Cheikh Ahmadou BAMBA Sauveur de L'humanité

 

Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tu devais mourir demain », telle est la devise de Cheikh Ahmadou Bamba qui a vécu 75 ans dont 33 ans en privation de liberté. Le colonisateur français croyait, par ses vexations, l’anéantir, mais l’humiliation peut être une source de résistance et d’affirmation de soi. Le règne de l’arbitraire, quand il touche aux choses de l’esprit, n’a fait que renforcer la détermination des populations qui ont pris conscience de leur honneur bafoué. En effet, en raison de ses hautes qualités morales, sa grande probité, sa rigueur, son goût du travail bien fait, Cheikh Ahmadou Bamba triomphé face aux adversités. «Par sa vie exemplaire et par son œuvre écrite édifiante, Cheikh Ahmadou Bamba nous a démontré deux choses d’une importance vitale pour notre temps :

1) Que le mode de vie du Prophète Mohammed, sa sounna, n’est pas caduque, contrairement à ce que laissent entendre les « réformateurs » de l’Islam, qui font déteindre les valeurs – somme toute décadentes – de l’Occident matérialiste, sur cette religion.

2) Que la non-violence n’est pas incompatible avec l’Islam, mais qu’elle en constitue l’essence première ainsi que son expression la plus parfaite, à l’opposé des fanatismes qui tendent à réduire toute religion à un simple outil temporel, voir uniquement politique», écrit El Hadji Alioune M’BACKE.

 

Bien avant que le Mahatma GANDHI (1869-1944, voir mon post) n’ait théorisé et pratiqué la non-violence, et contrairement à El Hadji Omar TALL (1797-1864) et à Maba Diakhou BA, partisans de la guerre sainte, Cheikh Ahmadou Bamba, en humaniste émancipateur, a refusé tout recours à la violence. «Même si le Mahdi descend sur terre, je ne l’aiderai pas. Je ne tuerai ni scorpion, ni serpent ni âme qui vit. Avec la route que j’ai prise (…) si je prends des armes ma mission sera perdue» dit Cheikh Ahmadou Bamba. En effet, comme El Hadji Malick SY (1855-1922), le guide spirituel des Mourides fait appel au «Jihad du cœur». Ainsi, Bamba inaugure, avant l’heure, une forme de désobéissance civile, à la Mahatma GANDHI (1869-1944). Les chefs de canton se plaignirent de n’être plus obéis, ni écoutés par les Mourides, et une partie de la population refusa de payer l’impôt. «Le groupement dans une seule main de plusieurs milliers d’hommes entièrement soumis à leur Cheikh local et au Serigne suprême, et qui, sur un mot d’ordre de ce chef, pourraient troubler très gravement la tranquillité publique, aboutirait à l’anarchie publique» estime le colonisateur.

Cheikh Ahmadou Bamba M’BACKE a su déterminer une nouvelle vision aux yeux de ses contemporains en formulant d’une façon très claire des idées novatrices capables de faire bouger le peuple. Pour Bamba, le temporel ne saurait ruiner le spirituel, et donc le pouvoir colonial qui recherche l’évangélisation des Sénégalais, finira par être vaincu. Le Mouridisme, contrairement à ce que le colonisateur «une secte», mais une école de spiritualité par laquelle Bamba revendique le droit de pratiquer sa religion et de le faire avec toute la richesse de la culture africaine.

CAB et enfants
CIF et enfants

 Considéré comme un Saint par ses talibés, et d’une grande sobriété, pour Bamba Dieu doit être la seule préoccupation. Aussi, la grande dévotion et le fanatisme des Mourides à l’égard de leur guide spirituel est légendaire : «Il s’entoure d’un rigoureux protocole. Il fait réciter journellement plusieurs fois le Coran et de nombreuses formalités précèdent les prières : c’est le seul moment où Amadou soit visible. Les audiences privées constituent les rares faveurs, et quand, par hasard, il parle, c’est toujours an nom d’Allah. Il donne sa bénédiction en crachant sur la tête et les mains de ses adorateurs prosternés. L’eau de ses ablutions est précieusement recueillie, et le sable qui en absorbe les éclaboussures sert d’amulettes revendues par les talibés», écrit le 27 septembre 1907, l’administrateur de Louga.

Le Mouride signifie «l’aspirant» le «postulant» en somme le «Talibé» qui désire être uni à Dieu. Par extension, les Mourides sont les adeptes de la confrérie de Cheikh Ahmadou Bamba. Le Mouridisme c’est l’ensemble des doctrines religieuses, des prescriptions morales et des pratiques culturelles de cette confrérie. On appelle Cheikh Bamba soit «Serigne Touba» (le Marabout de Touba) soit «Khadimoul Rassoul» (l’Envoyé du Prophète). Par conséquent, le Mouridisme repose tout entier sur la personne d’Ahmadou Bamba, par sa sainteté, par sa science et ses valeurs morales, continue de drainer des foules à Touba. Dès le début, le colonisateur s’est méfié du Mouridisme qu’il a persisté à baptiser comme une «secte». «Nous ne devons négliger aucune occasion de combattre un prosélytisme ardent, hostile à notre influence, et en général, à la domination européenne» écrit le gouverneur de l’A.O.F. dans son rapport de 1911.

En définitive, un personnage historique, comme Bamba, peut exprimer, sans s’en rendre compte, les conditions sociales et les besoins de son époque. Le message délivré par Bamba répond à une crise morale de la société sénégalaise en vue de mobiliser son génie créateur. C’est en cela que la posture de Bamba est révolutionnaire, subversive, il venait de proposer à son pays un facteur de résistance et de cohésion sociale face à un colonialisme qui détruit les structures traditionnelles et les royautés.

