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Le grand Magal de Touba : Quand la mode bouscule la foi dans la manière de célébrer.

Tout ce qu’on fait sans maîtrise portera les germes de notre perte et ne pas se conformer aux exigences requises par une situation, un contexte porte inéluctablement les fâcheuses conséquences d’une suite très peu enviable. Quand le Cheikh invita les siens à s’associer à lui pour rendre grâce à son seigneur, ce fut dans le recueillement et les actions d’adoration les plus recommandées par Allah (SWT) et la Sunnah du prophète (PSL). Quand aussi Serigne Fallou a estimé nécessaire d’inviter les fidèles à se retrouver à la capitale du mouridisme, ce fut pour que les mourides forment un bloc solide en ce jour de haute spiritualité afin que dans la communion, chaque fidèle trouve en l’autre un « rival » de près dans la bonne pratique et que finalement, l’esprit du partage en commun qui les rassemble place l’expression de leur gratitude sur la voie la plus rapide pour atteindre l’agrément du Tout-puissant. Dit-on n’est-ce pas que le Cheikh ne joue pas et ne recommande point le folklore ?

Les règles de base de la célébration de ce plus grand rendez-vous du calendrier mouride sont de plus en plus foulées au pied au profit d’une tendance désastreusement amplifiée et qui enlève à notre foi une partie subséquente de ce qui la fonde. Sans faire montre d’une vive joie en ce jour et de placer tout notre être dans les conditions d’une libération de notre âme pour qu’elle s’alimente avec ferveur des célestes grâces que charrie une occasion si pleine de bienfaits, nous jetons notre dévolu sur le culte l’apparence, ce que les gens retiendront de notre passage à remarquer dans l’enceinte de la grande mosquée, dans les saints mausolées des hauts dignitaires. En lieu et place de nous efforcer de détenir le record d’ « awraad » et d’ « azkaar » et du nombre de Xassaïds récités, nous nous acharnons à remporter l’oscar de la plus belle tenue, du maquillage le plus sublime au moment où l’âme clame sa faim dans un espace où il y a tout pour la nourrir ; d’autant plus que le Cheikh nous exhorte, même en temps ordinaire, à nous attacher au wird et au zikr dans Aaxiru Zamaan : « Doomu alal awraadi wal azkaari, fi kuli leylatine wa fi naxari ». Sans tenir ferme nos chapelets et nos lots de xassaïds ou du livre saint, l’arme qu’on ne manque point de ranger en priorité est le téléphone qui devra informer de notre présence, de nos folies dans un lieu destiné aux esprits les plus sains. Que peut-on espérer avec la mauvaise arme dans la vraie guerre si ce n’est un retour du champ de bataille avec la mine affreuse du revers.

De plus en plus, la foi est extirpée de nos cœurs pour être gravée dans nos tenues vestimentaires, nos casquettes et gadgets. En effet, la foi se vit dans la discrétion et le silence le plus absolu et que seul notre comportement doit convaincre, par l’exemplarité, de ce que nous sommes et de notre dimension dans le mouridisme. C’est dans le silence et le bruit de l’action qu’on se présente avec pertinence. Le mouride est reconnu par sa décence et son attitude qui ferme toute porte à la vulgarité. Malheureusement, malgré les pratiques prohibées dans la ville sainte, nombreux sont les transgresseurs. Si certains s’habillent de manière inappropriée, d’autres se présentent avec des coiffures innommables qui les disqualifient.

Aujourd’hui, le Magal doit être le moment décisif pendant lequel le mouride évalue ses efforts et sa progression pour se préserver d’un recul qui remettrait en question sa posture. Il faut une introspection de chacun pour chasser les démons internes afin de se réajuster pour toujours être en conformité avec les recommandations de Cheikh Bamba. Sans folklore, dans le respect de la sacralité des lieux, en mouride désireux de se booster : ce qu’il faut pour réussir son Magal.

Thierno Clapien Guéye

Écrivain-poète

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Written by LA REDACTION

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