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La rencontre entre Boursine Coumba Ndoffène Diouf et Serigne Touba

Ces événements se sont déroulé à Darou Salam, en l’an 1321 de l’Hégire soit 1903 du calendrier grégorien dans un contexte d’hostilité et de calomnie à l’encontre du Cheikh, ce qui aboutira à un siège de l’armée française accompagné de certains chefs autochtones dont Bour Sine Coumba Ndoffène Diouf.

 « Un des esclaves qui accompagnait le Bour Sine m’a raconté que, lorsqu’ils s’approchèrent du lieu où résidait le Cheikh, le Bour exprima sa désapprobation devant l’injustice qu’on faisait subir à ce musulman tout à fait indifférent aux vaines gloires ; injustice qui n’avait pour cause que des mensonges inventés de toutes pièces par des envieux. Le Bour disait également qu’il savait certainement que Dieu ne manquerait pas de châtier ces méchants et qu’Il ne laisserait pas le mal de l’injustice atteindre Son serviteur : Il l’empêcherait même s’il fallait, pour ce faire, les anéantir.

L’informateur m’a dit : « Rien ne m’avait étonné comme, la vénération unanime dont jouissait ce Cheikh à qui Dieu avait soumis les hommes. En effet, ce Bour du Sine que je savais téméraire et orgueilleux, qualités dissimulées cependant sous sa politesse, sa générosité, sa douceur et sa gaité, n’avait jamais rencontré le Cheikh. Quant à nous qui l’accompagnions, nous étions des jeunes ne sachant rien que le divertissement et les jeux. Et derrière nous, se trouvaient les soldats français qui nous conduisaient parce qu’inquiétés par les nouvelles qu’ils avaient reçues de la part de ce calomniateur-là (il s’agit d’Allys, l’administrateur de Diourbel), le menteur dépité du prestige du Cheikh et du renoncement que Dieu lui avait inspiré. 

Lorsque nos regards tombèrent sur le Cheikh à l’extérieur de sa maison où, accompagné d’une ou deux personnes, il était venu accomplir la prière de la matinée (Yoor Yoor en wolof) et accueillir Mbakhane Diop l’envoyé de l’administrateur colonial chargé d’emmener le Cheikh à Diourbel, une peur inexprimable nous saisit. Devant nous se trouvait le Bour Sine que nous vîmes brusquement s’agenouiller après avoir ôté ses bottes et son bonnet pour saluer le Cheikh. Celui-ci lui dit : Qui est tu ?

  • Je suis Coumba Ndoffène Diouf, Bour Sine, c’est-à-dire roi du Sine, lui répondit-il.

Le Cheikh lui parla ensuite brièvement, et le Bour lui demanda doucement d’aller avec lui à la rencontre de Mbakhane Diop qui se trouvait non loin au sud de son village de Darou Salam et de Mbacké Baol. Le Cheikh accepta et alla avec le Bour qui expliqua ensuite au représentant de l’administrateur ce que Cheikh Ahmadou Bamba lui avait dit et ce qu’il savait personnellement du fondateur du mouridisme, à savoir qu’il était innocent de tout ce dont on l’accusait. Le représentant de l’administrateur fut alors tranquillisé et demanda au Bour d’aller immédiatement avec le Cheikh à Diourbel où ils recevraient l’avis du gouverneur général sur les informations fournies par le représentant de l’administrateur et basées sur ce que ce dernier avait constaté sur place. Il dépêcha ensuite un envoyé aux commandants des troupes qui venaient de tous les côtés pays pour participer à une éventuelle guerre (contre le Cheikh et ses disciples), afin de les informer que Allys, l’administrateur de Diourbel, le calomniateur, le jaloux, était en plus un menteur et que les troubles qu’il avait craints (venant du Cheikh) n’étaient qu’imaginaires. Il avait trahi le gouvernement et fait gaspiller une quantité de biens et de denrées qu’on ne pourrait compenser ».  Ainsi les rumeurs selon lesquelles le Cheikh refusait de se rendre auprès des administrateurs coloniaux qui le convoquaient se turent-elles sans suite. »

Extrait Minanoul Bakhil Khadim de Serigne Bassirou Mbacké

Khadimrassoul.net

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Written by LA REDACTION

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