I – Cheikh Ahmadou Bamba, un nationaliste irréductible

A – Cheikh Ahmadou Bamba est un nationaliste

Cheikh Ahmadou Bamba est un nationaliste, son opposition politique à la domination coloniale prit alors une coloration religieuse. «Le captif de Dieu et ne reconnaissait d’autre maître que lui et ne rendait hommage qu’à lui seul» écrit Bamba. En effet si toute obéissance va à Dieu, et ne peut aller qu’à lui, car lui seul a droit de commandement sur terre, Bamba en conclut «qu’il n’est d’autre autorité que celle de Dieu. Et s’il faut obéir à ceux qui détiennent le commandement on doit toujours ajouter que c’est à condition que l’ordre soit en parfaite conformité avec la loi coranique». Dès lors comment obéir à des autorités coloniales dont la légitimité ne repose que sur la force brutale alors que fondamentalement l’islam rejette ce qui s’appuie sur le despotisme. Tous ceux qui étaient en quête d’absolu ou refusaient de s’accommoder de la situation coloniale choisirent Bamba comme maître spirituel. On y trouvait des marabouts, d’anciens guerriers Tieddo en chômage du fait de la conquête, des chefs destitués, des esclaves en rupture de ban, des anciens cadres de la société traditionnelle, bref la plupart des individus que l’ordre colonial avait plongés dans une profonde détresse. La présence de ces mécontents dans le mouvement donna à la confrérie mouride l’aspect d’un abri où se réfugièrent tous les ennemis de l’administration coloniale. C’est eux, anciens cadres de la société traditionnelle, qui infléchirent le mouvement dans cette direction au point de rendre possible l’équation selon laquelle l’appartenance à la confrérie impliquait l’hostilité à la France. Cheikh Ahmadou Bamba est un soufi qui appelait à la rénovation des valeurs morales, seule susceptible de régénérer la société sénégalaise. La vie terrestre est illusoire, ce serait de la folie que d’y accrocher. «Je n’ai jamais de toute ma vie accompli un acte dont mon discipline puisse avoir honte, aussi n’aimerais-je pas que mes disciples se comportent d’une façon qui me fasse honte» dit-il «Evitez l’autosatisfaction et la vanité», ajoute Bamba. Cheikh Ahmadou Bamba est un Saint reconnu de tous avec une dimension mystique amplifiée par la tradition orale. «Ahmadou Bamba ayant posé les bases, ses disciples immédiats, les Cheikhs consacrés par lui, les ont développés avec l’ardeur et l’extravagance des néophytes ; la mentalité noire a fait le reste» écrit dédaigneusement Paul MARTY (administrateur colonial, 1882-1938)). Certaines sources orales particulièrement enthousiastes manquent de distance critique. Ainsi, on attribue à Cheikh Ahmadou Bamba de nombreux miracles. On dit que lors de ses exils, Amadou Bamba pria sur les eaux alors que les colons voulaient l’empêcher de s’exécuter sur le navire qui le menait au Gabon ; il réussit également à endormir un lion, que les colons avaient envoyé dans sa cellule à Saint-Louis, en lui récitant des prières. Le témoignage d’un militaire français est cependant troublant : «Au cours d’une nouvelle visite à Cheikh Bamba, il me fut donné l’occasion d’éprouver la valeur de son gris-gris. A mon retour au poste (militaire), je fus accueilli par une vive fusillade de deux goumiers révoltés. Bien que les énergumènes m’aient envoyé une centaine de balles à 30 mètres de distance, pas une ne nous toucha» écrit Eugène DEVAUX dans les Annales Coloniales du 20 octobre 1927. Il est difficile d’ignorer totalement la tradition orale, mais celle-ci est faite souvent d’exagération et de fanatisme, de nature à faire douter de sa fiabilité. En conséquence, je privilégierai donc les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba qui, en homme humble, a refusé toute forme d’idolâtrie de sa personne.

B – Cheikh Ahmadou Bamba est un Peul de culture Ouolof

De son patronyme BA, comme les Peulhs Dényankobé, les ascendants de Cheikh Ahmadou Bamba sont des Foutankais, même s’il est lui-même de culture Ouolof. «La tradition conserve le souvenir d’une lointaine ascendance : à la quatrième génération, l’aïeul portait le nom d’honneur de BA qui dénote des origines de Peuls noirs. Bien entendu ce fut un Toucouleur Wolofisé, fixé, marié, naturalisé en pays Ouolof» dit Vincent MONTEIL. «Le quatrième ascendant d’Ahmadou Bamba était un Toucouleur et originaire du Fouta. C’est lui le premier vient s’établir en pays Ouolof, s’y maria avec une femme du pays et adopta les mœurs et usages du pays» écrit Paul MARTY, un administrateur colonial contemporain de Cheikh Ahmadou Bamba. Sa mère, Mariame Diarra Bousso LY (1833-1866) est une peule originaire de Golléré, dans le département de Podor. Elle est décédée à Porokane, dans le Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, dans le fief de Maba Diakhou BA. D’une piété incommensurable, les Mourides lui vouent un grand culte : «Celui qui, ayant acquis le savoir, ne s’emploie pas à conformer ses comportements et conduites à ses connaissances, est comparable à un âne qui ploie sous le faix d’un lourd chargement de livres savants et qui, bien entendu, ne saurait profiter de tant de sciences » écrit Bamba. Aussi, un pèlerinage annuel des Mourides est dédié à Diarra Bousso LY. Ce sont des marabouts Toucouleurs, issus de la famille de sa mère, qui ont donné une éducation religieuse à Cheikh Ahmadou : Mohamadou Bousso et Samba KA. Cheikh Bamba a eu également une grande proximité avec Cheikh Sidya, un marabout mauritanien.

Le patronyme «M’Backé» est, en fait, tiré du nom village fondé par ses ancêtres dans le Baol en 1802, dans une parcelle de terre donnée à Maharam, par le 2ème Damel du Cayor, Amary N’Goné Sobel FALL. Le grand-père de Cheikh Ahmadou Bamba, Balla M’Backé, fonda à la fin du XVIIIème siècle le village de M’Backé. C’est là que naquit son fils, Momar Anta Saly qui fit ses études avec un grand marabout nommé Ahmadou Bamba. C’est pour cela que Momar donna le nom d’Ahmadou Bamba, à son deuxième fils né vers 1852, qui deviendra le guide des Mourides. Par conséquent, Bamba est né sous Auguste Léopold PROTET, gouverneur du Sénégal de 1850 à 1854. Au cours des invasions de Maba Diakhou BA (1809-1867), un disciple de El Hadji Omar TALL, la région du Baol fut dévastée, le grand-père, Balla M’Backé fut tué et son père Momar Anta Saly fut déporté au Saloum, à Prokhane. Momar Anta Saly, pour assurer sa survie, donne des enseignements coraniques et devient le percepteur des enfants de Maba Diakhou BA et assure les fonctions de Cadi. C’est là que le jeune Ahmadou Bamba fit la connaissance du Damel du Cayor, Lat-Dior, qui maria sa sœur Thioro DIOP à Momar Anta Saly. Dans son Jihad, Maba Diakhou avait accueilli Lat-Dior DIOP, l’a converti à l’Islam en 1864, et a refusé de le remettre aux autorités coloniales. Mais avec la duplicité du Bour du Sine, Coumba N’Doffène DIOUF, Maba Diakkou fut tué à Somb, le 18 juillet 1867. N’ayant plus de protecteur, Lat-Dior avec sa soumission au colonisateur fut réintégré comme Damel du Cayor en 1871 et la famille de Cheikh Ahmadou le suivi. Le père Bamba devait mourir dans le Cayor en 1882, à M’Backé Cayor. Bamba refusa le poste de Cadi c’est-à-dire chef du service judiciaire du Cayor en disant : «j’ai honte que les anges me voient porter mes pas auprès d’un roi autre qu’Allah». Cette conduite irréprochable vis-à-vis des détenteurs du pouvoir temporel lui attira l’affection de beaucoup d’éléments de la population.

