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Björn Pachurka (Khadim Ndiguel), le passage du hip-hop au mouridisme

Björn Pachurka est originaire d’Allemagne. Son intérêt pour la musique hip-hop et les militants afro-américains l’ont amené à démarrer une nouvelle vie au Sénégal.

Björn Pachurka, un Mouride d’origine allemande surnommé Hadim Ndiguel, vit depuis près de 20 ans au Sénégal. Son histoire va dans le sens inverse des flux migratoires habituels, qui partent du sud vers le nord, à la recherche d’une vie meilleure et l’espoir de rompre définitivement avec la précarité.

Björn Pachurka a retrouvé, en effet, une paix intérieure et spirituelle lui faisant oublier le confort matériel d’une vie pourtant paisible en Allemagne.

A l’origine, il était technicien en énergie solaire dans la région de Saxe, en Allemagne. Il était passionné par la musique hip-hop et l’histoire du combat mené par la communauté afro-américaine pour l’obtention des droits civiques.

Influencé par la vie de Malcom X, Ndiguel a débuté une quête qui le mena loin, très loin des contrées européennes. 

Les idées positives qu’il a acquises au sujet de l’Islam, grâce aux œuvres islamiques qu’il a lues au lycée, l’ont amené à abandonner sa vie européenne pour se rendre en Afrique. 

Ndiguel s’est converti à l’Islam au Sénégal, voilà maintenant environ 20 ans. Il s’est confié au reporter de l’Agence Anadolu (AA) au sujet de son nouveau mode de vie au sein de la communauté Baye Fall, une branche hérétique de la confrérie des Mourides. 

Le passage du hip-hop au mouridisme mystique

Ndiguel, 43 ans, a grandi dans la religion protestante. Il a indiqué au correspondant de l’Agence Anadolu (AA) qu’il avait fait des recherches sur les différentes religions au cours de sa jeunesse, et que son intérêt pour l’Islam a débuté suite à ses lectures sur la vie du prophète Muhammad. 

« Je fais partie de la génération hip-hop. J’aimais le reggae et la musique hip-hop. C’est ainsi que j’ai connu les Afro-américains. Puis j’ai lu l’histoire de Malcolm X et sa conversion à l’Islam. Après quoi, j’ai décidé de m’installer en Afrique », a-t-il expliqué. 

Ndiguel, qui s’est dans un premier temps installé en Egypte, a relaté sa rencontre avec les membres religieux du rastafarisme, dont Bob Marley était également membre. 

Face à une situation paradoxale consistant à vendre de la viande à autrui, alors que les rastafariens n’en consomment pas, il a décidé de poursuivre sa quête en “Afrique noire”. Il s’est ensuite rendu en Zambie, puis le Malawi et enfin le Sénégal. 

Au Sénégal, Ndiguel a été initié à la tradition soufie du mouridisme et a été influencé par le mode de vie et les enseignements pacifiques de cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), fondateur de la confrérie. 

Grâce à cette interaction, Ndiguel a déclaré qu’il a choisi l’Islam et que « cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la ville de Touba, était un homme exceptionnel et qu’il avait montré une résistance pacifique et sans violence à l’encontre des Français de l’époque coloniale ».

Du mourisdisme Bamba au mysticisme Baye Fall 

Au cours de son aventure au cœur de la confrérie soufie sénégalaise, Ndiguel a rencontré le mouvement Baye Fall, qui avait des similitudes vestimentaires avec le rastafarisme. 

Initié par Mame Cheikh Ibrahima Fall, l’un des premiers étudiants de cheikh Bamba, il a adopté les principes du mouvement, soit « d’être bon, travailler beaucoup et aider les autres ». 

Ndiguel, qui a épousé une femme au Sénégal, où il s’est installé il y a plusieurs années avec un sac à dos comme unique bagage, est maintenant père de 8 enfants et vit avec les membres de Baye Fall dans un village éloigné de la vie urbaine. 

« Nous vivons dans notre village selon un mode de vie collectif et nous faisons tout le travail demandé par nos cheikhs. Nos vies sont conformes aux règles strictes de la communauté. Ici, nous travaillons dur pour trouver la paix intérieure », a confié Ndiguel. 

Une autre interprétation du mouvement : Baye Fall 

Le mouvement mouride, confrérie sunnite suivie par la majorité des musulmans au Sénégal, fut fondé par l’érudit musulman sénégalais cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927) en 1887. 

L’influence croissante de Cheikh Bamba, qui a résisté aux activités coloniales et missionnaires des Français par une rhétorique non violente et a tenté de maintenir les liens avec l’Islam, a persuadé l’administration coloniale à contraindre Bamba à l’exil au Gabon et en Mauritanie. 

Cependant, cet exil forcé a approfondi l’amour qu’éprouvent les Sénégalais à Bamba, ainsi que le nombre d’adeptes et d’étudiants, et a permis au mouridisme de s’installer dans le pays en tant que tradition islamique soufie et sunnite. 

Mame Cheikh Ibrahima Fall, l’un des premiers et des plus dévoués élèves de Bamba, a initié une croyance rendant le service au cheikh supérieur aux exigences du culte islamique. 

Baye Fall est considéré comme l’un des éléments contribuant à l’environnement de paix exemplaire du Sénégal.

Source : le site turc AA.com.tr

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Written by LA REDACTION

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