in

L’approche de Cheikh Ahmadou Bamba sur l’éducation

L’approche de Bamba en matière d’éducation comprenait six éléments caractéristiques :

1. Un modèle. Cheikh Bamba s’est initialement concentré sur l’éducation spirituelle de ses disciples. Il a mis en évidence les sahabas (compagnons du prophète Mohammed [PBUH]) comme leur modèle absolu. Ils devaient adopter, sous tous les angles, leurs valeurs de piété, de modestie, de générosité et de patience face aux épreuves. Une fois ces premiers disciples bien formés et expérimentés, il leur a conféré le statut de « cheikh », c’est-à-dire guide religieux et spirituel mouride. Ces « cheikhs » ont ensuite été affectés à d’autres parties du pays pour former d’autres disciples et servir de modèles.

2. Un lieu (Daara) : La méthode éducative du Cheikh consistait également à placer le disciple mouride dans un lieu isolé appelé daara, où il a été formé aux enseignements islamiques et où il était à l’abri de toute mauvaise influence dans la société. Le talibé (disciple) reste dans le daara jusqu’à la fin de sa formation spirituelle, puis est prêt à rentrer dans la société (villages, villes), immunisé contre ses vices et mauvaises influences. Il devient plutôt un modèle capable d’influencer sa famille et toute la société de façon positive.

3. La lutte contre l’âme charnelle : l’une des composantes de la méthode éducative de Cheikh Ahmadou Bamba est la lutte contre l’âme charnelle. Cette méthode consiste à habituer le disciple à rester patient face aux épreuves, à la faim, au manque de sommeil et à d’autres événements, capable de renoncer à tous les plaisirs de la vie mondaine en société.

4. Pratiques religieuses : les disciples devaient se conformer aux pratiques religieuses islamiques canoniques (prière, jeûne, etc. ), mais il a aussi été recommandé d’ajouter d’autres pratiques religieuses telles que le zikr (invocation), la méditation, etc.

5. Travail : Le travail physique faisait partie intégrante de l’approche éducative de Cheikh Bamba. Au daara les disciples s’engageaient dans l’agriculture, pour leurs propres besoins mais aussi pour les besoins de la communauté, proche et éloignée. La société sénégalaise était caractérisée par une hiérarchie de castes qui ne se mélangaient pas, par exemple par le mariage. Les “castes” se limitaient à certaines professions telles que cordonnier, tisserand, forgeron etc. Les professions intellectuelles, telles que l’enseignement ou la calligraphie du Coran, étaient réservées à certains groupes. Cheikh Bamba a essayé d’effacer ces différences dans ses daaras en assignant ceux des « castes » à des métiers dites nobles comme l’enseignement ou la calligraphie coranique, et en demandant aux gens de familles nobles d’entreprendre des tâches telles que des pages reliantes de la Le Saint Coran écrit à la main par des gens de différentes « castes ». Pour lui, le travail visait aussi à aborder la tendance de l’individu au comportement paresseux.

6. Enseignement : les daaras étaient équipés d’enseignants coraniques et de spécialistes des sciences islamiques. Les disciples ont ainsi été enseignés en même temps que le travail physique et d’autres occupations. Ainsi le mouridisme est ancré dans la doctrine islamique et a des bases solides, qui caractérisent son architecture et son approche claire de l’éducation. Nous pouvons affirmer que le mouridisme n’est pas une secte ; ce n’est pas un groupe qui vit dans l’innovation islamique (bidaa). C’est une doctrine et une philosophie soufies parfaitement conformes à la sunna du Prophète Muhammad (PBUH).

Cheikh Ahmadou Bamba est un réformateur islamique ; comme il l’a dit : « Lil Moustapha nawaytou Maa youdiadidou sounatahoul kharaa, wa inii Ahmadou » [« Pour le Prophète Muhammad El Moustaphi I, Ahmadou, a pleinement l’intention de renouveler sa Sunna (Tradition)].

Source :L’ORDRE DE MOURIDE

Compiled by Saliou Mbacke

Traduit du français par Katherine Marshall

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Written by LA REDACTION

Toubamajalis est un site d’actualité sur le mouridisme et proposant des dossiers sur l’islam et le monde musulman.

La pratique du Wird Ma’khouz par Serigne Saliou Mbacké

Massalikoul Jinane : La visite du Savant et guide religieux Cheikh Bah Ould Abdoullah