Samba Laobé FALL et Lat-Dior DIOP seront vaincus définitivement par le colonisateur en octobre 1886 et le Cayor démembré ; ce qui oblige Ahmadou Bamba à revenir s’installer à M’Backé dans le Baol, un village fondé par son grand-père. Ahmadou Bamba va lui-même ériger un nouveau village du nom de Touba. Mais à cette époque, le Baol est une province livrée à l’anarchie et au désordre. Les chefs du parti Thiéddo furent mis à mort et Tanor GAYE, un ami et protecteur de Cheikh Ahmadou Bamba, devient le Tègne du Baol de 1890 à 1895. Bamba crée alors sa voie du Mouridisme «Quiconque m’accompagne pour la seule et simple raison de s’instruire, peut désormais chercher ailleurs, mais quiconque partage mon ambition et ma volonté peut me suivre dans la nouvelle Voie que j’ai tracée». En 1886, Cheikh Bamba fait une déclaration de fondation du Mouridisme «J’ai reçu de mon Seigneur l’ordre de mener les Hommes vers Dieu. Ceux qui veulent prendre cette voie n’ont qu’à me suivre. Quant aux autres qui ne désirent que l’instruction, le pays dispose assez de lettrés. Allez auprès de qui vous voulez !». ll veut réhabiliter les valeurs culturelles de base de l’Islam : «Je n’ai point fondé une confrérie, j’ai plutôt trouvé la voie qu’avait scrupuleusement suivie le Prophète, je l’ai défrichée plus proprement je l’ai rénovée dans toute son originalité» dit Bamba. La seule chose qui soit à la portée de l’homme n’est pas de «devenir» un avec Dieu, mais seulement de se sentir «un» avec son Seigneur. La société occidentale a tué Dieu et l’homme est devenu son propre Dieu. C’est pendant cette période faste et à partir de 1888, que les disciples affluent autour de Cheikh Ahmadou Bamba, et cela commence à inquiéter le colonisateur français. Il s’installe dans la brousse du bas-Ferloo entre le Djolof, le Cayor et le Baol. Les chefferies traditionnelles alliées au colonisateur y virent une menace pour leur autorité et leur pouvoir. Clément THOMAS, gouverneur de 1888 à 1890, hésite entre l’hostilité et la fermeté. Le gouverneur demande à Bamba de renvoyer chez eux ses talibés et lui offre des livres de Coran. Si certains Mourides sous la direction d’Ibra SARR, appellent à la guerre sainte, Cheikh Ahmadou Bamba écrit au gouverneur en juillet 1889, pour lui dire qu’il «n’avait besoin de rien en ce bas monde futile et périssable». De 1891 à 1895, le Baol jouit d’une tranquillité absolue.

 

Il est recommandé de réciter pendant la nuit du 14 au 15 chahban :

Réciter la sourate <<YASSINE>> 3 fois.

pour la première récitation formuler l’intention de bénéficier d’une longue vie . 

Pour la deuxième, formuler l’intention d’être protégé contre toutes les calamités. 

Pour la troisième, formuler l’intention que DIEU nous accorde suffisamment de biens afin de nous rendre totalement indépendants des autres.

Après cela, on récite 3 fois l’invocation suivante :

 

 

Translittération en caractère latin :

Bismillâhi - r - rahmâni - r - rahimi allâhumma yâ dhal manni wa lâ yumannu Calayhi yâ dhal jalâli wal ikrâmi yâ dhat - t - tawli wa linCâmi yâ man lâ ilâha illâ ’anta zhahral lâji îna wa jâral mustajirîna wa ma’ manal khâ ’ifîna. Allahumma ’in kunta katabtanî Cindaka fî ummil kitâbi shaqiyyan aw mahrûman aw matrûdan aw mouqtaran Calayya riszqi famhu. Allâhumma bi fadlika shaqâwâtî wa hirmânî wa tardî wa iqtâra riz qî wa thabbitnî Cindaka fî ummil kitâbi saCîdan marzûqan muwaffaqan lil khayrâti fa innaka qulta wa qawlukal haqqu fi kitâbikal munzali Calâ lisâni nabyyikal mursali yamhul lâhu mâ yashâ ’u wa yuthabbitu wa Cindahû ummul kitâbi. Ilâhî bitajallîl aCthami fî laylatin niçfi min shaCbân moukarram allatî fîhâ yufraqu kullu amri’in hakîmin wa yubramu ikshif Cannî minal balâ’i ma aClamou wamâ lâ aClamu wagh firlî mâ ’anta bihî aClamu wa çalla lâhu Calâ sayyidinâ muhammadin wa Calâ ’âlihî wa sahbihî wa sallama tasl îman.

Que la Paix et le salut de DIEU le TRES - HAUT soient sur son Prophète et son Serviteur, sa Famille et ses Compagnons et ses disciples.

A l'issue de la 5e édition des Journées Khassaides au Gabon, organisée par la communauté mouride résidant dans ce pays et dont l'innovation majeure fut l'organisation de panels et d'une exposition sur Cheikh Ahmadou Bamba (rta) à l'Université Omar Bongo de Libreville, d'intéressantes avancées et perspectives ont été envisagées pour le futur. Des idées qui pourraient bien inspirer les mourides vivant dans d'autres pays du monde.

Les panels scientifiques, tenus lors de la première journée (29 Avril 2017), au département d'histoire de l'UOB, ont enregistré la participation d'éminents universitaires et religieux gabonais, avec comme intervenants :

- Dr Nguiabama-Makaya Fabrice, Professeur d'histoire et spécialiste de la colonisation, qui traita brillamment du thème : « Les concepts d’enfermement, de résistances et de déportations au Gabon, 1898-1930 »

- Pr Ratanga Atoz, Historien gabonais très réputé, qui développa le sujet : « Le rôle historique de la communauté sénégalaise au Gabon »

- Dr Mboyi Bongo Serge traita : « La Place de la mystique dans le Jihad de El Hadji Omar Foutiyou Tall »

- Imam Tidjany, membre du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon, traita le thème : « L'Islam, une religion de paix »

- Moustapha Boussougou, disciple mouride d'origine gabonaise qui fit un exposé sur « La résistance pacifique de Cheikh Ahmadou Bamba »

- S. Abdoul Aziz Mbacké Majalis, chercheur sur le Mouridisme et conférencier du jour, traita du thème principal : « L’Islam et la paix dans le monde : le modèle de non-violence de Cheikh Ahmadou Bamba » A l'issue du succès rencontré par cet événement académique, qui constitue, il faut le rappeler, une première dans l'histoire du Mouridisme au Gabon, certaines perspectives majeures ont été envisagées pour le moyen et long terme.

