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Le Coran et ses enjeux au Sénégal

Depuis une semaine ou plus, c’est Mouhammad Moujtaba Diallo et Mame Bousso Ngom qui font l’actualité, parce que l’un est arrivé premier et l’autre troisième au concours mondial de récital du Coran en Malaisie. Ils ont été reçus, célébrés presque partout. Ils méritent un grand bravo et des encouragements , car ils ont donné une autre facette de notre pays. Ils sont devenus les héros d’une partie de notre jeunesse oubliée ( ndongo daara), souvent soumise à un jeu de moquerie, avec toujours l’image très vibrante d’exploitation de l’enfant. Socialement dévalué, la saleté, le mépris,l’amertume sont les mots souvent utilisés par certains à leur endroit. C’est vrai que c’est inacceptable et terrible de croiser des enfant, pieds nus avec des haillons et à la main un pot en fer, tendant celle-ci pour quémander de quoi ramener à son maître coranique qui pour la plupart du temps ne le considère que comme un combattant de l’ “armée de réserve”. A Dakar, ils déferlent le matin de très bonheur , intimidés par le froid, mal défendus par un Etat. Ils se présentent tout naturels, faisant l’affaire des populations de Dakar, car prêts toujours à recevoir les bougies, le riz ou le mil que le “marabout charlatan” du quartier ou du village a recommandé à ces dernières.Voilà l’image que le “ndongo daara” est enfermée avec des conditions, un rôle et un modèle de conduite.

Pour la majorité d’entre nous l’avenir c’est l’école française qui te permet d’être cadre, de diriger et pourtant nos guides spirituels qu’on adule de partout étaient d’abord “ndongo daara” avant d’être de grands guides spirituels. Notre Etat même investit plus sur cette école française que l’autre coranique alors que les deux découlent de nos héritages. Nos parents sont aussi complices que l’Etat. Les héritiers de nos guides religieux sont aussi complices que l’Etat , car ils préfèrent presque tous l’école francaise que la tradition coranique. La Daara n’a plus la côte dans nos familles religieuses. Allez à Touba , le terrain que je connaisse le mieux, les daara ( école coranique) sont dans des situations épouvantables , toujours ridiculisés par la manne financière qui déferle dans cette ville. Sur ce point encore que dire si un chef religieux peut payer des études chères ailleurs pour son enfant refusant d’assister d’autres enfants qui ne réclament que bonnes conditions d’étude ?

Maintenant l’horizon à Touba c’est plus l’école française, attaque subtile qui dépouillera cette ville dans l’avenir son estime et son respect. Heureusement que Mouhammadou Moujtaba et Mame Bousso donnent une autre image du ndoogo daara. A travers Mouhammadou Moujtaba c’est l’image des internats coraniques ( forme medersa) qui est valorisée, une autre manière de sauver la mémorisation du Coran. A travers Mame Bousso c’est l’image du père de famille responsable, soucieux de conserver l’héritage familial. Merci à Mouhammadou Moujtaba , Merci à Mame Bousso ! Merci à vos parents et maîtres coraniques ! Que Dieu puisse vous garder !

 

Par Serigne Mouhammadou Moustapha Diop

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