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05 juillet 2013 : 6 ans déjà, la commuanuté mouride se souvient de Serigne Abdou Hakim Mbacké

Ce vendredi soir, les musulmans, dans la stupeur générale, viennent de perdre un homme exceptionnel dont la piété et les actions étaient au service de la toute société sénégalaise. La communauté mouride en particulier, qui plaçait beaucoup d’espoir en lui, vient de perdre un guide, un soufi authentique et un Mouride Sadik qui a consacré sa vie entière à l’application stricte des enseignements de son illustre grand-père Cheikh Ahmadou Bamba.

Serigne Abdou Hakim, de par son physique frêle, marqué par le suivi stricte du Tasawuf, son ascétisme; un jeûne de presque la moitié de l’année et l’édification de mosquées dans toutes ses concessions où il tenait à diriger lui-même les prières canoniques. Son comportement exemplaire marqué par son détachement de la vie mondaine, la dévotion assidue à Dieu et la Khidma, c’est-à-dire, le travail acharné au Service de l’Islam pour apporter aide et assistance aux nécessiteux. Serigne Abdou disais je, rappelait à bien des égards la personne du Cheikhoul Khadim. 

Né en 1938 à Touba Kael dans le département de Mbacke, Serigne Abdou Hakim est le fils de l’éminent Serigne Bassirou Mbacké ibn Cheikh Ahmadou Bamba et de Sokhna Khadidiatou Sylla issue de la famille des Sylla si célèbres dans l’Islam du Sénégal par leur parfaite maîtrise du Coran. 

Après avoir fait ses humanités auprès de Serigne Mbacke Diakhaté  à Diourbel et de Serigne Mahmadane à  Kosso, Serigne Abdou a poursuivi ses études islamiques auprès d’un des plus grands érudits de l’Islam au Sénégal, Serigne Habibou Mbacke à Touba Mboul, village fondé par son père, Serigne Bassirou. 
 Le livre saint mémorisé et les sciences islamiques maîtrisées, il sera très tôt responsabilisé par son père qui lui confia le village de Nasrou qu’il avait fondé non loin de son principal village qui est Typ. Il s’y adonna à la culture de la terre et à l’éducation coranique et spirituelle des talibés conformément aux premiers compagnons du fondateur du Mouridisme, qui s’évertuaient à étendre la communauté partout au Sénégal, par la création de nouveaux villages, l’édification de Daara et de foyers islamiques, la culture de la terre. Serigne Abdou Hakim a aussi brillamment suivi leurs pas, en contribuant considérablement à l’extension du Mouridisme et au développement du Sénégal tout en devenant l’un des plus grands agriculteurs du pays. 

Il a fondé plusieurs villages, Daara, et exploitations agricoles. Parmi ceux-ci, ’’Ndiaye Ndiaye’’, ’’Mame Diarra’’, et plus récemment, ’’Touba Medina’’ qui est un vaste territoire agricole presque vierge que le défunt a entrepris de défricher et d’exploiter depuis trois ans. Il s’agit d’un véritable ’’nouveau Khelcom’’ dans la région de Kaffrine. Son frère aîné, Serigne Mountakha Bassirou tenait, durant ces trois dernières années, à mobiliser toute la famille de Serigne Bassirou et tous les talibés pour prêter main forte à Serigne Abdou et se mettre à son service. Une manière de lui témoigner toute la gratitude de la communauté mouride pour le rôle important que Serigne Abdou a toujours joué à Khelcom. 

En effet, pendant plusieurs années, lors des travaux demandés par Cheikh Saliou Mbacke (RA) au khalif de Serigne Bassirou de l’époque, Serigne Moustapha Bassirou, c’est lui, Serigne Abdou que son frère désignait comme DIAWRIGNE des travaux sur le terrain. Infatigablement, il était durant tous les travaux qui pouvaient durer des semaines, sur place et était toujours devant les talibés pour les diriger et les encourager. 

Serigne Abdou Hakim se distinguait également, et surtout, par son entier dévouement envers ses frères aînés, Serigne Moustapha Bassirou (RA) et Serigne Mountakha. Pour illustrer cela, il suffit de raconter l’anecdote suivante. Un jour, Serigne Moustapha Bassirou a remercié Dieu devant ses frères du fait qu’ils étaient tous unis derrière lui et qu’avec lui, ils étaient entièrement dévoués à Allah. Et de manière imagée, il a dit qu’il était certain que s’il leur servait un jour un repas, éteignant les lumières et leur demandant de manger sans que ses frères sussent ce qu’il avait mis dedans, il était certain qu’ils allaient manger sans se poser des questions. Ce jour là Serigne Abdou lui a dit : « Oui nous aurions mangé tout ce que vous nous auriez donné jusqu’à nettoyer le bol entièrement ». Quelle marque de confiance et de considération pour son aîné ! 

Serigne Abdou se distinguait aussi par l’éducation et la formation spirituelle des jeunes talibés. Les innombrables Dahira « Ahloul Minane » en sont une illustration. Ainsi, des milliers de jeunes, à travers le pays et notamment dans les grandes villes, se retrouvent chaque semaine dans ces Dahira pour étudier leur religion, lire le Coran et psalmodier les khassaides de Serigne Touba. 

Son charisme, son équanimité, son sens des relations humaines et son humour légendaire ont fait que l’attachement de ses talibés à son égard était viscéral. Tous les musulmans avaient aussi un grand amour pour lui du fait de sa piété et son soutien envers les démunis. Il avait l’habitude de payer les ordonnances médicales des indigents à Touba. 

On ne saurait terminer cet article sans parler de la relation particulière et exceptionnelle qu’entretenaient Serigne Abdou Hakim et son frère aîné Serigne Mountakha Bassirou Mbacke actuel khalif de Serigne Bassirou. Il nous suffit de dire qu’à plusieurs occasions, notamment lors du Magal de Porokhane, quand Serigne Abdou lui rendait visite, il demandait souvent aux talibés présents de réserver toutes leurs prières à Serigne Abdou : « toute prière que vous souhaitez formuler pour moi, réservez-la plutôt à Serigne Abdou ». Aujourd’hui Serigne Mountakha a perdu un frère, un ami et un confident. 

Que retenir de la vie de Serigne Abdou ? 
D’abord que la vie d’ici bas est éphémère, elle n’est faite que pour adorer Dieu et préparer la vie future et l’au-delà. Serigne Abdou Hakim a appliqué sa vie durant cette recommandation du Prophètes (PSL) : « Travaille comme si tu devais vivre éternellement, adore Dieu comme si tu devais mourir demain ». Par sa grande piété, son sens du travail au profit de la communauté musulmane et sa brillante contribution au développement du pays, c’est-à-dire, tout simplement, de ce qu’il faut faire dans la vie, il nous a donné un bon exemple à suivre.  Il est difficile voir impossible d’égaler son statut éminent et ses actions grandioses mais l’exemplarité de sa vie fait que nous devons tenter de suivre ses pas et essayer de l’imiter. C’est ce qu’il nous a enseigné et c’est la charge et l’héritage immense qu’il nous a laissés. Qu’Allah l’agrée, inscrive son nom dans le mémorial des saints bénis et le fasse parvenir dans les plus hautes sphères de la félicité. 



Cheikh Fatma Mbacke ’’moustapha Bassirou’’

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Written by LA REDACTION

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