1- Sur proposition du Chef du Département d'Histoire et d'Archéologie de l'Université Omar Bongo lui-même, un cours sur l'histoire de Cheikh A. Bamba pourrait être prochainement intégré dans le programme de son département. Une suggestion qui sera matérialisée à travers une collaboration étroite entre ce département, les historiens de la Mouridiya et d'autres spécialistes, sous la coordination et l’assistance de la communauté mouride.

2- Il a été, en ce sens, prévu d'inviter prochainement au Sénégal les professeurs et brillants chercheurs de l'Université Omar Bongo ayant participé aux panels. Ces historiens (dirigés par leur chef de département), sociologues, anthropologues et spécialistes des religions pourront ainsi visiter Touba (probablement à l'occasion du Magal), rencontrer les savants et leaders mourides, visiter les universités UCAD et UGB, échanger avec d'autres universitaires sénégalais et nouer des partenariats ou programmes d'échanges entre les institutions des deux pays.

3- Un concours sur la biographie et les enseignements de Cheikh A. Bamba sera prochainement organisé à l'intention des étudiants de l'Université Omar Bongo. Une bibliographie complète sera en ce sens mise à disposition de la bibliothèque universitaire de l'UOB pour permettre aux étudiants d'approfondir leurs connaissances sur l'Islam, le Sénégal, le Mouridisme etc. Les gagnants de ce concours obtiendront différents prix (parrainés par les dahiras, des mécènes etc.) incluant des gratifications financières, un séjour à Touba entièrement pris en charge, financement de thèses etc.

4- L'idée que la communauté mouride puisse désormais financer des thèses universitaires sur les enseignements de Cheikh A. Bamba et sur son séjour au Gabon a été également retenue. Cette proposition sera soumise aux chercheurs et étudiants de l'UOB, afin de les encourager à enrichir la recherche en ce domaine, surtout lorsque le cours prévu sur l'histoire de Cheikh A. Bamba figurera au programme. Des contacts avec le Laboratoire langues et culture de l'Université ont été déjà noués pour mettre en place une équipe de recherche pluridisciplinaire (constitués d’historiens, d’anthropologues, de géographes etc.) chargée de retracer et de retrouver le maximum d'informations sur le séjour du Cheikh au Gabon. Cette équipe sera, entre autres, chargée de produire un ouvrage, un documentaire audiovisuel et des exposés public sur le sujet.

5- L'exposition sur la vie et les enseignements de Cheikh A. Bamba pourrait être hébergée en permanence, en même temps qu'une bibliothèque et un musée, dans un futur centre de recherche sur le Mouridisme à Libreville. Le projet en cours de construction d'un complexe Islamique (Keur Serigne Touba) dans le quartier Glass, par la communauté mouride du Gabon, pourrait éventuellement abriter ledit centre, qui servira de support pour tout chercheur sur le patrimoine du Cheikh et de l'Islam de façon générale.

Puisse le Seigneur matérialiser toutes ces nobles ambitions, par la grâce du Prophète Élu (PSL) et son Serviteur privilégié qui, lors de son exil de sept années au Gabon, proclama, de façon étonnamment prémonitoire, les avantages infinis dont son Généreux Créateur le gratifia à Libreville :

« A Libreville, mes vœux furent exaucés par le Seigneur qui m'a accordé [des Faveurs] dépassant celles de tous les saints. »

Par A. Aziz Mbacké Majalis

Rajass Khassida par Un Tout-Tank à la journée de  Ahmadul Khadîm Gningue.

Serigne Touba a insisté de manière forte sur le mérite de la connaissance et montré combien est haïssable l'ignorance. Ainsi, il a insisté de manière claire sur l'éducation et le travail. C'est pour cela qu'il s'était isolé à Touba dans le but de transmettre le savoir et d'éduquer des générations dans une atmosphère austère rien que pour se soumettre aux ordres de Dieu et suivre les pas du Prophète Muhammad. Sa méthode héritée de celle du Prophète était juste de soumettre le coeur au jugement de l'intellect. Conscient de ces deux éléments que Dieu a accordé à l'être humain, Serigne Touba a construit un univers sain en y réalisant un ordre de façon que ces deux éléments puissent fonctionner en équilibre. Sans l'intellect, les caprices, les passions domineraient le coeur au point de corrompre l'être humain. Sans le coeur, la vertu n'est que imaginaire, de simples schémas et lignes sur papiers. Ainsi, l'objectif de Serigne Touba était de libérer les charges, les passions et avidités temporelles diverses dans les cœurs. C'est cela le sens de sa mission, de sa méthode et de sa démarche. Yar ( éduquer), jang ( instruire), ligeey ( travail) sont les moyens que Serigne Touba a utilisés pour sauver les êtres du terrible mal des passions, des désirs.

La volonté de Serigne Touba était la purification des masses. C'est aussi de cette mission que nous devrons mesurer la valeur de tous ceux qui se réclament de lui. C'est aussi une manière de mesurer à quel point certains d'entre nous lui sont préjudiciables. Certains d'entre nous peuvent prendre crédible la prétention d'être affilié à Serigne Touba, mais au juste ils ne suivent que leurs passions. Tu peux remarquer combien certains d'entre nous ont tendance à aligner leurs passions, leurs fantaisies pour des principes de Serigne Touba. Combien, il est aisé à certains d'entre nous de transformer la démarche de Serigne Touba en vêtements variés et contradictoires taillés à la mesure des ambitions. O toi qui se réclame de Serigne Touba! Si tu ne parviens pas à assumer intégrement la charge de disciple de Serigne Touba, au moins ne le voile pas à ceux qui cherchent à le connaitre.

 

Par Serigne Mouhammadou Moustapha Diop

De nombreuses femmes connaissent une fausse couche au début de leur grossesse. Une solution existe et provient du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba (Rta) le serviteur du prophète Mohammad (Paix et Salut sur Lui). Il est écrit dans son ouvrage Majmahu nuurayni fii fawaaidi darayni qu'il faut écrire ce que vous voyez à l'image ci-dessous et l'attacher au corps de la femme enceinte.

