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Serigne Bassirou Abdou Khadre: la voix qu’il faut pour une parole si lourde

Il n’échappe à personne que la plus petite parcelle de responsabilité qu’on nous confie nous place, si l’on est entier d’esprit, dans une situation peu confortable qui nous plonge dans un univers de doutes, d’interrogations sur notre capacité à honorer la confiance, à ne pas décevoir les attentes, à ne pas faire foirer le beau regard qui nous est jeté jusqu’à présent. Souvent, en un individu, se dégage un espoir qui convainc de l’importance et de l’utilité d’être avec lui et de le placer au cœur de l’action, de la décision et d’en faire le fer de lance de tout projet envisagé. La confiance est accordée en fonction de ce que l’on nous montre, d’un comportement qui présage la fermeté dans la production de résultats à haute satisfaction. La confiance qui triomphe est toujours celle objective.

Depuis 2009, sous le commandement de Cheikh Mouhammadou Lamine Bara, les recommandations, les annonces, les informations et les messages à destination des mourides sont portés par une voix posément expressive, radicalement fidèle dans la restitution et le tout, à travers un “HIKMA” qu’on ne pourrait attendre d’un âge si frais. C’est ainsi que Serigne Bassirou Abdou Khadre a fini par décrocher le respect collectif et la bénédiction de ses aînés, lui qui reste l’intrépide soldat titulaire de la médaille de bravoure de tous les généraux sous lesquels il a loyalement servi. Nous voilà tous témoins, depuis plus d’une décennie, d’une parole bien portée. Cette réussite passe avant tout par l’adoption d’une posture qui prédestine à la concentration sur l’objectif. En effet, fils de Serigne Abdou Khadre, petit-fils de Cheikh Bamba, tous les titres sont passés sous silence par le porteur de la parole pour enfiler le manteau d’un serviteur qui compte tout gagner par le biais d’un service noblement accompli.

Serigne Bassirou a très tôt compris qu’avoir Mbacké comme patronyme n’exempte personne à fournir des efforts pour être couvert par les faveurs de Khadimou Rassoul, mais qu’il faudra transpirer dans le champ pour être en mesure de se délécter convenablement de la récolte. Il est important de savoir que servir au sommet, dans le mouridisme, requiert pas mal de qualités dont la première est de bénéficier d’une bonne formation. Cette qualité est vite remarquée dans le discours du porte-parole qui n’hésite pas à puiser aisément dans le Coran, la tradition prophétique, les écrits du Cheikh pour étayer son argumentation. Il nage spectaculairement dans l’océan infiniment vaste des sciences jusqu’à éclabousser son auditoire conquise. Une telle habilité lui vaut la confiance constamment renouvelée de Serigne Mountakha qui ne rate aucune occasion pour rappeler qu’il est ses yeux, ses oreilles et ses jambes, ce que firent également ses prédecesseurs.

L’autre qualité qui fait la force du porte-parole est sa disponibilité exclusive à l’égard du Khalif. Rares sont les moments où l’on voit Serigne Bassirou apparaitre en public pour une occasion d’envergure sans qu’il soit en mission pour l’autorité. Un tel fait peut sans doute être justifié par la prise de soin de ne pas donner lieu à la confusion parce qu’il est retenu de lui l’image de la voix du mouridisme qui capte l’attention à chaque intervention sans chercher à distinguer à quel titre il intervient. Avec si peu qu’on a tiré d’un tas de qualités, les mourides ont de quoi être fiers du fils de l’Imam des Imams. Il est aujourd’hui l’une des forces qui préservent le rayonnement de la communauté. Par son calme, son éloquence, son engagement, il est la preuve vivante qu’il est possible d’assister à peu d’hivernages et d’avoir son siège quand même au banquet des saisons.

Thierno Clapien Guéye

Écrivain-poète

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Written by LA REDACTION

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