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Colloque sur le Soufisme : Allocution de l’ex PR Abdoulaye Wade

Assalamou halaykoum wa rahmatullahi wa barakatuhu (que la paix, la miséricorde et la grâce de

Dieu soient sur vous).

Chers compatriotes sénégalais ;

Chers représentants du khalife général des mourides Serigne Sidy Moukhtar Mbacké ;

Toutes les confréries du Sénégal.

J’adresse mes vives salutations à tous et à chacun par son nom et son prénom. Je remercie les délégations ici présentes, venant du Sénégal et d’autres pays. Pour tous ceux-ci, je formule des prières ; qu’ils soient accompagnés par ALLAH durant tout leur séjour et puissent retourner en paix. Ma présence dans ces genres d’évènement, en tant que chef de l’Etat, me semble être une nécessité car les recherches et réflexions qui s’y déroulent sont utiles pour la majorité musulmane de notre pays. A cela s’ajoute des idées qui profitent au monde entier car prônant la cohabitation, c’est-à-dire comment vivre dans une nation et plus spécifiquement la nation sénégalaise.

La question pour laquelle vous êtes ici présents est une question sur laquelle les savants ont beaucoup discuté pendant longtemps et même des siècles. En effet, tous les musulmans partagent des choses : d’abord, le fait d’être musulman, de croire en ALLAH et en son Prophète ; ensuite les devoirs du musulman qui sont accomplis par tous. Et sur ces choses, j’ai beaucoup d’idées. Car on n’a pas prescrit que tout le monde doit avoir les mêmes idées. Ce qu’on partage c’est ce dont je faisais allusion tout à l’heure, c’est-à-dire que nous sommes tous des musulmans, qu’on soit arabe ou habitant d’une autre contrée. Mieux, il existe même des documents comme les hadiths qui peuvent nous éclaircir sur la manière de conduire un pays. Mais, si on regarde les pays musulmans en ce moment, on constate beaucoup de divergences entre eux même s’ils sont tous des musulmans.

En ce qui me concerne, je ne suis pas un islamologue car je ne l’ai pas appris, je me suis juste initié sur la manière de prier, d’invoquer Dieu, etc. même si j’ai longtemps fait des recherches. J’ai entendu parler du soufisme, j’en ai même appris quelque chose comme, par exemple, la paternité du soufisme souvent attribué à Abdoul Khadre Djeylani. Quand je parle aussi je veux être corrigé car je suis un apprenant et comme il n’y a ici que des professeurs, j’accepte d’être corrigé et d’entendre dire que ce que tu as appris n’est pas exact et voici la bonne version. C’est ainsi que, quand je suis allé en Iraq, je me suis rendu jusqu’à la mosquée de Abdoul Khadre Djeylani. Et au Recteur de la mosquée, j’ai posé des questions qui me hantaient depuis fort longtemps et il a répondu à ces questions. Sur ce que j’ai retenu, il y a ce qu’on appelle en Islam « Ijdtihad », c’est-à-dire la réflexion ; cette attitude fait primer la réflexion sur soi-même, autrement dit ce qu’on appelle la gymnastique intellectuelle, on dit qu’il doit être à la base du Soufisme. D’autres aussi prônent l’action ; si tu pris et que tu obéisses au Seigneur, c’est déjà suffisant. Ce sont ces deux écoles qu’on trouve.

Une fois j’étais en voyage avec un ami ; et comme on a l’habitude ici au Sénégal de s’asseoir et de faire des invocations pendant un bon bout de temps après la prière, je me suis trouvé à ma grande surprise dans un pays arabe où aussitôt après la prière tout le monde se levait. Et quand je
me suis renseigné, ils m’ont dit qu’ils ne faisaient que ce qu’ALLAH leur a recommandé, c’est-àdire juste faire la prière. En effet, Il n’a pas exigé qu’on reste après la prière d’autant plus qu’ils ont également du travail à faire. L’un me dit qu’il est ouvrier et tout retard de sa part est synonyme de licenciement. Et beaucoup de pensées utilisées proviennent de cet Idjtihad. Je sais que le Mouridisme tire ses origines du soufisme car il a beaucoup de similitudes avec ce dernier.

En islam aussi il y a une catégorisation- je ne parle pas de nos confréries-due à des contradictions en idéologie. En effet, depuis l’apparition du Prophète (PSL) et de ses compagnons qui ont beaucoup fait pour l’Islam, il y a toujours eu des contradictions et des tendances. Nous, qui sommes des profanes en la matière, ne pouvons que nous contenter de ce que disent les érudits. Je ne m’aventurerais pas à citer les raison pour lesquelles je suis devenu mouride, sous peine d’en omettre certaines, mais je sais pourquoi je suis mouride. De même, nous sommes ici pour réfléchir sur les problèmes et apporter des solutions car même ceux qui ne sont pas de l’islam émettent certaines idées sur le soufisme, l’islam et les confréries. Il est de notre devoir de leur apporter des réponses, pas pour calomnier mais plutôt pour discuter. On dit que les soufis, je l’aibeaucoup lu, veulent qu’on croise les bras et se limite à invoquer le Seigneur et je dis que quand on le fait ce sera la fin du monde : qui va travailler, qui va cultiver la terre. Ce faisant, la pratique du soufisme ne serait pas permis à tout le monde ; il devrait y avoir un groupe habilité à cette pratique. Ce qui revient à dire, grosso modo, et comme il est prôné par certains, que le soufisme ne rime pas avec le travail. Et je vois que le Mouridisme dans lequel j’appartiens, concilie soufisme et travail et c’est en cela qu’il est différent des autres courants car on nous enseigne en Mouridisme qu’il faut croire en Dieu, accomplir la prière, suivre son Prophète, grosso modo allier à la fois la science, la prière et le travail. Dans beaucoup d’autres doctrines religieuses, le travail est relégué ou tout simplement omis ; ce qui fait que le Mouridisme a su relever le défit en alliant ces concepts. Ainsi, on ne peut pas ne pas se dévouer au travail et se réclamer de la confrérie mouride. Il semblerait même que les mourides sont beaucoup plus dévoués au travail, je dis bien il semblerait… Que je sache, même si tout le monde est musulman, les mourides se sont distingués par leur dévouement au travail en ce sens qu’ils considèrent le travail comme faisant partie intégrante du dévouement à Dieu. Mieux, on dirait même qu’ils considèrent le travail comme une adoration de Dieu pouvant mener au Paradis. Le Mouridisme, pourrait-on dire, a ainsi fait une sublimation du travail. S’il fallait être travailleur d’abord pour être mouride, personnellement je pourrais être sur d’être mouride. Car je suis né dans le travail et je travaille jusque là. Un jour, je suis allé rendre visite à Serigne Fallou Mbacké (deuxième khalife générale des mourides) accompagné d’un professeur américain et je lui ai dit qu’il était mon ami et le khalife m’a demandé de lui dire qu’il était mouride ; mon ami américain m’a dit de lui demander pourquoi ; quand je me suis exécuté, le marabout m’a dit que les américains étaient dévoués au travail et toute personne dévouée au travail est mouride.

COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA REPONSE DU SOUFISME à la CRISE

En prélude au Grand Magal de Touba,
Édition 1433 / 2012

Dakar /Sénégal

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Written by LA REDACTION

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