 

S'il plait à Allah, Allah fera qu'elle ne fera pas de fausse couche, conclut le Cheikh.

De même, ajoute le Cheikh, celui qui écrit ce "xaatiim" extrait de achadiid et l'attacher à la femme qui a l'habitude de faire de fausses couches à répétition, s'il plait à Allah, Allah fera qu'elle ne fera plus de fausse couche.

Voici le "Xaatiim " à écrire :

 

 

Extrait de :Majmahu nuurayni fii fawaaidi darayni

Auteur : Cheikh Ahmadou Bamba

Transcription en Wolof : Serigne Moustapha Lô Kholl

 

Après son retour de Mauritanie en 1907, Ahmadou Bamba était en résidence surveillé à Thiéyéne. De 1908 à 1909, il était l’objet d’une surveillance exceptionnellement sévère. Ses moindres déplacements, ses plus petites actions étaient signalées tandis que le nom de ses visiteurs était transcrit sur un registre au jour le jour. Les autorités coloniales après avoir beaucoup observé Ahmadou Bamba durant cette période, vont reconsidérer leur politique envers cet homme exceptionnel. Cette période coïncide avec l’avènement à la tête de l’AOF de 1908 à 1915 de Merleau-Ponty, Amédée William.

Ce dernier était l’une des rares autorités coloniales à avoir compris Ahmadou Bamba, le Gouverneur Ponty mettait souvent en garde certains administrateurs contre leur politique réactionnaire et certains excès. Il n’a cessé de témoigner des sentiments d’estime et de respect à l’endroit du marabout.

 

Son règne fut celui de l’apaisement, de l’assouplissement et de la dédramatisation contrairement aux rapports incendiaires, faux et calomnieux autrefois sur le marabout. Bien que ce dernier œuvrait exclusivement pour les intérêts de la France, sa nouvelle démarche qui postulait « la prudence, la vigilance et l’habilité » à considérablement amélioré la qualité des relations entre Ahmadou Bamba et les colonisateurs. Revisitons les derniers témoignages sur Ahmadou Bamba par les français.

Serigne Khadim Gaydel Lô

Ce texte est extrait de la célèbre lettre adressée par Cheikh Ahmadou Bamba (قادله الله مآختارله) à Serigne Ndaam ‘Abdou-r-Rahmân LO (رضى الله عنه), un de ses disciples et précepteur de ses enfants, connu pour sa grande piété et son profond attachement au Coran. Cette longue correspondance, sous forme d’ouvrage épistolaire, intitulée « Fath ul-Manân fi Jawâbi ‘Abdi-r-Rahmân » (Le Dévoilement du Seigneur Profitable, à titre de réponse au disciple ‘Abdu-r-Rahmân), constitue un précieux recueil de recommandations que tout disciple mouride, tout musulman, se doit de méditer profondément et d’en faire son viatique, afin d’accéder au Salut, ici-bas et à l’Au-delà…

* * *

Mon Cher disciple,

J’entreprends ici de satisfaire à ta requête, consistant en recommandations utiles à même de te parfaire, aussi bien intérieurement qu’extérieurement, tout en te préservant des machinations de Satan. Aussi accédé-je à ta sollicitation, après m’être préalablement enquis auprès d’ALLAH ﷻ de l’opportunité de ma réponse (Istikhâr). Ce qui me permet de t’adresser aujourd’hui cet ensemble de recommandations qui te suffiront largement comme instructeur et compagnon. Exhortations qui, s’il plaît à Dieu, te profiteront dans ce monde-ci et dans l’Autre, toi et tous ceux d’entre tes semblables qui s’y attacheront scrupuleusement (…)

Mon Cher Disciple,

Je te recommande, de même qu’à ma propre personne, la Crainte de DIEU (Taqwâ) [définie également comme la Piété ou la Conscience Intime de Dieu], le Sublime. Car elle constitue sans conteste la meilleure des choses…

Dans l’ouvrage Shudhûr ul-Adhkâr (Les Perles des Oraisons) de notre vénéré Cheikh Sîdi Mukhtâr al-Kuntî (DIEU Soit Satisfait de lui et de nous) il est dit ceci : « Les avantages de toute œuvre dépendent de la qualité de l’intention l’ayant sous-tendue. Et la Crainte de DIEU (Taqwâ) constitue assurément le principe fondamental de toute sagesse. Elle réunit en effet l’ensemble des bienfaits et des faveurs. Aussi toute personne qui aspire à la Connaissance véritable devra-t-elle persévérer à craindre DIEU. Quiconque recherche des moyens de subsistance bénis devra également craindre DIEU. De même quiconque aspire au Salut [dans ce monde-ci et dans l’Au-delà] devra craindre DIEU. Quiconque souhaite devenir le plus honorable des hommes n’a qu’à craindre DIEU… »

Si, à présent, tu me demandes, Cher Disciple, de te définir de façon précise en quoi consiste la Crainte de DIEU, de sorte que tu comprennes avec exactitude ce qu’elle recouvre, je te répondrai ceci :

Sache que la Crainte de DIEU est un concept qui désigne à la fois l’observance fidèle des Commandements de Dieu et la stricte abstention envers Ses Interdits. [Que ce soit de façon visible ou cachée]. Elle est, en conséquence, bien différente de la conception qu’en ont certaines personnes insensées, égarées par Satan le damné, qui prétendent craindre les calamités de DIEU ﷻ et SON Châtiment, tout en persistant délibérément dans les péchés…

C’est ainsi qu’on peut entendre de pareilles gens gémir inconséquemment : « Ah ! Comme je crains l’obscurité et l’exiguïté de la tombe ! Que j’ai peur du châtiment de l’enfer et de son tourment ! Comme je crains les affres de la mort et celles de l’agonie ! » Sans que ces lamentations ne les empêchent en aucune manière de persister dans les péchés graves, tel le fait de regarder lascivement les femmes [qui ne sont point les leurs], de verser dans le mensonge, de médire de leurs semblables et de consacrer leur vie à des futilités…

Et si jamais tu t’avises de faire remarquer à l’un d’entre eux que de telles choses sont tout à fait interdites, il ne manquera point de te répondre : « Ah ! Tu sais bien que personne de nos jours ne peut s’abstenir de commettre ce genre de choses. Car tout le monde le fait… » Ceci, en dépit du fait qu’il ne lui aurait certainement pas convenu d’être associé au châtiment qu’encourent ces personnes dont il parle, le Jour où elles seront rassemblées dans le Feu de l’Enfer. Bien sûr que non ! Il détesterait assurément, de toutes ses forces, subir ce Jour-là le même sort que ces gens…

Ces insensés ne comprennent certainement pas qu’une transgression interdite par LE SEIGNEUR ﷻ, fut-elle considérée comme minime ou grave par les gens, restera pour toujours prohibée auprès d’ALLAH ﷻ. Et qu’elle n’en viendrait au grand jamais à devenir licite, du simple fait que tous les gens s’y précipitent et s’y accordent. Au contraire, autant ce péché fut considéré comme grave et condamnable par ALLAH ﷻ au cours des temps anciens, autant il est demeuré grave jusqu’à nos jours [et continuera à l’être dans le futur].

