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L’affaire des centres de redressement (Par M Moustapha Diop)

Depuis deux jours, elle fait l’actualité sur Facebook. Elle est une aubaine pour certains qui ont des comptes à solder avec Serigne Modou Kara Mbacke et plus globalement ce qu’ils appellent la classe maraboutique. Elle est aussi une occasion pour certains non seulement de défendre Serigne Modou Kara Mbacke, mais de montrer la face reluisante de ces centres de redressement. Ainsi, deux camps s’affrontent, mais je crois qu’ils sont tous à côté de la plaque. Car à mon niveau de compréhension, il ne s’agit pas de défendre ou d’incriminer Serigne Modou Kara Mbacke, mais de poser la pertinence de ces centres ou bien s’il y a lieu qu’ils existent dans un pays comme le notre? Au-delà, pourquoi ces centres existent-ils ? S’ils existent font-ils l’objet d’une surveillance de la part de l’État ou fonctionnent-ils sur la base de la légalité ou d’un cahier de charge ?

À entendre le colonel de la gendarmerie et sans cette enquête sur des scooter volés peut être l’on ne saurait jamais que les choses qu’il a soulignées existaient dans ces centres. Donc cela veut dire qu’il n’y existe aucune surveillance de la part de l’État. Donc la première défaillance vient de l’État qui n’a pas une maîtrise totale sur son espace ou bien les services qui veillent à notre sécurité n’ont pas fait leur boulot jusqu’à que la gendarmerie fait la découverte de ces choses et les révèle au public. En cela, l’Etat est le premier responsable de cette affaire. Il a failli à une de ses mission qui consiste à avoir un oeil sur tout ce qui se fait sur son sol.

À entendre Serigne Modou Kara Mbacke sur un audio qui circule, attaquant certains de ses disciples sur le fait qu’ils ont dérapé dans leur mission tout en leur intimidant l’ordre de se taire, l’on sait qu’il reconnaît en partie que certains de ses responsables ont outrepassé leurs prérogatives dans cette affaire. Ainsi, du côté de Serigne Modou Kara Mbacke, il y a eu défaillance. Car si la surveillance, la veille incombent à l’État d’abord, de son côté à lui, il en avait un grand rôle à jouer. Car si l’État a fermé les yeux depuis longtemps sur ces centres, il devait mesurer sa toute responsabilité devant une quelconque défaillance. L’affaire Cheikh Bethio Thioune devait être une leçon à tout chef religieux dans ce pays. Quand des gens parlent ou agissent à votre nom, le responsable religieux doit bien veiller à surveiller ceux qui parlent ou agissent à son nom. Surtout que nous vivons dans un pays où les religieux ont bon dos. Des gens sont tapis dans l’ombre et n’attendent que des derapages afin de conforter l’hypothèse du pouvoir politico-maraboutique.

À visionner certaines vidéos qui passent en boucle dans les réseaux sociaux, on peut déduire que les centres ont fait du bon boulot envers certains. On voit des parents, des pensionnaires qui sont satisfaits à moins que ces derniers ne soient triés dans le tas. Quoi qu’il puisse arriver, on ne peut pas nier au regard des vidéos, il y a du bon boulot comme il y a au des dérapages qui sont intolérables dans un pays qui se respecte. Mais au regard de ce qui se passe dans nos prisons qu’est ce que l’État pourrait dire sur ces centres ?

Par ailleurs, ces centres doivent pouvoir exister dans un cadre réglementaire. Car les acteurs sociaux tels que les religieux doivent pouvoir travailler avec l’État surtout dans le cadre de la réinsertion de certaines couches de la population. C’est ce que Serigne Modou Kara a essayé de faire même si des dérapages sont venus entacher son travail.

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Written by LA REDACTION

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