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Je pense à ma ville de coeur, de raison, d’avenir et de Foi, TOUBA

00 heures 45 minutes, quelque part dans le Baol, près de la ville sainte de Touba. Il fait un temps plus que clément, un air frais fouette les visages durement éprouvés la journée par une chaleur d’ettuve et un soleil dardant ses rayons. L’abri le mieux indiqué -je ne trouve pas- est une chambre climatisée, l’ombre des arbres étant pire que le soleil au dessus des têtes.

Et dans ces conditions, ma pensée va vers ceux qui ont enduré de la plus belle endurance, le ramadan, prescription divine, dans des conditions difficiles, rugueux, loin de la capitale avec son lot de bienfaits – climatiques, alimentaires- qui fait de ses occupants des privilégiés. Auront-ils la même récompense suivant les lieux d’exercice de leur Foi, Allahou ahlam.

Je trouve ici, des gens dignes, véridiques, entiers, pieux, sans fards ni façons, se partageant leurs maigres ressources malgré leurs difficiles conditions d’existence. Les valeurs humaines ont un sens dans ce patelin et le bien commun est sacré.

Le plus frappant est la capacité de ces personnes à être au fait de l’actualité de ce pays, dominée par la marée noire pétrolière qui envahit l’espace public et politique, et les classer d’ignorants et d’analphabetes serait suicidaire, tant leur perspicacité et leur discernement frisent l’insolente intelligence.

Dans ces moments, je pense à ma ville de coeur, de raison, d’avenir et de Foi, TOUBA.

TOUBA, localité centenaire, fondée par mon Homonyme, avec une croissance galopante de 12% selon les experts internationaux, avant l’acte 3 communauté rurale venant après Dakar en terme de population, de développement – banques, flux de capitaux, assurances, nombres d’abonnement Senelec etc…-, mais gérée comme un gros village, ce qui me désole.

La ville dispose d’un budget conséquent, de personnes influentes, compétentes et de ressources abondantes pour se développer, mais qui sont sous-exploités.

L’exemple le plus éloquent est que cette ville pouvait être le repaire mondial de tannerie, l’Italie de l’Afrique, vu le nombre de bêtes immolees chaque année à l’honneur de Cheikhoul Xadim. Bêtes tuées pour célébrer sa victoire face aux colons, célébrer la date de départ de son Exil, début d’un travail qui allait sauver l’humanité.

Pour en revenir au sujet, la peau de toutes ces bêtes pouvait servir au monde de l’habillement par la transformation en chaussures – de ville et sandales -, ceintures, chapeaux, montres, brides de chevaux, équipements de voitures, etc les cornes transformées en boutons de chemises, de pantalons, de vestes…

La jeunesse du Baol, du Sine, du Cayor, du Ndiambour aurait bénéficié d’un savoir- faire et dextérité dans les metiers du cuir, une économie interne se serait créée, avec son lot d’emplois directs et indirects mis sur pied, des impôts et taxes récoltés, des salaires payés, des milliers de famille sortis de l’extrême pauvreté et une contribution importante au PIB au grand bénéfice de l’Etat, du pays.

Malheureusement, la course aux voix , le clientélisme religieux, la domestication d’une certaine classe au détriment de la population prend le dessus sur tout semblant initiative de progrès, de volonté ferme de changement de paradigme de développement – que je ne vois d’ailleurs pas -.

TOUBA mérite plus et mieux et ne doit pas se limiter à la grande mosquée. Son fondateur avait une vision prospective qu’il a déclinée dans Matlaboul Fawzeyni, décrivant Sa ville et comment elle devait être,à l’image de Medine.

A nous de faire focus vers et de nous departir des considérations plus haut susnommees afin travailler véritablement pour Cheikhoul Xadim.

Voici une réflexion nocturne que je partage, sous le vent quelque peu frisquet, qui m’oblige à rentrer dans la maison sous peine de prendre froid.

Par Khadim Safar

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