Mais le fait est que, lorsqu’un mal se généralise, il a tendance à être considéré comme négligeable et sans gravité aux yeux des gens. Ainsi, une femme aux mœurs légères souhaitera-t-elle toujours que les autres femmes l’imitent dans le libertinage, afin que sa bassesse ne soit point mise en évidence. De la même façon, un savant corrompu n’appréciera-t-il jamais ses vertueux pairs qui eux mettent scrupuleusement leur savoir en pratique…

Certes, la faveur attribuée à la Crainte de DIEU dans le verset suivant aurait dû amplement suffire [en guise d’exhortation pour apprécier sa haute valeur auprès du SEIGNEUR ﷻ] :

« [Le Coran] constitue une guidée pour ceux qui craignent réellement ALLAH. » (Coran 2 :1) * * *

 

Traduction française : Majalis.org

Ce récit particulièrement prodigieux fait partie des témoignages recueillis par le Cheikh Mouhamadou Lamine Diop Dagana (m. 1967), ancien imam de la mosquée de Diourbel, scribe et disciple de Cheikh Ahmadou Bamba ayant eu à vivre près de lui et dont la Crainte Révérencielle et la Piété sont restées légendaires. Son œuvre d’historien et de chroniqueur de la vie du Serviteur du Prophète consista, en plus des événements auxquels il a eu à assister personnellement, en des enquêtes de terrain auprès des principaux témoins des faits relatés. Ces événements-ci, repris de son ouvrage maître Irwâ’u Nadîm (L’Abreuvement du Commensal) se sont passés lors du second exil de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie (1903-1907)…

* * * * * * * * * * * *

« Les Halawi affirment qu’ils n’ont jamais su la raison pour laquelle Cheikh Ahmadou Bamba avait baptisé leur point d’eau « Birru-I-Qayr » (Puits des Bienfaits). Etant donné qu’il n’en existait pas ailleurs sous cette appellation et que l’on n’entendit jamais parler d’un puits portant un tel nom, même chez les Anciens. Ceci, jusqu’au jour où le Cheikh Ahmad ibn Buddi fut inhumé exactement prés dudit point d’eau… Ils surent alors le secret de cette dénomination et se rendirent en même temps compte de la force de pénétration mystique (Kashf) de Cheikh A. Bamba. Au sujet de ce Cheikh Ahmad ibn Buddi, le Serviteur du Prophète a dit et écrit maintes choses [que nous allons ici vous dévoiler]. (…) Mon ami et frère Cheikh Ibrahima Amar, plus connu sous le nom de Ibra Dior, m’a relaté l’histoire suivante : « Cheikh Ahmadou Bamba m’envoya un jour, de Sarsara (ou de Tintou Mouhzin, je ne me souviens plus), pour aller à Saint-Louis lui acheter un livre intitulé Mawâhibou Ladouniya (Les Dons Provenant [de DIEU]), composé par l’imam Khastalâni. Je me rendis dans cette ville et y éprouvai toutes les peines du monde sans toutefois arriver à mettre la main sur ledit ouvrage. Je dus finalement me résoudre, infiniment abattu, à rebrousser chemin [et à rentrer en Mauritanie]. Arrivé à la hauteur de la localité où résidait Cheikh Ahmad ibn Buddi, une de mes veilles connaissances, je pensai faire un détour chez lui, histoire de le saluer et de lui rendre une petite visite. Lorsque j’arrivai dans sa concession, il manifesta une grande joie et m’accueillit à bras ouverts. Quand je me fus reposé en un lieu [qu’il m’aménagea], nous entrâmes en une conversation au cours de laquelle il s’enquit de l’objet de mon voyage ; ce à quoi je lui révélai que le Cheikh m’avait envoyé à Saint-Louis et ainsi de suite… Je lui appris également mon affliction de ne pas trouver l’objet de ma quête. Alors, incontinent, le Cheikh [Ahmad ibn Buddi] se leva et se mit à fureter parmi ses livres jusqu’à en retirer deux tomes qu’il me tendit en disant : « Dis au Cheikh que ceci est un don de ma part, pour la Face d’ALLÂH ﷻ ». J’en conçus une joie extraordinaire et le Cheikh [à qui je remis plus tard le présent] en éprouva une plus grande encore ; satisfaction aussi bien pour le livre que pour l’auteur du don…» [Ceci constitua le prélude des liens qui allaient sans tarder se nouer entre le Serviteur du Prophète et le Cheikh Ahmad ibn Buddi]… (…) Al Hâj Muhammad ibn ‘Aba, appelé aussi du nom de [son père] Cheikh Ahmad ibn Buddi, m’a raconté que son père [qui appartenait à la Tidjannia], avait un jour écrit (ou s’était adressé de vive voix) au Cheikh [Ahmadou Bamba] pour lui demander de transmettre ses salutations au Messager de DIEU ﷺ et à Cheikh Ahmad Tidjânî (Que DIEU TRES-HAUT soit Satisfait de lui) et qu’il espérait recevoir les leurs en retour… Le Cheikh lui écrivit alors, en retour, que le Messager de DIEU ﷺ lui rendait ses salutations, de même que Cheikh Ahmad Tidjânî… (…) Cette ode [du Serviteur du Prophète] figurant ci-dessous constitue à la fois une réponse à la lettre envoyée par Cheikh Ahmad ibn Buddi et son neveu, mais aussi une répartie indirecte à ceux qui s’interrogeaient sur la question théologique « Est-il possible que l’Archange Gabriel revienne [en Messager auprès d’un humain] après le Prophète Muhammad (Paix et Salut sur Lui) ? »

