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La tentative de meurtre sur Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie

Durant son exil en Mauritanie, le Cheikh se rendit à Tente Mughzin où se produisit un odieux incident. En effet, un maure (ses nom et prénom sont bien connus, mais je me tais là-dessus pour ne pas discréditer ses proches musulmans) tenta d’assassiner Ahmadou Bamba. Mais Dieu l’en a protégé. Le maure s’était précédemment rallié au Cheikh et témoignait à son égard d’une affection et un attachement apparemment sincères…

 Par la suite, le Cheikh a écrit pour lui les trois vers suivants et lui a recommandé régulièrement, jour et nuit:

« C’est à d’autres que moi que Satan et le mal s’attaquent.

Ils n’ont aucune emprise sur moi car Dieu est mon Seigneur

Et le Prophète élu (Qu’il soit béni par Celui qui l’a guidé et élu)

Est mon ami intime qui m’a défendu

Et demandé au Seigneur des hommes de me rendre heureux. »

Le maure déclamait constamment ces vers. Chaque répétition était précédée d’une lecture de la 36ème sourate dont il répétait le premier mot (Yasîn) sept fois avant de lire le reste de la sourate puis les vers. Puis il recommençait. Il continua ainsi des jours durant, voire un mois selon certains, et ne se taisait que quand il était dominé par le sommeil ou la fatigue.

A cette époque, Ahmadou Bamba résidait chez la famille de Cheikh Sidiya. Par la suite, il donna à ses adeptes l’ordre de lui construire sa propre maison hors des habitations des Maures. La maison achevée, il en informe Cheikh Mukhtar qui eut l’ordre d’accompagner Ahmadou Bamba dans sa nouvelle demeure. En même temps ce dernier demanda au Maure susmentionné de le rejoindre et de poursuivre la répétition des vers. Le Maure, croyant son coup bien préparé et le moment propice à son exécution, se leva au milieu de la nuit, se déshabilla, pénétra dans la maison du Cheikh, entra dans sa tente, prit son épée et le sortit de son fourreau…

La providence voulut qu’un certain Hammar FALL Ndaté (un néophyte de l’ancienne famille royale cayorienne, qui était des plus sincère dans sa conversion et des plus renoncée au monde), qui priait dans le Masjid s’aperçut de l’intrus et averti Muhammad Lamine NIANG (fils de Muhammad Lamine Maty, un cousin du Cheikh M. L. NIANG) qui se jeta sur lui comme un fauve. Les deux hommes hurlèrent, et les autres de venir au secours. Le Cheikh intervint afin d’empêcher ses adeptes de tuer l’agresseur. Puis il envoya quelqu’un secrètement pour appeler un groupe de visiteurs qui passaient la nuit loin du lieu de l’incident et auxquels il avait promis de leur permettre de rentrer chez eux. Quand ils vinrent, il leur demanda de conduire le maure à Saoutalma et de l’y laisser. Loin de vouloir le réprimer, il leur cacha la nouvelle de sa tentative d’assassinat afin de sauver sa vie et leur demanda de l’aider à transporter ses bagages. Certains des compagnons du Cheikh croyaient que l’envoi du maure au poste colonial signifiait que celui-ci le considérait comme un mercenaire des colonisateurs. Dieu sait mieux. En tous cas, sa tentative a échoué.

 Dans les vers précités apparaît un prodigieux dévoilement pour le Cheikh : Que Dieu le récompense par le bien pour son service de l’Islam et des musulmans.

L’attitude du Cheikh dans cette affaire relève d’une bonté de cœur et d’un agrément de la Volonté Divine jamais connus chez ses contemporains.

Cette attitude nous rappelle, du reste, celle de Muhammad (P.S.L). En effet, au cours d’une de ses campagnes militaires, un bédouin le surprit couché loin de ses compagnons, s’empara de son épée et lui dit:

 – Qui est ce qui m’empêche de te tuer?

 – Dieu, lui répondit-il

Le bédouin trembla au point que l’épée tomba de sa main. Alors Muhammad (P.S.L.) s’en saisit et lui dit:

 – Et toi, qui est ce qui m’empêche de te tuer?

 – Ta bonté, lui dit le bédouin.

Muhammad lui pardonne…

Poursuivant, le maure vint une seconde fois trouver Ahmadou Bamba à Saoutalma et les mourides voulurent le tuer. Dès qu’il en fut informé, il sortit au milieu du jour, pieds nus en répétant: « Lâchez-le, N’aimeriez-vous pas que Dieu vous pardonne? » Ils le lâchèrent, et le Cheikh l’intima de quitter les lieux après lui avoir offert un présent. Plus tard, le maure lui rendit visite à Diourbel. Comme toujours, le Cheikh l’a défendu et lui dit en plaisantant: « C’est encore l’homme qui avait perdu sa lucidité. » Le Cheikh le renvoya encore après lui avoir offert un présent….

Extrait Irwahu Nadim

Khadimrassoul.net

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Written by LA REDACTION

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