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Le lexique référentiel de Serigne Saliou Mbacké

Il y a douze ans, Serigne Saliou Mbacke nous a quitté. Physiquement, il est absent, mais spirituellement il est encore parmi nous, car ses discours, son visage, sa silhouette restent encore gravés dans nos cœurs et dans nos mémoires. Et les images qu’on retiennent plus de lui, c’est ce regard clément, mais aussi et surtout l’image d’un homme dont l’unicité de Dieu était tellement fort en lui au point qu’elle a fini par déchirer dans son cœur le voile du bas monde. Il était un homme de Dieu typique et atypique ! Il était ce dévot qui avait vidé de son cœur du bas monde et de tout autre intérêt si ce n’est Dieu.

Serigne Saliou Mbacké fut un homme vertueux, de principe , de valeurs, , de droiture et très exemplaire dans sa manière de se conformer aux ordres de Dieu, de Lui faire part de sa gratitude et de s’acquitter de Ses droits. Nous sommes d’avis qu’il ne s’est jamais contenté d’une origine, d’une apparence superficielle ou d’éloges. En dépit de sa proximité avec Dieu, Serigne Saliou voyait toujours en lui un serviteur redevable, alourdi de dettes envers Lui, tout en étant incapable de s’acquitter de Ses devoirs. C’est pourquoi , l’adoration ( jaamu Yalla), la reconnaissance ( cant Yalla), le repentir ( tuub) ont été presque les piliers fondamentaux de tous ses discours durant 17 ans de khalifat. Au fil des années, il a marqué l’Islam et ses concitoyens par son détachement, sa pédagogie légendaire et par ses qualités.

C’est dans cette perspective qu’il dit cette parole en 1993 tirée de celle de Serigne Touba : « Dieu a accolé à l’être humain deux types de ventres ( sac) : l’estomac et la tombe. Que l’estomac ne soit pas son objectif, car le bon Dieu qui l’en a doté, s’est chargé de le remplir. Que la tombe soit sa principale motivation, car il n’y trouvera que de ce qu’il aura fait comme action. » (Serigne Saliou , 1993). En nous souvenant cette parole, Serigne Saliou nous fait comprendre que nous ne devons pas oublier notre responsabilité c’est-à-dire celle d’assumer les fonctions que nous confère Dieu et de ne jamais ignorer que les moyens de substance sont inscrits dans la science de Dieu et ils font partie de Son décret et que l’être humain n’aura que la part qui est consignée dans Sa science. Cette vérité que dit Serigne Saliou est confirmée par une parole de notre Prophète : « chaque chose est dispensée selon une mesure, même l’incapacité ou l’indigence. » ( Par Muslim et Ahmad).

Et l’enseignement qu’on peut puiser dans cette parole de Serigne Saliou, c’est que nous ne devons pas trop nous soucier à chercher le bas monde symbolisé par l’estomac c’est-à-dire fixer notre regard, nos espoirs sur lui, que les choses minimes et viles prennent de l’importance à nos yeux au point qu’on oublie l’au-delà symbolisé par la tombe. « C’est la tombe qui doit être sa principale motivation » veut dire que l’homme sait qu’il quittera ce monde pour l’autre, alors il doit se préparer à éloigner son âme et à utiliser le bas monde ( l’estomac) comme une monture pour obtenir la satisfaction divine. En cela, considère « l’estomac » comme une annexe, voire une branche de la religion car que « tout ce qui est indispensable pour acquitter une obligation est lui-même obligatoire » de même que tout « ce qui indispensable pour acquitter une recommandation est lui-même recommandé » et les moyens légaux ont le même statut que le but cherché. Donc mange des mets agréables, vêtis-toi de beaux habits, recherche pour toi et ta famille sans aller dans l’interdit. Et que toute ton intention soit d’aplanir la route qui te mènera vers la tombe c’est-à-dire vers Dieu !

Par M. Moustapha Diop

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