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Au Nom de DIEU, le CLÉMENT, le MISÉRICORDIEUX. [Récitation de la Salâtul Fatiha…] [Cette ode a pour objet] de faire savoir à Cheikh Ahmad ibn Buddi, à Muhammad Hafîz, et, en dehors d’eux, à tous les Halawi, hommes et femmes, et, par-delà ceux-ci, à tous les musulmans et musulmanes : – Que le Prophète de DIEU (sur Lui la Paix et la Bénédiction de DIEU TRES-HAUT, ainsi que sur sa Famille et sur ses Compagnons) rend son salut à Cheikh Ahmad ibn Buddi ; – Que Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU TRES-HAUT Soit Satisfait de lui) lui rend également son salut ; – Que le Prophète de DIEU (sur Lui la Paix et la Bénédiction de DIEU TRES-HAUT, ainsi que sur sa Famille et sur ses Compagnons) honore Cheikh Ahmad ibn Buddi d’une estime pareille à celle qu’il réserve à un frère de sang ; – Que Cheikh Ahmad ibn Buddi bénéficie désormais de l’Agrément de DIEU TRES-HAUT qui le préservera, durant toute son existence, de toute source de terreur ou d’affliction et qui lui assurera, après sa mort, la Miséricorde Divine ; – Que Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU, TRES-HAUT Soit Satisfait de lui et l’élève plus près de Lui) le considère tel son propre fils, de telle sorte que quiconque ayant reçu le Wird Tidjane de ces deux Cheikh [Ahmad ibn Buddi et Muhammad Hafîz] (Que DIEU,TRES-HAUT Soit Satisfait d’eux, leur assure la Sécurité de même que Sa Miséricorde), puis s’en détourne par esprit de négation, pour se diriger vers quelque autre Maître Spirituel, celui-là causera sa perte ici-bas et dans l’Au-delà (Puisse DIEU nous préserver de cela). Par contre quiconque ayant reçu ce Wird de l’un d’entre eux et le pratique, celui-là acquerra le profit ici-bas et, s’il meurt dans cette situation, celui de l’Au-delà. Ceci, afin que quiconque aura jeté un œil sur ces mots sache qu’ils furent retranscrits de la bouche même de Cheikh Ahmad Tidjânî (que DIEU, le TRES-HAUT, Soit Satisfait de Lui) qui les a transmis au [Serviteur du Prophète] l’auteur des vers que voici … – Une Salutation, Excellente et au-dessus de tout autre salut source d’harmonie, a été rendue… – Salutation transmise par [Ahmadou Bamba] le captif de son SEIGNEUR, le Serviteur de l’Elu, à [Ahmad ibn Buddi] qui obtint l’Élévation -Ô toi Auguste Cheikh ! Tu es désormais préservé de tout mal – Toi, ainsi que tous ceux qui suivent tes traces, êtes sécurisés, d’ici jusqu’à votre entrée au paradis, de toute privation de bien – Le SEIGNEUR SUBSISTANT t’a accordé la Sécurité contre l’ensemble des maux, par la Grâce du [Prophète] Choisi Par Excellence, le Détenteur de l’Étendard, – Et par celle de ton Maître, l’Agréé [Ahmad] Tidjâni, celui-là qui, parmi les Nobles [Hommes de DIEU], paraît avec l’éclat du corail – Paix et Salut soient sur la Meilleure Créature de DIEU, [le Prophète] à qui IL a Accordé Eminence et confié Ses Versets – Que l’Agrément, source d’harmonie, du SEIGNEUR ETERNEL soit ensuite accordé à [Ahmad ibn Buddi], ce Saint dont l’imitation est élevée…

* * * * * ** * *

« (…) Mon informateur [Al Hâj Muhammad ibn ‘Aba] m’a rapporté : « La nouvelle [contenue dans cette ode] mit mon père dans un inexprimable état de transe tel qu’il ne cessa, à partir de cet instant, de hocher la tête, frappé par [un tel prodige] qui déroutait son esprit. Et il ne cessa de se conduire de cette façon étrange jusqu’à ce qu’il rendit l’âme [Il faut préciser que] notre concession se trouvait à une longue distance du lieu de résidence de Cheikh Ahmadou Bamba et que nous n’avions encore mis personne au courant de la nouvelle du décès, qui eut lieu au cours de la nuit. Et [mieux] certains [habitants de la maison] n’apprirent la chose que lorsque survinrent, tôt le matin… des messagers du Cheikh ! Ils nous dirent qu’ils avaient été envoyés par le Cheikh pour qu’ils puissent assister à l’inhumation de notre père et présenter ses condoléances aux siens !!! » [Cheikh Ahmadou Bamba] écrivit par la suite un autre poème démontrant la Place de Choix qu’occupait ce Cheikh [Ahmad ibn Buddi] auprès du Prophète (PSL), éminence qui lui valut cet honneur insigne [provenant du Messager (PSL)]. Il disait dans ce poème [qui démontre comment il fut informé de la nouvelle du retour à Dieu de Ahmad ibn Buddi bien qui que ce soit d’autre] :

* * * * * * * * * * * *

Ceci est la Rétribution accordée à l’honorable Ahmad ibn Buddi et à son Calife… Au nom de DIEU, le CLÉMENT, le MISÉRICORDIEUX. Puisse DIEU accorder Son Salut à notre Seigneur et Maître Muhammad, à sa Famille et à ses Compagnons, et puisse-t-IL leur assurer la Paix… Il est descendu des cieux, la nuit du décès de l’honorable Ahmad ibn Buddi, l’Esprit Saint [l’Archange Gabriel] (sur lui la Paix) accompagné d’un grand nombre d’Anges, afin de rendre hommage à l’éminent Ahmad ibn Buddi pour sa bonne opinion envers l’Esclave de DIEU et Serviteur du Prophète [que je suis]. Ainsi DIEU, le PRE-ETERNEL, le SUBSISTANT, ne manqua-t-Il pas de l’honorer ; et [les Anges] ne s’en retournèrent en cette nuit vers le ciel qu’en ramenant son âme en parfait état d’apaisement. Cette Faveur procède d’une promesse qui lui fut faite et d’autres [Privilèges] dont le Serviteur [du Prophète] va, ici, donner un aperçu : – Est venu l’Esprit Saint (c’est vraiment Lui qui apporte consolation !) en compagnie d’une Troupe Sublime lorsqu’il fallut à Ahmad [ibn Buddi] s’en aller – Ahmad a reçu auprès de DIEU ce qu’il escomptait et eut à contempler, de façon manifeste, les Bienfaits provenant de la Porte [de la Miséricorde] qui, jamais, ne se ferme – DIEU a récompensé celui qui offrit un présent au Serviteur [du Prophète] envers qui DIEU s’est montré GÉNÉREUX de Ses Bienfaits – c’est assurément le SEIGNEUR Qui fructifie ! – C’est de DIEU, le PROPRIÉTAIRE du Trône, que j’escompte la faveur de faire largesse de Ses Dons*** à [Ahmad], l’auteur du cadeau, qui fait désormais partie des Bienheureux couronnés [du Paradis] – Et il est, certes, devenu pleinement évident pour lui, dans l’Au-delà où il se trouve, que je suis le Serviteur Incontestable du [Prophète Muhammad] Investi de la Primauté et de la Précellence, le Détenteur du Diadème… – Est ainsi parti [Ahmad ibn Buddi], Seigneur des Nobles, celui-là qui reçut la Prééminence, grâce à celle de [Cheikh Ahmad Tidjânî], Guide dont le Wird restera à tout jamais une voie [vers le Salut] – Que soit sur ce Seigneur des Nobles l’Agrément de [Cheikh Ahmad Tidjânî] et celui de la Meilleure Créature, le Magnifique [Prophète] – Je prie aussi DIEU de Satisfaire les desseins de son calife [le successeur de Ahmad ibn Buddi] par l’entremise du [Prophète] aux Lumières Eclatantes – Sur Lui la Paix du SEIGNEUR Qui l’a guidé par Sa Grâce et l’a Elevé, lors de sonVoyage Nocturne(Isrâ), vers des Degrés Sublimes… Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de DIEU soient sur vous… »

