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Khassida « Li Rabbin Khafûrin » présenté par Serigne Papa Assane Diouf

« Li Rabbin Khafûrin » est un khassida de 44 vers composé dans la métrique « Tawîl » comme « Midâdî » ou encore « Wakhânî ». Il a été écrit par Cheikh Ahmadou Bamba pendant son exil au Gabon. Le 1er vers du poème illustre la période de composition quand le Cheikh dit : « Li Rabbin Khafûrin qad mahâ hanniya zanbâ, wa hanî nafâ iblîsa fî bahri mâyonbâ » (Le Seigneur Absoluteur m’a débarrassé des péchés de la même manière qu’Il a écarté de mon chemin Satan à Mayumba).

L’incipit du poème qui représente le titre « Li Rabbin Khafûrin » est composé de deux noms de Dieu. La thématique centrale est le « Jihâd », car le Cheikh menait une guerre spirituelle contre ces ennemis de Dieu.

D’autres thématiques sont par ailleurs abordées dans ce poème, comme le repentir, le « Shukr » (reconnaissance à Dieu), le Décret Divin, certains bienfaits émanant de Son Seigneur, l’évocation de la Ville Sainte de Touba, l’engagement à œuvrer pour le Prophète (PSL), la victoire qu’il a eue sur Satan le lapidé, sa relation avec le Saint Coran et son retour vers ses proches, entre autres sujets.

Le poème nous fait imaginer l’esseulement et l’extrême solitude auxquels le Cheikh était confronté dans cette lointaine localité. Au vers 44, il déclare : « Laka shukru wa ridwânu minnî wa shâhidî raqîbun hatîdun fil jazîrati mâyonbâ » (Ma reconnaissance et ma gratitude Te sont dédiées, en cela, je prends à témoin les deux anges Raqib et Hatib sur cette île de Mayumba). Le Cheikh compare cet esseulement à un mort que l’on vient d’introduire dans sa tombe et à qui ses proches tournent le dos. Il explique aussi les difficultés vécues, qu’il compare à une personne à qui on retire l’âme. Dans tout son entourage, personne ne lui voulait du bien. Il ne voyait personne et n’avait personne avec qui parler. Le Cheikh rapporte que son existence était si dure qu’il en était arrivé à considérer toute personne se dirigeant vers lui comme venant lui infliger des supplices.

En dépit de toutes ces difficultés et épreuves, il ne s’est jamais plaint. Il a toujours enduré et fait preuve d’un courage incommensurable.

Dans ce khassida, le Cheikh formule également des prières pour lui et pour toutes les créatures. Le retour certain à Touba est aussi évoqué, de même que le comportement modèle de ses habitants.

Le colon pensait l’avoir annihilé par cette déportation, mais le Cheikh était convaincu qu’il remporterait une victoire éclatante et rentrerait avec des bienfaits inépuisables pour les siens, pour tous les musulmans et même au-delà.

Référence : émission dundal koor présentée par Serigne Papa Assane Diouf et Serigne Lamine Diouf sur Al Mouridiyyah

Restitution et traduction : Awa Tall BA

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Written by LA REDACTION

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