur du cadeau, qui fait désormais partie des Bienheureux couronnés [du Paradis] – Et il est, certes, devenu pleinement évident pour lui, dans l’Au-delà où il se trouve, que je suis le Serviteur Incontestable du [Prophète Muhammad] Investi de la Primauté et de la Précellence, le Détenteur du Diadème… – Est ainsi parti [Ahmad ibn Buddi], Seigneur des Nobles, celui-là qui reçut la Prééminence, grâce à celle de [Cheikh Ahmad Tidjânî], Guide dont le Wird restera à tout jamais une voie [vers le Salut] – Que soit sur ce Seigneur des Nobles l’Agrément de [Cheikh Ahmad Tidjânî] et celui de la Meilleure Créature, le Magnifique [Prophète] – Je prie aussi DIEU de Satisfaire les desseins de son calife [le successeur de Ahmad ibn Buddi] par l’entremise du [Prophète] aux Lumières Eclatantes – Sur Lui la Paix du SEIGNEUR Qui l’a guidé par Sa Grâce et l’a Elevé, lors de sonVoyage Nocturne(Isrâ), vers des Degrés Sublimes… Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de DIEU soient sur vous… »

_____ Note :

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« faire largesse de Ses DONS… » Pour Serigne M. Lamine Diop, ces « Dons » renvoient au livre offert en cadeau au Cheikh et intitulé Mawâhibou Ladouniya (Les DONS Provenant de [DIEU]). Ainsi cet ouvrage au titre prémonitoire ne fut que le motif apparent de réalités mystiques plus profondes, à savoir la Consécration qui était réservée à cet homme de bien par la Grâce de Khadimou Rassoul. Dons qui générèrent les « Bienfaits » à la base de l’appellation donnée de façon prémonitoire par le Cheikh au puits (Birrul Qayr) près duquel fut plus tard inhumé Cheikh Ahmad ibn Buddi. Comme quoi, les DONS procurent les BIENFAITS… * * * * * * * * * * * * Il nous a semblé également intéressant de noter, en sus du récit ci-dessus de S. Mouhamed Lamine DIOP Dagana, que la tribu des Halawi et le nom de Cheikh Ahmad ibn Buddi apparaissent aussi à plusieurs reprises dans l’ouvrage de Cheikh M. MBACKE (Les Bienfaits de l’Eternel), notamment dans ce passage (p.146) où l’auteur décrit l’attachement que le Serviteur du Prophète ne manquait jamais de manifester envers ses Frères de religion, quelles que soient leurs obédiences et confréries d’origine..

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« (…) Vous voyez que, après son élévation au service exclusif du Prophète et à l’instruction directe auprès de Lui (PSL), Cheikh A. Bamba traitait ses [précédents] maîtres tous sur un même pied d’égalité. Il les a tous remerciés et loués, car chacun eut le mérite de lui avoir servi d’exemple dans le passé. Ce qui prouve sa reconnaissance envers eux, c’est le respect dont il les entourait ainsi que leurs compagnons depuis le début jusqu’à la fin de ses rapports avec eux. Il n’y a point parmi nous personne qui ne l’ait vu offrir des cadeaux généreux aux envoyés des QADR, vénérer et prodiguer des présents magnifiques aux cheikhs SHADHILITES, comme les Ali Ahmad, Ali Muttâl et les autres. De même les TIDJANES maintenaient de bonnes relations avec lui, et il les honorait avec excès et vénérait leurs cheikhs, comme les cheikhs Halawi qui venaient souvent lui rendre visite et qu’il couvrait de ses dons, de sorte que sa renommée se répandit aussi bien parmi leurs jeunes que parmi leurs adultes et leurs cahiers furent remplis de beaux poèmes de leurs poètes dédiés à lui. J’ai également vu leurs confrères noirs [Tidjanes] venir lui rendre visite et résider chez lui. Il les entourait alors d’hospitalité et leur préparait des locaux propres où ils accomplissaient leurs Wazîfa (séances publiques de Dhikr et de prières sur le Prophète (PSL)). Il se conduisait de même avec d’autres cheikhs réputés pour leur piété, qui n’appartenaient pas à ces trois Voies [Qâdriya, Tijâniya, et Shâdhiliya]. Il traduisait sa reconnaissance envers eux dans ses rapports avec leurs fils et revivifiait, dans la mesure du possible, leurs écrits et leurs Dhikr (…) »

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Cet autre passage du même ouvrage (p.88) mentionne, toujours à ce propos, l’épisode d’une des premières rencontres que fit le Cheikh lors de son exil mauritanien, en juin 1903 (Rabi I 1321 H), juste après sa traversée du fleuve Sénégal…

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« Le poète Halawi, l’honorable juriste, le juge, Muhammad Abdoullah ibn Fafa, auteur de célèbres et très beaux poèmes en l’honneur du Cheikh, m’a raconté plus tard qu’il avait rencontré le Cheikh monté sur le chameau de Cheikhna [ibn Dada, mandataire du Cheikh Sidya]. Et que le Cheikh lui avait demandé : « Qui sont les habitants de cette vallée ? ». « Je lui ai alors cité des Cheikhs Halawi, tels que Cheikh Ahmad fils de Cheikh Muhammad-al-Hafîz et Cheikh Ahmad ibn Buddi. Le Cheikh lui répondit alors par ce verset : « Fas’alû Ahl Zikr in kuntum lâ tahlamûna… » (« Interrogez les Gens du Rappel (Ahl Dhikr) si vous ne savez pas ») (Coran 7:21). » « Quand je suis rentré, poursuit le poète Halawi, j’ai informé les gens de la nouvelle [de cette arrivée] et leur ai affirmé que j’étais sûr qu’il s’agissait du Maître [Noir] dont nous avions entendu conter l’histoire [prodigieuse]. Quand ils ont vérifié la nouvelle, ils m’ont interrogé sur ce qu’il m’avait dit et j’ai répondu qu’il m’avait demandé qui habitait ici et je vous ai mentionnés. Il a alors ajouté : « Interrogez les Gens du Rappel si vous ne savez pas ». Ils se sont alors exclamés : « Louange à DIEU ! Puisqu’il considère que nous faisons partie des Gens du Rappel… » »

Par Cheikh ‘Abd al ‘azîz M’backé Majalis.

Photo : Shaykh Muhammad Al-Murtadâ Ibn Shaykh Ahmad Bamba et Shaykh Wuld Bah, l’éminent savant mauritanien.

Un reportage ur Le khassida de Cheikh Ahmadou Bamba, Innani Hustu .

Cette vidéo a été réalisée par "Khidmatoul Khadîm - International Sufi School, Ecole de Paix et de Service" à l'occasion du séminaire qui s'est tenu à Thies (au Sénégal) sur le thème " Comment rendre le monde meilleur ? Le sens de la responsabilité et l’engagement dans l’oeuvre de Paix."

Cérémonie de recital Saint Coran et remise de cadeau à la  Journée Cheikh Ahmadou Bamba, france

"L' echec des Blancs face au sauveur de l' humanité Cheikh Ahmadou Bamba" par Mbaye Gueye Syll

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