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Note : *** « faire largesse de Ses DONS… » Pour Serigne M. Lamine Diop, ces « Dons » renvoient au livre offert en cadeau au Cheikh et intitulé Mawâhibou Ladouniya (Les DONS Provenant de [DIEU]). Ainsi cet ouvrage au titre prémonitoire ne fut que le motif apparent de réalités mystiques plus profondes, à savoir la Consécration qui était réservée à cet homme de bien par la Grâce de Khadimou Rassoul. Dons qui générèrent les « Bienfaits » à la base de l’appellation donnée de façon prémonitoire par le Cheikh au puits (Birrul Qayr) près duquel fut plus tard inhumé Cheikh Ahmad ibn Buddi. Comme quoi, les DONS procurent les BIENFAITS… * * * * * * * * * * * * Il nous a semblé également intéressant de noter, en sus du récit ci-dessus de S. Mouhamed Lamine DIOP Dagana, que la tribu des Halawi et le nom de Cheikh Ahmad ibn Buddi apparaissent aussi à plusieurs reprises dans l’ouvrage de Cheikh M. MBACKE (Les Bienfaits de l’Eternel), notamment dans ce passage (p.146) où l’auteur décrit l’attachement que le Serviteur du Prophète ne manquait jamais de manifester envers ses Frères de religion, quelles que soient leurs obédiences et confréries d’origine..

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« (…) Vous voyez que, après son élévation au service exclusif du Prophète et à l’instruction directe auprès de Lui (PSL), Cheikh A. Bamba traitait ses [précédents] maîtres tous sur un même pied d’égalité. Il les a tous remerciés et loués, car chacun eut le mérite de lui avoir servi d’exemple dans le passé. Ce qui prouve sa reconnaissance envers eux, c’est le respect dont il les entourait ainsi que leurs compagnons depuis le début jusqu’à la fin de ses rapports avec eux. Il n’y a point parmi nous personne qui ne l’ait vu offrir des cadeaux généreux aux envoyés des QADR, vénérer et prodiguer des présents magnifiques aux cheikhs SHADHILITES, comme les Ali Ahmad, Ali Muttâl et les autres. De même les TIDJANES maintenaient de bonnes relations avec lui, et il les honorait avec excès et vénérait leurs cheikhs, comme les cheikhs Halawi qui venaient souvent lui rendre visite et qu’il couvrait de ses dons, de sorte que sa renommée se répandit aussi bien parmi leurs jeunes que parmi leurs adultes et leurs cahiers furent remplis de beaux poèmes de leurs poètes dédiés à lui. J’ai également vu leurs confrères noirs [Tidjanes] venir lui rendre visite et résider chez lui. Il les entourait alors d’hospitalité et leur préparait des locaux propres où ils accomplissaient leurs Wazîfa (séances publiques de Dhikr et de prières sur le Prophète (PSL)). Il se conduisait de même avec d’autres cheikhs réputés pour leur piété, qui n’appartenaient pas à ces trois Voies [Qâdriya, Tijâniya, et Shâdhiliya]. Il traduisait sa reconnaissance envers eux dans ses rapports avec leurs fils et revivifiait, dans la mesure du possible, leurs écrits et leurs Dhikr (…) »

* * * * * * * * * * * *

Cet autre passage du même ouvrage (p.88) mentionne, toujours à ce propos, l’épisode d’une des premières rencontres que fit le Cheikh lors de son exil mauritanien, en juin 1903 (Rabi I 1321 H), juste après sa traversée du fleuve Sénégal…

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« Le poète Halawi, l’honorable juriste, le juge, Muhammad Abdoullah ibn Fafa, auteur de célèbres et très beaux poèmes en l’honneur du Cheikh, m’a raconté plus tard qu’il avait rencontré le Cheikh monté sur le chameau de Cheikhna [ibn Dada, mandataire du Cheikh Sidya]. Et que le Cheikh lui avait demandé : « Qui sont les habitants de cette vallée ? ». « Je lui ai alors cité des Cheikhs Halawi, tels que Cheikh Ahmad fils de Cheikh Muhammad-al-Hafîz et Cheikh Ahmad ibn Buddi. Le Cheikh lui répondit alors par ce verset : « Fas’alû Ahl Zikr in kuntum lâ tahlamûna… » (« Interrogez les Gens du Rappel (Ahl Dhikr) si vous ne savez pas ») (Coran 7:21). » « Quand je suis rentré, poursuit le poète Halawi, j’ai informé les gens de la nouvelle [de cette arrivée] et leur ai affirmé que j’étais sûr qu’il s’agissait du Maître [Noir] dont nous avions entendu conter l’histoire [prodigieuse]. Quand ils ont vérifié la nouvelle, ils m’ont interrogé sur ce qu’il m’avait dit et j’ai répondu qu’il m’avait demandé qui habitait ici et je vous ai mentionnés. Il a alors ajouté : « Interrogez les Gens du Rappel si vous ne savez pas ». Ils se sont alors exclamés : « Louange à DIEU ! Puisqu’il considère que nous faisons partie des Gens du Rappel… » »

Par Cheikh ‘Abd al ‘azîz M’backé Majalis.

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