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Serigne Saliou et le ndongo (élève) !

Ainsi, Baye Mor Sylla me remit 10 000 francs et me dit ceci : dirigez-vous directement à la gare routière. Vous prendrez le petit-déjeuner là-bas. En ce moment, les 10 000 francs étaient une grosse somme d’argent pour moi. Pour économiser l’argent, j’avais mis l’enfant entre mes jambes durant tout le voyage afin qu’il ne paye pas le prix d’un ticket. Lorsque je suis arrivé dans la demeure de Serigne Saliou, en le voyant, il avait le visage qui souriait. C’est ainsi qu’il me demanda : tu l’as retrouvé ? Je répondis : oui, je l’ai retrouvé ! Il me demanda encore : d’où tu l’as retrouvé ? Je répondis : à Mbour ! Il me demanda : qu’est-ce qu’il était entrain de faire ? Je répondis : il était entrain de griller des poissons et s’apprêtait même à les manger , mais il n’a pas pu les goûter.

Alors, Serigne Saliou souria et fit un geste qui indiquait à l’enfant de se décaler un peu. Il a demandé à cela à l’enfant parce qu’il ne voulait pas que ce dernier entende ce qu’il envisageait me dire. Il était un vrai stratège. Sa connaissance du monde et des contextes n’ont pas de limite. En cela, il me dit : le mieux que tu dois faire, c’est de le retourner à ses parents. Si tu arrives là-bas, ne m’en mêle pas surtout. Car un enfant qui a fugué pendant une année, si tu le retournes au daara, alors , il peut changer la mentalité des autres en racontant son histoire. Et il peut les inciter d’en faire de même. Et si tu dis à son père que Serigne Saliou m’a dit de te ramener ton enfant, alors , quand l’enfant grandira, cela peut-être une source de brouille entre lui et son père. Car ce dernier peut toujours lui dire : je t’ai mis entre les mains de Serigne Saliou et il t’a retourné.

Donc fais tout pour le laisser là-bas.Lorsque j’ai ramené l’enfant dans sa maison familiale, son père me demanda : d’où tu l’as retrouvé ? Je répondis très brièvement pour ne pas entrer dans les détails. Pendant ce moment, j’étais entrain de réfléchir sur ce que je vais lui tenir comme discours qui me permettra de laisser l’enfant là-bas. Ainsi, je lui dis : je voudrai que tu me gardes l’enfant ici pendant une période de six mois parce que comme il avait fugué pendant une année, j’ai bien peur que si je le retourne au daara, la prochaine fois qu’il fuguera, nous aurons d’énormes problèmes pour le retrouver.

C’est pour cette raison que je voudrai que tu le gardes ici pendant au moins six mois. Mais j’ai constaté que j’étais en face d’un daanukat (extatique). C’est ainsi qu’il me demanda : pourrai-je rencontré Serigne Saliou ? Je répondis : oui, c’est possible. Le jour où tu décideras, tu m’en informeras et j’arrangerai le rendez-vous. Il me dit : je voudrai le voir aujourd’hui. Et je lui dis : on peut y aller ! Il s’habilla et mit 5000 francs dans sa poche. Arrivés dans la maison de Serigne Saliou, je les ai laissés dans la chambre d’étape et moi je suis parti dans l’autre pièce pour voir Serigne Saliou. A peine arrivé, il me demanda : j’espère que tu l’as laissé là-bas ? Je répondis : c’est ce que je voulais, mais son père voudrait d’abord te recontrer. Serigne Saliou me demanda : ne sais tu pas l’objet de la rencontre ? Je répondis ! je n’en ai aucune idée ! Alors, il me dit : tu peux lui dire de venir. Lorsque le papa de l’enfant est rentré dans la pièce, il salua Serigne Saliou et lui remit les 5000 francs. Sans retirer sa main de celle de Serigne Saliou, il dit : je jure sur Serigne Touba que je préfère qu’il soit un perverti chez toi que d’être un vertueux chez-moi. Je jure sur Serigne Touba que je préfère qu’il soit un perverti chez toi que d’être un vertueux chez-moi. Je jure sur Serigne Touba que je préfère qu’il soit un perverti chez toi que d’être un vertueux chez moi. Puis , il retira sa main de celle de Serigne Saliou , se leva , prit la direction de la porte , l’ouvrit, sortit et ferma celle-ci en la claquant.En ce moment, on dirait que Serigne Saliou est passé dans une autre dimension mystique. Ainsi, il commença à pleurer. C’est ainsi qu’il me dit : Fallou, tu dois rendre un service à ton grand-père sur cet enfant. Je voudrai que tu retournes avec lui au daara. S’il accepte de rester là-bas, laissez le en toute liberté. Même s’il refuse d’apprendre, alors laissez le en toute tranquillité. A chaque fois que vous mangez vous les adultes, appelez le afin qu’il partage avec vous les repas. C’est pareil si c’est du thé ou du café. Associez le sur tout ce que vous faites. Lorsque je suis arrivé au daara, j’ai expliqué à son maître-enseignant ce que Serigne Saliou a dit à propos de l’enfant.

A l’heure du repas, lorsque nous avons appelé l’enfant, ce dernier refusa et dit : je préfère mourir que de manger avec vous. Lorsque j’ai insisté, il refusa catégoriquement. Alors , je me suis dis , je vais lui proposer du café parce que Serigne Saliou avait énuméré le café. A cet effet, le thé fini, je le propose, il refusa. C’est ainsi que j’ai demandé aux autres de me le ramener par la force. Lorsque je l’ai tendu le verre, il refusa catégoriquement. C’est en ce moment que je me suis rendu compte que les larmes de Serigne Saliou et le discours de son père ont changé la nature de l’enfant dans la bonne direction. Au moment où je vous parle , il fait parti de la catégorie des hommes les plus vertueux du Sénégal et de la voie mouride.

(fin)( Serigne Fallou Sylla, traduction M.Moustapha Diop)

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Written by LA REDACTION

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